Pérou: Obtenir l'impunité en sortant du système interaméricain des droits de l’homme
Dans son désir d'empêcher la justice d'atteindre ceux qui violent des droits de l'homme au Pérou, le député Jorge Montoya, de Renovación Popular, a présenté un projet de loi visant à dénoncer la Convention américaine sur les droits de l’homme.
Le projet de loi N. ° 5216/2022-CR a été présenté le 1er juin 2023 avec le soutien de ses collègues parlementaires tels que l'ex-amiral José Cueto Aservi, Miguel Ángel Ciccia, entre autres.
Si cette loi suit son cours, la Cour interaméricaine des droits de l'homme (Cour IDH) perdrait sa compétence dans la justice péruvienne.
Cette initiative est présentée au moment où divers rapports rédigés par des organismes internationaux confirment de graves violations des droits de l'homme lors de la répression des manifestations qui ont débuté le 7 décembre 2022.
Les rapports de la Commission interaméricaine des droits de l'homme, d'Amnesty International, de Human Rights Watch, entre autres, concluent que des « exécutions extrajudiciaires » et un usage abusif de la force ont été commis.
L'argument avancé par l'initiative juridique de l'extrême droite péruvienne est de « sauver la souveraineté et l'indépendance de l'État, conformément à l'article 43 de la Constitution. »
Elle accuse le système interaméricain d'exercer un « colonialisme juridique » ayant des effets invasifs sur le système de justice. Elle accuse le système interaméricain des droits de l'homme d'être en crise et usé parce qu’il a une « tendance idéologique. »
Elle affirme que ce système « a été capturé idéologiquement par des idées marxistes, s'est profondément politisé, ce qui a déformé l'essence de la juridiction. »
Ce que le projet n'indique pas, c'est que la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a élaboré des rapports durs contre des États de gauche comme Cuba, le Nicaragua et le Venezuela.
De même, ils oublient que le même ex-amiral Jorge Montoya s'est rendu à Washington pour demander des soutiens pour dénoncer une soi-disant fraude dans l'élection de Pedro Castillo Terrones.
L'initiative extrémiste glisse vers la possibilité de dénoncer la Convention américaine pour « légiférer librement et souverainement sur la réglementation de l'application de la peine capitale comme mécanisme dissuasif pour lutter contre la criminalité et le crime organisé. »
Traduction Françoise Lopez pour Bolivar infos
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