Cuba: Un blocus au-dessus des idéologies
Par Catalina Araya
Traduction Françoise, Lopez pour Amérique latine–Bolivar infos
La correspondante cubaine du Resumen Latinoamericano a présenté ce 27 mars au Chili le documentaire « Coupables », une œuvre qui, à travers le suivi du travail du tribunal international contre le blocus, montre les différentes conséquences de ce conflit.
La pandémie de COVID-19 a été l'un des moments les plus complexes de notre histoire récente. Dans le monde, des milliers de personnes ont perdu la vie dans une situation qui s'est caractérisée par l'effondrement des services hospitaliers.
Mais il y a eu des pays que en plus souffert que d'autres. Parmi ceux-ci Cuba, l'un des grands pôles du développement médical dans le monde et qui, à cause du blocus commercial, imposé depuis plus de 60 ans par les États-Unis, n'a pas pu accéder à un matériel aussi basique qu'une seringue bien qu'elle ait développé plusieurs candidats vaccins destinés à combattre l'expansion du virus.
L'observation de cette réalité a été le premier pas dans la création de « coupable », un documentaire dirigé par la journaliste cubaine Yaimi Ravelo qui aborde les différentes conséquences quotidiennes que les mesures économiques imposées par les États-Unis continuent à générer, à travers un suivi du travail du tribunal international contre le blocus.
Des conséquences qui, à nous, sont devenus plus aiguë pendant la crise sanitaire. Nous voulions montrer l'épreuve du blocus brutal que les États-Unis ont développé contre Cuba au milieu de la pandémie. Le blocus dure depuis plus de 60 ans et applique une politique de génocide. Mais pendant le COVID, il a été trop inhumain, hypocrite. Il était évident que l’intention de refuser à Cuba quelque chose d’essentiel pour la vie est un homicide, c’est un génocide. Et c’était très évident, cruel et exprimé de façon évidente pendant la pandémie, » assure l’auteur du documentaire.
«ça a été un moment difficile difficile, complexe et douloureux pour toute l'humanité. Et les unités de soins intensifs de Cuba, comme dans le reste du monde, avaient besoin de plus de ventilateurs pulmonaires pour les patients qui luttaient pour leur vie. Cuba avait besoin d'acheter des ventilateurs pulmonaires et des États-Unis l’en ont empêchée. Ils n'ont pas permis qu'un bateau avec une cargaison de ventilateurs accoste à Cuba, simplement parce ils l’ont contraint et nous n'avons pas pu acheter ce matériel si important pour sauver la vie des Cubains, » ajoute Ravelo.
Et bien que cette situation ait été abordée par les scientifiques et les développeurs cubains, les efforts destinés à combattre le COVID–19 ont impliqué une série de baisses dans d'autres aspects concernant la salinité publique. « Des gens sont morts, et nous avons dû créer nos propres solutions. Beaucoup d'inventeurs se sont unis pour créer des ventilateurs pulmonaires artisanaux avec les ressources que nous possédions. La question était de pouvoir donner de l'oxygène aux patients qui en avaient besoin, » explique la correspondante à propos d'une réalité qui, à l'opposé, a causé des problèmes avec d'autres sortes de fournitures comme les antibiotiques.
Ainsi, et après avoir montré ce qui s'est passé pendant la pandémie avec Iriana Pupo dans le film « La goutte d'eau », Ravelo a repris l'esprit de ce travail antérieur dans un nouveau long-métrage produit par le média argentin Resumen Latinoamericano qui sera projeté ce 27 mars à la faculté de la communication et de l'image de l'université du Chili.
« En plus d'être une grande occasion pour les étudiants de savoir quels dégâts provoque la politique des États-Unis sur le peuple cubain et quelles implications elle a, un sujet qu'au mieux ils ne dominent pas, qu'il ne connaissent pas ou dont ils ont une vague connaissance, pour moi, ce sera une terrible fierté de pouvoir leur apporter une information peut-être différente de celle qu'ils ont entendu jusqu'à aujourd’hui, » a déclaré l’auteur.
Et elle a manifesté son enthousiasme face à la possibilité de contribuer à « élargir l'horizon de ce que nous pouvons faire en matière de communication. Ce sera, pour moi, une très grande fierté. Et de montrer aux jeunes comment est la vie et qu'il est tellement difficile de vivre dans un pays qui, depuis plus de 60 ans, subit une guerre économique inégale et hostile de l'empire le plus puissant du monde envers une petite île tellement assiégée. Sans ressources mais avec un peuple noble qui résiste jour après jour, à l’un des crimes les plus longs de l'histoire de l'humanité. »
Le cinéma comme moyen pour alerter
Et Ravelo est convaincue de l'importance de construire des instances extérieures à l'hégémonie des médias : « Il est important de rendre visible la problématique du blocus grâce à un documentaire. Parce que, dans le journalisme, le genre documentaire permet de s'approprier les outils que ne peut apporter le cinéma pour communiquer. Et il peut atteindre toutes sortes de public. Je pense qu'il sensibilise, et que pendant le temps pendant lequel il dure, il peut donner plus d'arguments, l'enrichir avec beaucoup plus d'informations. »
« Avec les temps nouveau et les nouveaux codes de communication, les gens ont tendance à consommer moins de contenu de longue durée, et les réseaux sociaux imposent des matériel beaucoup plus courts avec un contenu concentré, avec une information très concentrée. Mais le genre documentaire, à l'intérieur du journalisme te donne la possibilité de raconter, d'argumenter et de sortir une information subliminale évidente, de photographier beaucoup mieux ce qui pour nous serait important que le public sache, », ajoute Ravelo.
« je crois qu'il est important pour les cubains, qu'on puisse faire beaucoup plus de films, de matériel et de contenu expliquant le problème du blocus par il y a une méconnaissance général des lois que viole le gouvernement des États-Unis avec sa politique hostile envers Cuba. Il y a une méconnaissance des réalités de la société cubaine. Dans le documentaire, on voit que le problème du blocus des États-Unis envers Cuba est au-dessus des idéologie, c'est un problème de violation des droits de l'homme que le monde doit connaître. Ce n’est pas parce que nous pensons différemment, parce que nous avons des idéologies différentes, que nous devons permettre à un pays d’en asservir un autre, » a réfléchi la journaliste.
Ainsi, elle souligne qu'on doit « plaider pour que les droits de l'homme soient respectés, pour que le blocus des États-Unis envers Cuba, ne viole pas seulement les droits de l'homme des cubains. Il viole aussi ceux du reste des peuples du monde parce qu'il empêche les gens d’avoir librement des relations avec le peuple cubain, et que, nous, les Cubains, nous ayons des relations d'égalité avec les autres pays du monde dans toutes les sphères possibles de la société.
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