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Argentine : L'ONU préoccupée par la répression des protestations sociales et les attaques contre l'indépendance de la justice

15 Juillet 2025, 15:06pm

Publié par Bolivar Infos

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine-Bolivar Infos

Un groupe de rapporteurs des Nations unies a exprimé sa « sérieuse, préoccupations », face « à la grave détérioration des libertés fondamentales et de l'espace civique dans la république argentine, depuis décembre 2023, » qui inclut la brutalité des forces de sécurité pendant les manifestations et la persécution des juges qui enquête, comme dans la l'affaire de Karina Andrade. 

La répression du Gouvernement contre les manifestants et la persécution des magistrats qui enquête, continue à attirer l'attention de la communauté internationale. Un groupe de rapporteurs des Nations unies a exprimé sa « sérieuse, préoccupations », face « à la grave détérioration des libertés fondamentales et de l'espace civique dans la république argentine, depuis décembre 2023, » à propos de la réponse que le pouvoir exécutif avec Javier Milei à sa tête et le ministère de la sécurité à la charge de Patricia Bullrich, ont apportée aux diverses protestations. Après deux mois d'indifférence, la Maison Rose a demandé un délai pour répondre à ces avertissements.

Dans une lettre officielle qu'ils ont envoyé le 12 mai dernier, les fonctionnaires de l'ONU ont indiqué au gouvernement national leur préoccupation pour la répression de la protestation pacifique depuis décembre 2023 sur la base d'un ensemble d'information qu'ils ont reçu depuis lors sur différents épisodes. La lettre prévient que les situations « alarmantes » se sont produites après l'approbation du protocole anti-piquet que Milei, Bullrich et compagnie ont appliqué à partir de cette date. En plus des épisodes de répression de la protestation sociale et d'attitudes qui portent atteinte à la liberté de protester et à la liberté d'expression, les rapporteur spéciaux ont mis l’accent sur ce qu’ils considèrent comme « une attaque directe contre l'indépendance de la justice », sur la base de différentes dénonciations qu'ils ont reçues sur le harcèlement de juges et de procureurs qui enquêtent sur les actions de répression.

Les représentants des procédures spéciales du conseil des droits de l'homme de l'ONU ont diffusé cette lettre officielle vendredi dernier après deux mois d'indifférence de la part du Gouvernement argentin à qui ils avaient demandé des informations sur les points qu'ils avaient soulevés. Récemment, à travers le ministère des affaires étrangères, l'exécutif commandé par Milei a demandé «un délai afin de donner une réponse. »

Selon les informations qu'ils ont reçu qu'ils reçoivent encore sur la situation de la protestation sociale en Argentine, l'attitude de l'exécutif, face aux manifestations, aux concentration et aux assemblée à impliquer « des violations, de la liberté d'expression, de la liberté de réunion pacifique et d'association, un usage disproportionné de la force, des armes pour le moins létales et des arrestations arbitraires dans le contexte d'assemblées pacifiques ainsi que des violences et des traitements cruel, inhumain et dégradant lors d'arrestations arbitraires et des actions qui empêchent l'indépendance de la justice, et, par conséquent, l'accès à la justice pour les faits commis, y compris les graves violations des droits de l'homme. »

« Les Etats ont non seulement l'obligation négative de s'abstenir d'interférer indûment dans les droits de réunion pacifique et d'association, mais aussi l'obligation positive de faciliter et  de protéger ces droits conformément aux règles internationales des droits de l’homme » , disent les rapporteurs dans leur lettre. 

Les avertissements et les demandes ont été fait par la rapporteuse spéciale sur le droit à la liberté de réunion pacifique et d’association Gilda Romero; sur les exécutions, extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires Morris Tidball-Binz; sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d’expression Irene Khan; sur la situation des défenseurs, des droits de l’homme Mary Lawlor; sur l'indépendance, des magistrats et des avocats Margaret Satterthwaite; sur la promotion et la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la lutte contre le terrorisme Ben Saul; sur la torture ou d'autres traitements ou peines cruels, inhumains ou dégradants Alice Jill Edwards; par l'experte indépendante sur la jouissance de tous les droits de l'homme parler vieux Claudia Mahler et par le vice-président du groupe du travail sur la détention arbitraire Matthew Gillett.

Une façon d'agir répressive

Dans le document, ils ont résumé certaines des situations sur lesquelles ils ont décidé d'attirer l'attention particulièrement : l'utilisation de « tactiques de dissuasion » dans les assemblées et les concentrations -le blocage des entrées de la ville de Buenos Aires, ou des rues ou des lieux des concentrations - « l’encerclement » des manifestants, le déploiement d'un nombre de véhicules et d'agents des forces fédérales et nationales, « disproportionné », l'utilisation « permanente d'armes moins légales » , de gaz, l’existence « de personnes blessées qui n'ont pas reçu les soins nécessaires, » d'arrestations arbitraires de manifestants, de journalistes, de reporters, de cameramen sur la base de charges « vagues » entre autres questions.

Là, on souligne la répression constante des manifestations que les retraités mènent à bien chaque mercredi dans les environs du Congrès national. En particulier, celle de la manifestation particulièrement fréquentée du 12 mars dernier, pendant laquelle le photographe Pablo Grillo a reçu dans la tête une grenade de gaz lacrymogène lancée par un gendarme, ce qui a impliqué son hospitalisation dans un état grave. n’a pu rentrer chez lui qu’il y a quelques semaines. À ce sujet, ils ont souligné que "les États ont l’obligation de prendre des mesures efficaces de protection contre les attaques visant à réduire au silence ceux qui exercent leur droit à la liberté d’expression, y compris les journalistes ».

Persécution des magistrats

Ils ont également parlé de la persécution subie par des juges et des procureurs en charge d'enquêter sur des membres des forces de sécurité ou des fonctionnaires pour des épisodes de répression, quelque chose qu'ils entendent comme « un effort organisé et délibéré pour harceler et punir les juges en représailles de leur travail judiciaire, » et ils le mentionnent dans le document: « Les rapports sur des procédures pénales et disciplinaires contre des juges dans ce qui semble être des représailles pour le contenu d'une décision prise dans l'exercice normal de leur fonction judiciaire, nous préoccupe particulièrement. »
 
La juge Karina Andrade, charge d'enquêter sur les plus de sang arrestations que les forces de sécurité ont réalisées pendant la chasse aux manifestants qu'ils ont lancé lors de la répression du 12 mars a révélé devant des instances internationales le harcèlement qu'elle a subi de la part de fonctionnaires du Gouvernement et même du président lui-même après avoir libéré des détenus.

Sa plainte  a la reçue par la rapporteuse spéciale sur l'indépendance des juges et des avocats de l'ONU, Margaret Satterthwaite, et réunis avec les huit autres instances de l'organisme concernant l'action anti-droits du Gouvernement.

Dans sa plainte et sa demande « d'intervention urgente » Andrade non seulement, énumère toute les plaintes, les manifestations publiques et le harcèlement personnel diffusé dans les médias et sur les réseaux sociaux, dont des menaces motivé par son sexe, qu'elle a subi pendant ses jours-là. Elle a également mis en évidence un « schéma de harcèlement structurel contre le pouvoir judiciaire argentin » exercé par Milei, son cabinet et sa force de choc virtuelle. 

Le contexte

Les rapporteurs ont indiqué qu'un Argentine, l'aggravation du non-respect des libertés et des droits pour ceux qui veillent s'est manifestée à partir de la fin de l'année 2023 quand Milei a  atterri à la Maison Rose et au moment de la mise en marche du « protocole anti-piquets » instauré par la nouvelle ministre de la sécurité. Ce protocole « limite le droit à la liberté d'assemblée et de réunion pacifique », rappellent les rapporteur spéciaux dans cette nouvelle tentative pour mettre un frein à la attitude violente du Gouvernement.

Mais dans le décompte des décisions normatives et législatives impulsées ou directement appliquées par le Gouvernement de La Liberté Avance, ils n’ont pas seulement mentionné l’application du protocole anti-piquets.  Ils ont aussi mentionné le méga DNU qui « abroge certaines lois, a avancé avec des procédures de dérégulation d'affaires concernant la vie sociale et économique du pays, ainsi que la loi Base qui a impliqué « de faire des modifications profondes concernant de multiples droits, comprenant les droits du travail, les droits commerciaux et industriel, fiscaux, entre autres, » et d'autres règles sur l'utilisation d'armes moins légales, du renseignement et la récente « loi anti-mafia », qui autorise le ministère de Bullrich et le ministère public à arrêter des gens sans ordre d'un tribunal, entre autres choses.

Enfin, ils ont souligné que ces réformes avaient été accompagnées par des discours hostiles de hauts fonctionnaires, aussi bien du Gouvernement national que de gouvernements provinciaux et locaux contre des organisations de la société civile et des mouvements sociaux, des collectifs et des personnes qui lancent des appels ou organisent des mobilisations pacifiques. » « Nous exprimons notre préoccupation pour la qualification politique des protestations par les autorités comme « actes de terrorisme » ou délits contre la sécurité nationale, » ont-ils ajouté.

Source en espagnol:

https://www.resumenlatinoamericano.org/2025/07/14/argentina-las-advertencias-de-la-onu-a-bullrich-y-milei-sobre-la-represion-a-la-protesta-social-y-los-ataques-a-la-independencia-judicial/
URL de cet article :

https://bolivarinfos.over-blog.com/2025/07/argentine-l-onu-preoccupee-par-la-repression-des-protestations-sociales-et-les-attaques-contre-l-independance-de-la-justice.html