Venezuela: Interférences étrangères dans le processus électoral
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine-Bolivar Infos
Jorge Rodríguez, chef de la campagne « Venezuela Nuestra », lors d'une conférence de presse le vendredi 19 juillet dernier a accusé un secteur extrémiste de l'opposition vénézuélienne qui soutient la candidature de la Plateforme unitaire démocratique (PUD) de préparer le terrain pour ne pas reconnaître les résultats des prochaines élections présidentielles, prévues pour le dimanche 28 juillet.
Rodriguez a précisé qu'ils prévoyaient de recourir à des méthodes non conventionnelles pour influencer la perception des résultats. « En l'absence de voix, ils voulaient gagner les élections avec des robots, » a-t-il déclaré, faisant allusion une manipulation possible de l'opinion publique grâce aux réseaux sociaux et aux médias numériques.
Selon le chef de campagne du Grand pôle patriotique, il existe une stratégie qui comprendrait la publication précoce de sondages sortis des urnes - non autorisés au Venezuela - suivie d'accusations de fraude électorale, et on chercherait ainsi à faire pression pour discréditer les résultats officiels.
Les récentes déclarations de Biagio Pilieri, représentant de la PUD, qui a affirmé qu'ils ne reconnaîtraient que les votes reflétés dans leurs propres procès-verbaux, sont une preuve de cette tactique.
Un aspect important de l'ingérence étrangère l’implication de personnalités comme le milliardaire Elon Musk. Depuis les comptes de militants de l'opposition, ils ont demandé publiquement que le service STARLINK soit gratuit au Venezuela, alléguant de possibles restrictions d'internet pendant les élections.
Le vice-ministre vénézuélien des politiques anti-blocus, William Castillo, a dénoncé l'opération médiatique orchestrée de l’étranger axée sur l'utilisation d'antennes STARLINK. Selon Castillo, un plan destiné à introduire ces antennes dans le pays juste avant les élections a été détecté. « Il y avait à la douane un lot de plusieurs milliers d’antennes prêtes à entrer dans le pays cette semaine, à être distribuées et à installées, ce qui aurait justifié cette demande, ce qui aurait permis à ces gens de se connecter le jour des élections », a-t-il déclaré.
Les alertes concernant une éventuelle violation de la souveraineté nationale remontent au mois d'avril lorsqu'Elon Musk a été impliqué dans une controverse après un échange d'opinions sur les réseaux sociaux avec l'opposante Maria Corina Machado.
À cette occasion, Musk a évoqué la « richesse en ressources naturelles » du Venezuela, et a critiqué les politiques du défunt commandant président Hugo Chávez, ce qui a été perçu comme une prise de position dans le paysage politique vénézuélien.
Le Gouvernement vénézuélien a exprimé à plusieurs reprises son inquiétude concernant le rôle des plateformes numériques dans la diffusion de ce qu'ils considèrent comme des informations manipulées sur la situation actuelle du pays. Cette inquiétude s'est récemment intensifiée avec l'offre de ProtonVPN, une société suisse, de fournir des serveurs VPN gratuits au Venezuela.
ProtonVPN a annoncé son initiative sur la plateforme X (anciennement Twitter) : « Nous avons mis à disposition des serveurs ProtonVPN gratuits au Venezuela avant l’élection du pays le 28 juillet. Nous voulons garantir que tout le monde ait un accès libre et sans restriction à l'information et éviter d'éventuelles tentatives d'interférence ou de campagnes de désinformation. »
Le média d'analyse vénézuélien La Tabla a exprimé sa méfiance face à l'offre récente de services VPN gratuits au Venezuela par une société étrangère. Dans un communiqué publié sur la plateforme X, le média a remis en question les intentions cachées derrière cette initiative.
« Qu'une entreprise se déclare défenseur de la « démocratie et de la liberté d’expression » et qu'avec cet argument, elle offre des services gratuits, la rend suspecte », a déclaré La Tabla. Le média suggère que cette mesure révèle des motivations pas si cachées, notamment dans le contexte des prochaines élections au Venezuela.
La Tabla met en garde : « Ces arguments destinés à offrir l'utilisation gratuite du VPN de l'entreprise semblent être le fondement d'une possible diffusion de messages clés le jour de l'événement du 28 juillet. « Cette déclaration indique que le service gratuit pourrait être utilisé pour influencer le processus électoral vénézuélien depuis l’étranger. »
Le président vénézuélien Nicolás Maduro a également dénoncé à nouveau ce qu'il décrit comme une campagne de désinformation orchestrée de l'étranger contre son pays. Il a déclaré récemment:
« Nous sommes une réalité. Ils ont essayé de nous rendre invisibles mille fois. Maintenant, l'opération est dirigée par des tueurs à gages. Les tueurs à gages du mensonge. L'Agence EFE d'Espagne ; l'Agence AFP, l'Agence AP, CNN et plusieurs chaînes de télévision d'ici. » Le président vénézuélien indique directement les agences de presse internationales et les médias, qu’il accuse de déformer la réalité du pays.
Le Gouvernement vénézuélien souligne que des milliers d'observateurs internationaux, y compris des journalistes, des analystes et des représentants de partis politiques, sont témoins de la normalité et du climat pacifique qui règnent dans le pays.
Pendant que le débat sur l'intégrité du processus électoral se poursuit, l'interaction entre les médias numériques, les acteurs internationaux et le processus démocratique interne du Venezuela restera un sujet parmi les plus importants au monde dans les jours précédant les élections présidentielles du 28 juillet prochain.
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