Argentine: La politique dans le Portail du Ciel
Par Diego Ramos, Telesur, 8 juillet 2025.
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar infos
Le président argentin qui mène une « bataille spirituelle » à participer samedi à la « convention internationale de la direction chrétienne », dirigée par le pasteur Jorge Ledesma lié à une forte activité sociale et pastorale, à des scénarios politiques–théologique et religieux qui appellent à un sérieux débat et à instaurer des stratégies politiques en accord avec ce binôme.
Nous allons parcourir brièvement et de manière générale, ce processus des églises évangéliques dans le monde politique et ses relations avec les positions du catholicisme dans ce monde. Une des constatations de ces dernières décennies en Amérique latine (le sous-continent le plus catholique de confession au monde) a été la croissance accélérée des églises évangéliques au prix de la décroissance du catholicisme, un phénomène sur lequel de nouveaux dirigeants politiques se sont penchés, constatant qu’il y avait là un espace stratégique politico-électoral auquel ils ne pouvaient renoncer.
La présence du président Javier Milei dans la ville de Chaco, une province du nord de l'Argentine, pour inaugurer une énorme église évangélique et ainsi ouvrir le « portail du ciel » n'est pas un hasard. Aujourd'hui, tous les parties ou les espaces politique, veulent-ils, se gagner la grâce du vote évangélique ? Peut-être pas dans toute cette ampleur, mais au moins avoir un pasteur dans leurs rangs avec l’idée illusoire qu’ils vont gagner la sympathie d’un soi-disant «vote confessionnel».
Nous avertissons que dans ces offres politiques actuelles (qui, dans le fond, son religieuses et théologiques), les nouveaux dirigeants politiques n’ont pas seulement commencé à utiliser le récit théologique et religieux dans la politique et à considérer comme beaucoup plus attractifs les espaces évangéliques que ceux de ce qu'on appelle les partis démocrate-chrétiens ou socio-chrétiens en Amérique latine, mais qu’un large spectre des sociétés s'est déjà incliné vers la « bataille spirituelle » et de là, comprendre et agir dans le monde de la politique.
Ce nouveau scénario nous donne le temps d'un transfert des parties d'origine catholique qui ont rassemblé le vote de nombreux citoyens à leur époque à une proposition politique, réédité des évangéliques. Il faudrait être très attentif à ce qui se passe en Argentine et à ce qui se passe par exemple avec le péronisme dont les bases reposent sur la doctrine sociale de l'église catholique. Y a-t-il un problème dans tout cette proposition générale ? En principe, nous disons que non, à condition que le sens « du politique et de la politique » ne soit pas brouillé dans cette bataille culturelle et spirituelle proposée par l'actuel président et sa droite conservatrice dans son désir de continuer à sacrifier le peuple argentin.
De quoi parlons-nous ? De rien, de plus, et de rien de moins que de certaines dirigeants évangéliques qui prétendent étendre leurs militantisme religieux dans le domaine politique, et convertir ce bien gagné « capital religieux », en rentable, « capital politique ». Bien entendu, nous n'allons pas nous gratter pour voir si c'est bien ou mal, pur ou un pur, mais s'il faut avertir fermement que, dans ce noble jeu de foi et de politique, il faut avoir la distinction et la pertinence nécessaires correspondant à la fois au domaine religieux et au domaine politique : le risque est que les sociétés soient piégées dans un débat messianique exclusivement du domaine religieux et rejettent le domaine politique, c'est-à-dire laissent de côté les luttes pour les conquêtes et les droits politiques, économiques, culturels et la défense de la souveraineté nationale.
Il ne s'agit pas de stigmatiser les églises évangéliques et encore moins de généraliser, il s'agit de visualiser le fait qu’il y a quelques années, personne n'aurait imaginé que ces groupes marginaux et marginalisés souvent appelés « sectes religieuses », émergeraient timidement des périphéries de nos villes comme des zones rurales les plus oubliées, et encore moins imaginer la nécessité de les avoir sous le radar de l'analyse politique. On ne soupçonnait pas du tout qu'ils en arriveraient à former une armée de fidèles et de donateurs pour certains pasteurs qui se sont employés à les convertir (leurs fidèles) également en coreligionnaires et électeurs disciplinés. Y a-t-il un risque ? Évidemment, oui, les mêmes risques utilisés pour légitimer des expériences de définition, politique qui portaient atteinte au système démocratique à l'époque sombre de la dictature en Argentine. Ce risque indique qu'il est nécessaire d'institutionnaliser ce phénomène, qu’il faut qu'il fasse partie d'un ordre du jour politique responsable. Le déficit théologique et la naïveté prophétique dans les églises rendent clairement évidente la nécessité de l'alphabétisation politique et idéologique qu'il faut assumer. Ce n'est qu'un ainsi qu'on pourra éviter de manipuler la foi et de mettre en danger la politique.
Source en espagnol :
https://www.telesurtv.net/opinion/la-politica-en-el-portal-del-cielo/
URL de cet article :
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