Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Colombie: Pour comprendre l’affaire Uribe

30 Juillet 2025, 17:04pm

| 

Publié par Bolivar Infos

par Nadesjka Landaeta

Traduction Françoise Lopez pour Amérique. latine-Bolivar Infos

Une juge colombienne a jugé l'ancien président Álvaro Uribe Vélez coupable du délit de subordination de témoins lors d'une action pénale et de fraude procédurale dans une enquête pour manipulation de témoins. Par contre, pendant ce procès historique contre l'ancien président du pays, il a été acquitté d’une autre accusation de subornation.

Lors de l'audience de ce qu'on appelle le « procès du siècle », la juge 44 de la circonscription de Bogotá, Sandra Liliana Heredia, dans une décision de première instance, a considéré que l'ancien président, dirigeant du Centre Démocratique, grâce a des émissaires, a offert des avantages à des prisonniers pour qu'ils le favorisent dans d'autres procédures que la justice menait contre lui et pour avoir manipulé des témoins pour qu'ils relient le sénateur Ivan Cepeda à des faits illégaux.

Selon la Sanse, l'ancien président et coupable de ce délit de subordination dans une action pénale, parce que, à travers son ancien avocat Diego Cadena, il a essayé de suborner l'ancien para-militaire Juan Guillermo Monsalve, détenu à la prison « la Picota », et pour d'autres pressions exercées sur le témoin.

Bien que la défense d’Uribe il cherchait à dire que ce délit a été commis derrière son dos et que Cadena a agi volontairement, la juge a déclaré que l'ancien président connaissait les actions de l'avocat dans les prisons du pays, et que dans le procès, « l'action de l'ancien président dans le délit de subordination lors d'une action pénale a été suffisamment accréditée. »

De plus, la juge soutient que certains témoins ont été secrètement encouragés économiquement et qu’Uribe connaissait ces manœuvres. En plus de Monsalve, Eurídice Cortés, alias ‘Diana’, et Carlos Enrique Vélez, alias ‘Víctor’ ont été nommés.

Entre-temps, la juge a signalé que le délit de fraude procédurale a été prouvé et que des mémoires et des preuves ont été présentés pour induire en erreur la Cour Suprême de Justice.

La juge affirme que cette fraude s'est matérialiser grâce à mémoire, élaboré par Cardina et à une vidéo remise par l'avocat suppléant Juan Felipe Amaya, qui ont été déposés devant la haute cour.

« On conclut, et cela a été accrédité, qu'au-delà de tout doute raisonnable, Álvaro Uribe Vélez  a délibérément désigné Diego Javier Cadena Ramirez pour l’exécution des infractions de corruption dans le cadre d’un concours pénal hétérogène et de fraude procédurale dans le cadre d’un concours homogène. Avec ces comportements, il est également clair qu’ils ont affecté le bien juridique de l’administration de la justice [...], [en agissant] directement contre la Cour suprême", a conclu Hernandez.

Pour ces faits, on lui accorde une mesure d'assignation à domicile en attendant l’imposition de la peine, qui sera connue le 1 août prochain. 

La sentence, comme on appelle ce type de décision qui détermine la culpabilité ou l’innocence du prévenu, marque un tournant dans l’histoire de la justice colombienne car c’est la première fois qu’un ancien président affronte une condamnation après un procès pénal.

Une enquête embrouillée depuis des années

En mai 2024, le bureau du procureur général de la Nation a accusé Uribe des délits de suppuration de témoins, 2 × 2 procédural et de subordination dans une action pénale après qu'entre 2012 et 2014, le sénateur CPD et présenter les témoignages des deux anciens para-militaires Monsalve et Pablo Hernán Sierra qui  affirmaient  avoir rencontré Uribe alors qu'il était gouverneur du département d’Antioquia. En réponse, l'ancien président a dénoncé Cepeda à la Cour Suprême pour calomnie, fraude procédurale et abus de fonction publique.

En 2018, le tribunal a trouvé des indices prouvant que Uribe aurait manipulé des témoins pour incriminer ses péda, raison pour laquelle en 2020, il a été condamné à l'assignation à domicile pendant 67 jours. À ce moment-là, il était sénateur et il a renoncé à sa charge pour ne pas être jugé par le Tribunal Suprême mais par la justice ordinaire, à travers le Ministère Public.

Bien que le ministère public ait demandé la forclusion de la procédure en 2021, deux juges ont rejeté cette demande en 2022. En 2024, avec l’arrivée de la procureur générale Luz Adriana Camargo, enfin, l’ancien président a été traduit devant le tribunal, accusé de subornation de témoins, de fraude procédurale et à nouveau de corruption. Depuis février de cette année, l’affaire a été maintenue sous prescription constante.

L’audience

Hérédia, qui a été fortement attaqué par les médias qui soutiennent Uribe, à déclarer au début de l'audience : « la justice n'est au service, ni de la presse, ni de la politique, elle est au service du pays. » Cette affirmation s'oppose aux déclarations de l'ancien président qui a prétendu à plusieurs reprises qu'il existait une persécution politique contre lui.

Pendant son intervention, la juge a accepté comme preuve d'un fait condamnable, les interceptions du sénateur Newton Cordoba ordonnées par la Cour Suprême en 2018 qui, soi-disant par erreur, rapporte Caracol, ont fini par se faire sur le téléphone de Diego Cardenas, l’avocat d’Uribe.

« Le secret professionnel ne peut devenir une barrière pour la justice, » a déclaré la juge en évoque l'appel déposé par la défense d’Uribe sous prétexte que cette conversation appartenait au domaine privé.

Dans ces appels, Cardena et Uribe parlent de soi-disant plans destinés à faire se rétracter un groupe de paramilitaires condamnés et en prison des déclarations qu’ils auraient faites concernant la relation présumée de l’ancien président et de son frère Santiago Uribe avec les Autodéfenses Unies de Colombie  (AUC).

Elle a également validé les preuves recueillies à l’aide de deux montres-espions qui auraient été utilisées en 2018 par l’ancien paramilitaire détenu Juan Guillermo Monsalve pour enregistrer la conversation avec Cadena, au cours de laquelle l’avocat aurait fait pression pour qu’il favorise Uribe, en échange d’avantages pénaux, et porte préjudice au sénateur Cepeda, qui avait présenté des témoignages d’anciens paramilitaires affirmant avoir rencontré le gouverneur d’Antioquia. La défense de l’ancien président a nié la véracité de ce registre.

Au cours de l’audience, Heredia a affirmé que les affirmations faites par Monsalve "ne contiennent pas de situations difficiles à croire ou qui sont considérées comme des erreurs parce qu’elles proviennent d’un détenu », donc la version du soi-disant 'témoin star' contre Uribe, « mérite la crédibilité » car elle a été maintenue, malgré les pressions, pendant 14 ans.

L'ex femme de Monsalve, Deyanira Gómez, et l’avocat du sénateur Cepeda ont présenté ces enregistrements à la Cour suprême et c’est là que le procès a commencé.

Que va-t-il se passer?

Jusqu'à présent, dans cette longue querelle judiciaire de plus de 10 ans, Cepeda a été considéré comme une victime en 2024 à cause des dommages qui lui ont été » causés pendant la procédure et du fait que son intégrité de parlementaire a été affectée parce qu'on l'a relié à des des délits qu'il n'avait pas commis. La même décision a été prise en faveur de Deyanira Gómez qui a dénoncé une persécution et des menaces de mort après sa collaboration avec la justice, raison pour laquelle elle a quitté le pays avec ses deux fils.

Selon les experts, cette sentence pourrait avoir un effet politique important en Colombie puisque l'image d’Uribe –une figure importante de la droite du pays– a été affaiblie, ce qui pourrait avoir un impact sur les prochaines élections.

La juge absout Álvaro Uribe d’un délit

Avant de connaître le jugement de ce lundi, Granados avait assuré que son client, indépendamment du jugement, n’irait pas en prison parce qu’il affirme qu’il n’y a pas de preuves ni de témoins pour soutenir les allégations contre lui. En outre, si le jugement de deuxième instance n’est pas rendu avant le mois d’octobre, l’affaire sera prescrite et close sans condamnation.

Pendant cette longue journée, l'ancien président de 73 et son avocat titulaire Jaime Granados ont suivi l'audience de façon virtuelle, alors que son défendeur suppléant, Jaime Lombana, et le sénateur Cepeda étaient sur place, au  complexe judiciaire de Paloquemao, à Bogota.

Pendant qu'on exposait la décision judiciaire, des manifestations contre le fondateur du parti de droite Centre Démocratique avaient lieu aux abords du complexe judiciaire de Paloquemao.

Source en espagnol:
https://albaciudad.org/2025/07/historico-caso-jueza-halla-culpable-a-alvaro-uribe-de-dos-delitos/
URL de cet article:

https://bolivarinfos.over-blog.com/2025/07/colombie-pour-comprendre-l-affaire-uribe.html