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Cuba: 10 raisons pour ne pas élire Rosa María Payá à la CIDH

24 Juin 2025, 15:53pm

Publié par Bolivar Infos

 

 

 

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine-Bolivar Infos

 

Certains groupes d’exilés cubains célèbrent le fait que le secrétaire d’Etat Marco Rubio a réussi à proposer la candidature de Rosa María Payá Acevedo à la Commission Inter-américaine des Droits de l’Homme  (CIDH) car ils voient en elle une excellente opportunité » pour faire encore pus pression sur le Gouvernement cubain et l’isoler internationalement.

 

Mais d’autres, par contre, considèrent que sa nomination correspond plus à une stratégie politique du Gouvernement Trump qu’à une véritable contribution à la cause de Cuba  et regardent avec méfiance l’intérêt persistant du Gouvernement nord-américain à en faire la dirigeante universelle de l’opposition cubaine à l’intérieur et à l’extérieur de l’île au niveau international.

 

Ce qui est sûr, c'est que depuis son arrivée aux États-Unis en 2013, Payá Acevedo a reçu le soutien de personnalités politiques ultra-conservatrices d'origine cubaine connues pour leur position dure contre l'île parmi lesquelles Marco Rubio, alors sénateur, qui, en janvier 2015, l’a amenée en tant qu'invitée officielle au discours de l'état de l'Union prononcé au Congrès par le président Obama. Depuis cette date, il est devenu son mentor et a fait sa promotion sur les scènes internationales en tant que représentante de toute la diaspora cubaine en lui apportant non seulement son soutien politique, mais aussi un accès à des sources de financement d'agences fédérales nord-américaines comme l'USAID dont elle a reçu plus de 2 000 000 de dollars par an du contribuable nord-américain par l'intermédiaire de Grants.

 

Il lui a aussi facilité les contacts avec plusieurs présidents, anciens présidents et autres figures importantes de la droite conservatrice latino-américaine, en plus de l'ancien secrétaire général de l'OEA, Luis Almagro, avec qui l'organisatrice du projet Cuba Décide a réussi à établir d’étroites relations qui lui ont valu un soutien politique, financier et logistique de l’organisme régional pour ses tournées internationales.

 

Mais sa nomination a déclenché des alarmes dans la société civile régionale et aussi dans plusieurs chancelleries de pays latino-américains et caribéens qui font partie de l’organisme panaméricain. Il existe de graves préoccupations qui justifient le critère selon lequel elle ne devrait pas être considérée comme la candidate idéale pour occuper cette importante fonction de commissaire de la CIDH, pour les raisons suivantes :

 

1. Sa dépendance marquée et son engagement envers le Gouvernement étasunien permet de voir très clairement qu’elle agira en accord avec l’ordre du jour  et les intérêts géopolitiques de Washington dans la région.

 

2. Elle ne possède pas d’histoire « connue » en faveur des droits d l’homme, de la démocratie et elle est encore moins experte en politiques latino-américaines. Son histoire professionnelle a été uniquement centrée sur la promotion -sans succès- d’un « changement de régime » à Cuba et sur le fait d’attaquer les Gouvernements du Venezuela, du Nicaragua et de la  Bolivie en suivant les indications  des États-Unis.

 

3. Elle n’est pas avocate et n’a ni formation universitaire ni même un cursus qui justifie son parcours et  son engagement dans la défense des droits de l’homme pour occuper un poste si important. des caractéristiques que possèdent les autres candidats.

 

4. Il n’est consigné dans aucun registre public qu’elle se soit prononcée en faveur des droits de l’homme des peuples indigènes ou des secteurs les plus vulnérables de la population de la région.

 

5. La crainte qu’elle centre son action sur un point de vue sélectif et politisé de la situation des droits de l’homme à Cuba, au Venezuela, et au Nicaragua, des pays qui ne sont pas membres de l’OEA, au détriment d’autres situations réelles qu’affrontent des  pays membres de l’OEA dans lesquels existent la persécution politique, une instabilité provoquée par la violence et la criminalité, l’absence de la liberté d’expression, entre autres choses.

 

6. En tant que membre du secteur ultra-conservateur de la communauté cubano-américaine et partisane du président Trump, elle soutient sa stratégie de pression maximale et les mesures coercitives unilatérales qu’il a mises en place contre plusieurs pays de la région. elle garde un silence honteux sur les déportations massives des migrants de pays latino-américains et caribéens et elle ne s’est pas prononcée non plus contre la violence dans les rafles anti-émigrés qui ont eu lieu à Los Angeles et dans d’autres villes des États-Unis. Ces positions mettent en évidence son soutien à des politiques contraires à la dignité humaine, aux droits de l’homme, au droit international et aux principes contenus dans la Charte de l’OEA.

 

7. Son hostilité envers le Gouvernement cubain et son opposition radicale à la normalisation des relations avec les États-Unis sont permanentes. Ses déclarations de soutien au blocus nord-américain et en faveur de l’inclusion de Cuba dans la liste des pays qui soutiennent soi-disant le terrorisme, une qualification sans fondement qui implique l’imposition de sévères sanctions économiques supplémentaires qui augmentent la souffrance du peuple cubain, sont nombreuses.

 

8. Comme son mentor, monsieur Marco Rubio, en employant son discours haineux habituel, elle attaque constamment a les Brigades Médicales Cubaines déployées dans de nombreux pays pour s’occuper des populations les plus vulnérables ou qui ont subi une catastrophe naturelle. Une telle position nie l’un des  droits de l’homme fondamentaux: le droit à la vie.

 

9. Elle a montré en public son hostilité envers certains Gouvernements d’Etats membres de l’OEA: elle a qualifié l’ancien président du Mexique, Andrés Manuel López Obrador de “despote”, accusé le Gouvernement de la Colombia, et en particulier  la vice-présidente Francia Márquez de soutenir le terrorisme, affirmé que les présidents Luis Ignacio Lula da Silva et Gustavo Petro sont les “tentacules” d’une pieuvre dont la tête est à Cuba et accusé le président chilien Gabriel Boric de diffuser de la  “propagande” parce qu’il a exprimé son inquiétude pour la souffrance du peuple cubain provoquée par le blocus nord-américain.

 

10. Elle a fait l'éloge de Gouvernements responsables de graves violations des droits de l’homme, y compris celui de Jeanine Añez en Bolivie (2019 – 2020) auquel elle a exprimé publiquement son soutien, le gouvernement sous lequel ont été commis les massacres de Sacaba et de Senkata qui ont été prouvés et condamnés par la CIDH.

 

Ces 10 raisons, extraites de son parcours public, corroborent son mépris des droits de l’homme, du droit international et des principes contenus dans le chapitre II de la Charte de l’OEA et mettent en évidence son absence d’impartialité, de neutralité et d’engagement envers les standards des droits de l’homme universellement reconnus.

 

Ces raison seraient suffisantes pour ne pas voter pour elle et éviter ainsi de compromettre gravement la mission, la légitimité » et l’impartialité de la CIDH.

 

Source en espagnol:

https://www.resumenlatinoamericano.org/2025/06/23/cuba-la-cidh-10-razones-para-no-votar-por-rosa-maria-paya/

URL de cet article:

https://bolivarinfos.over-blog.com/2025/06/cuba-10-raisons-pour-ne-pas-elire-rosa-maria-paya-a-la-cidh.html