Bolivie: Révision de la détention des putschistes Áñez Camacho et Pumari
Par Rubén Atahuichi
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos
Le TSJ a ordonné aux tribunaux départementaux de justice d'examiner en 24 heures les affaires d'arrestation de Jeanine Áñez, de Luis Camacho et de Marco Pumari.
Le document a été signé le vendredi 22 août, selon les médias.
Tous les tribunaux doivent « immédiatement et dans le cadre des pouvoirs constitutionnels, conventionnels et juridiques qui leur sont conférés, dans un délai de 24 heures (...), procéder à la vérification de la durée de la mesure conservatoire de la détention provisoire dans toutes les procédures - à l'encontre de ces citoyens », dit le document.
En outre, l’instruction émise par le président du TSJ, Romer Saucedo, ordonne aux tribunaux « de procéder même d’office à la vérification de ce qui est maintenant disposé, en statuant sur ce qui correspond en droit ».
Le TSJ présume que les périodes de détention ne sont pas correctement respectées.
Áñez, arrêtée le 13 mars 2021, est accusée dans l'affaire Coup d’Etat I concernant les faits ayant précédé la chute du président de l'époque, Evo Morales, le 10 novembre 2019. Avec elle, dans cette affaire, sont également impliqués Camacho et Pumari, protagonistes des faits.
L'avocat de Camacho, Martin Camacho, a confirmé les instructions données par le TSJ et a déclaré que la famille et sa défense recevaient « avec consentement et joie » la décision de l’organe judiciaire. Cette action « va permettre de rétablir l'État de droit, » a-t-il déclaré dans une interview accordée à des journalistes à Santa Cruz.
Après les élections générales du 20 octobre 2019, Camacho, alors président du comité pro Santa Cruz, a dirigé les protestations contre le Gouvernement de Morales pour des illégalités présumées dans le processus. Ensuite, il a appelé à une série de manifestations et de rassemblements, au point d'exiger sa démission, son remplacement par la "succession" de la doyenne du TSJ ou la formation d'une « assemblée de notables. »
Pumari, à l'époque président du Comité civique de Potosi (COMCIPE), avait également soutenu les mobilisations de Camacho.
Áñez a été le résultat des mobilisations. Elle s'est proclamée présidente du pays le 12 novembre, dans deux cérémonies, au Sénat et à l'Assemblée législative, sans quorum et sans la présence des législateurs du Mouvement pour le socialisme (MAS).
Contrairement à Camacho et Pumari, l'ancienne présidente purge une peine de 10 ans de prison à cause d'une sentence dans une autre affaire, le coup d'État II, concernant sa proclamation en tant que présidente.
Le Ministre de l'intérieur, Roberto Rio Rios, s'est félicité de l'examen des délais de procédure de l'ancienne Présidente Jeanine Áñez et des anciens dirigeants civiques Fernando Camacho et Marco Antonio Pumari, et a proposé que cette mesure soit également étendue à d'autres détenus. Le ministre affirme que le Gouvernement respecte l'indépendance des organes de l'État et la non-ingérence dans les décisions.
« Saluer les instructions de la plus haute autorité de cet organe concernant la révision des détentions préventives et l'utilisation de ces moyens dans ces cas particuliers. (...) Cette mesure devrait ne pas s'appliquer seulement à ces personnes, mais atteindre toute la population privée de liberté », a déclaré le Ministre.
Il a rappelé que tous les Boliviens jouissaient des mêmes droits et il a souligné qu'une grande partie de la population carcérale, soit environ 65 à 70 %, était en détention provisoire.
Il a également déclaré que le Gouvernement respectait l'indépendance des organes de l'État et la non-ingérence dans les décisions des uns par les autres.
La Cour suprême de justice (TSJ) a chargé ce vendredi, par l'intermédiaire de l'instruction 18/2025, toutes les juridictions départementales de vérifier immédiatement le respect du temps de détention dans toutes les procédures concernant Áñez, Camacho et Pumari.
La disposition de la TSJ précise qu'elle « ne peut en aucun cas être comprise comme une ingérence interne dans les facultés privatives de chaque administrateur de la justice, mais qu'elle doit au contraire être le reflet et l'expression maximale de l'indépendance de la justice qui se manifeste dans les résolutions sans ingérence ni pressions. »
Après cette instruction, l'ancienne présidente par intérim a déclaré que cette décision n’est pas une victoire mais une réparation et un droit que, bien qu'il arrive tard, elle reçoit avec joie.
Le député éviste Freddy Mamani a critiqué le TSJ et a indiqué que ses autorités dansaient au rythme de la musique que les partis de droite étaient en train de mettre en place.
« Ils ont indiqué qu'ils allaient les libérer, avant même le 8 novembre, date à laquelle le nouveau président doit prêter serment. Ils se félicitent d'avance et cette justice ne nous sert à rien. S'ils veulent examiner dans les 24 heures, ils devraient réviser toutes les procédures, » a déclaré le député.
Áñez, arrêtée le 13 mars 2021, est accusée dans l'affaire Coup d’Etat I concernant les faits ayant précédé la démission du président de l'époque, Evo Morales, le 10 novembre 2019. Dans cette affaire, sont également impliqués Camacho et Pumari, protagonistes de cette crise politique.
Camacho et Pumari sont en détention provisoire dans l'affaire Coup d’Etat I, bien que leur procès soit paralysé pendant que la Cour constitutionnelle définit si le crime de terrorisme est conforme à la Constitution.
Source en espagnol :
https://www.resumenlatinoamericano.org/2025/08/22/bolivia-ya-empieza-la-involucion-el-tribunal-supremo-de-justicia-ordena-revisar-las-detenciones-de-los-golpistas-anez-camacho-y-pumari/
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