Pensée critique: La cruauté comme spectacle
Guadi Calvo
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine-Bolivar Infos
A voir la façon hollywoodienne dont les Gouvernements fascistes comme celui de Trump répriment en Californie, celui de Netanyahu efface, à force de bombardements, le peuple palestinien de sa terre, à voir les tueries et les persécutions des musulmans d’Inde par les extrémistes Hindutva ordonnées par le premier ministre Narendra Modi, jusque’à un être mineur, improbable, le président argentin Javier «jamoncito» Milei, qui frappe et gaze des retraités affamés régulièrement tous les mercredis, on. ne peut que se demander pourquoi, sans aucune pudeur, ils encouragent l’exhibition d’un tel spectacle.
Est-ce seulement parce qu’il serait inutile de l’occulter puisque tout passant, d’un moment à l’autre, peut se transformer, avec son téléphone portable, en correspondant de guerre? Pour être sûrs que leur enveloppe d’impunité ne se déchire jamais? Ou parce qu’ils savent qu’ils ne sont plus une minorité mais que des millions de personnes jouissent de ce spectacle et réclament dans les urnes de plus en plus de volées de coups, de coupes des droits et de bombes au. phosphore? Ou pour guérir les tièdes en les prés venant qu’ils auront aussi leur ration d’abus s’ils se décident à lever leur cul moelleux de leur fauteuil devant la télévision?
Des sociétés entières droguées par de brutales opérations médiatiques observent, impavides et sans réaction, la façon dont des dirigeants de stature historique comme le président Lula du Brésil, le premier ministre pakistanais Imran Khan ou la figure politique la plus importante de ces 50 dernières années en Argentine, la présidente Cristina Fernández de Kirchner, sont accusés de corruption, condamnés à des peines de prison grâce à des processus de toute évidence kafkaïens utilisant les mêmes formats, des affaires inventées de corruption, de vol, et si possible, même de vol de bétail, de traite des blanches et de falsification d’oeuvres d’art.
Ces actions inappropriées, si bien médiatisées et diffusées à une heure de grande écoute pour toute le famille, nous amènent à nous demander si Hitler, s’il en avait eu les moyens techniques, aurait placé des caméras pour diffuser en direct les contorsions de ses victimes dans les chambres à gaz au fur et à mesure que l’air s’épuisait et que le Zyklon B commençait à brûler méticuleusement leurs poumons. Ou si Charles De Gaulle aurait osé diffuser en direct le moment où ses hommes faisaient frire les patriotes algériens à force de gégène dans les salles de torture de la Villa Susini à Alger.
Maintenant qu’il n’y a plus de Viêt-congs ni de subversifs ni de rouges ni d’agents du KGB, d’intégristes ou. de guérilléros en vue, les ennemis sont la dame d’ici sur le retour, le portier du coin de la rue ou le cousin du voisin de ma tante. C’est-à-dire, tous, donc le combat pour eux est plus simple.
Peut-être un docteur en quelque chose pourrait-il expliquer pourquoi avant, les nazis non et maintenant, les nazis oui. Expliquer vers quel bidonville infâme s’est déplacée l’humanité pour qu’on puisse acculer des millions de personnes contre le désespoir, au vu et au su de tous sans que les autres réagissent autrement qu’en baillant et en s’étirant, au bord de la fatigue en attendant la partie de foot pour une certaine coupe ou autre chose.
Ce docteur en quelque chose qui possède cette réponse pourrait peut-être aussi expliquer ce qui a amené les nazis et les sionistes à oublier ce minimum en un clin d’oeil et à s’entendre pour marcher ensemble au pas de l’oie, pour un monde meilleur. Vidé des Palestiniens, des bruns, des Arabes, des Noirs, des émigrés, des réfugiés et des nécessiteux de tout poil.
En rêvant de la Californie
C’est dans ce contexte que Donald Trump, le grand sorcier de ces temps modernes , s’est décidé, plein de haine, à envahir la Californie, ignorant peut-être que ce n’était pas un pays du Moyen Orient mais l’état de l’Union américaine possédant le PIB le plus élevé, au-dessus de celui de l’Inde, du Royaume Uni, de l’Italie, du Brésil, de la France ou du Canada. Imaginez en comparaison avec les pays d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine…
Les protestations auxquelles Trump cherche à mettre fin ont éclaté vendredi dernier, 6, après une série de rafles massives lancées par le Service de Contrôle de l’Immigration et des Douanes (ICE) à la recherche d’émigrés illégaux dans le bidonville de Paramount à Los Angeles dont 82% est d’origine hispanique.
Dans ce processus, peu importait des détails comme le fait que les illégaux aient eu des papiers en règle et aient vécu aux Etats-Unis depuis 30, 40 ou même 50 ans, qu’ils y. aient eu leur maison, leur famille, leurs amis, qu’ils jouent au softball dans le parc tous es dimanches et qu’ils aient même. un chien du nom de Charlie.
Leur pot, leur accent, leur apparence et même leur dieu les trahit, ils sont là pour rendre l'Amérique petite, comme l'a déjà dit Donald « le capitaine America », Trump : « La ville de Los Angeles a été envahie et conquise par un ennemi étranger, » et il est venu pour l’empêcher.
Les agents de l’ICE c'était installé dans les environs de centre commerciaux, deux clubs et même d'église de Paramount, pour « les chasser », et la réponse a été immédiate : des pierres et des cocktails Molotov, la destruction de voitures de police, des pillages par des Mexicains, des Honduriens, des Guatémaltèques et d'autres tribus sauvage qui faisaient ondoyer avec effronterie leurs drapeaux respectifs. C'est pourquoi les autorités ont essayé de les dissuader avec du gaz au poivre, des balles en caoutchouc et de la fumée, avec le peu qu'ils ont obtenu, mais ils ont réussi à en capturer quelques centaines qui seront sans doute expulsés sans même pouvoir dire au revoir à Charlie.
La réaction des citoyens de Paramount s'est étendue à d'autres endroits de Los Angeles, où les mêmes scènes se sont plus ou moins répétées, ce qui a donné le prétexte à Trump pour ordonner, le lendemain, le déploiement de plus d’effectifs de la garde nationale, une décision habituellement réservée au gouverneur de l’état.
Ce qui a provoqué une forte controverse entre Trump et le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, candidat éventuel à la présidence en 2028 pour le parti démocrate, qui, face à l'envoi impromptu de 4000 hommes de la garde nationale et de 700 marins sans son autorisation par le Gouvernement fédéral, l’a qualifié « d'intervention illégale » et de « violation de la souveraineté de l'état. ». C'est pourquoi il a déposé un recours en justice d'urgence pour bloquer l’ordre du président. De plus, a reproché au président le fait que ces mesures et ses déclarations on fait se joindre plus de personnes aux protestations.
Après les menaces de Trump, le fait qu’il ait poursuivi et expulsé des résidents étrangers, le gouverneur californien a déclaré son état « état refuge » et prévenu que son département de la police n'allait pas participer aux opérations de contrôle des migrants. Ce qui a créé des tensions entre les forces locales et les forces fédérales qui pourrait aboutir à un conflit inédit dans l'histoire moderne des États-Unis.
C'est un plâtre posé par Trump renvoie à une mesure similaire qu'il a cherché à mettre en œuvre à 2020, pour réprimer les protestations après l'assassinat de George Floyd à Minneapolis, dans l'état du Minnesota. Mais cette fois, là, cette mesure avait été écartée sur le conseil de son secrétaire à la Défense, Mark Esper.
Comme dans n'importe quelle rue de Bagdad, ou de Kaboul, et avec le même résultat, les piquets de Humvees ont bloqué le passage aux manifestants de Paramount, pour éviter que les protestations continuent à s'étendre, ce qui s'est tout de même produit, et pour le prochain samedi, le 14, on s'attend à au moins 1800 marches de protestation dans tout le pays, 70 seulement au sud de la Californie, sous le slogan « pas de roi », un mouvement qui s'oppose aux politique racistes de Trump et qui s’est coordonné dans tous les États-Unis, à la vitesse de la lumière.
Les mobilisations du 14 coïncide avec le défilé militaires qui doit avoir lieu à Washington DC pour le 250e anniversaire de l'armée des États-Unis, un jour pendant lequel Trump célèbre également son 79ème anniversaire et, comme vous le voyez, il est prêt à jeter le pays par la fenêtre, sans savoir très clairement où il pourrait tomber.
Source en espagnol:
https://www.resumenlatinoamericano.org/2025/06/13/pensamiento-critico-la-crueldad-como-espectaculo/
URL de cet article:
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