Cuba: Le Département d’Etat et les voyages à Cuba
Alejandro García del Toro
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos
Ces derniers mois, le Gouvernement des États-Unis et son département d'État ont renforcé très agressivement leurs attaques habituelles contre Cuba dans des secteurs ou pour des activités économiques qui génèrent des revenus essentiels pour le fonctionnement du pays.
Dénigrer, faire obstacle, essayer de criminaliser la coopération médicale cubaine internationale et d'empêcher que l'activité touristique se rétablisse sont certains des fronts auxquels le secrétaire d'État et le chargé d'affaires à La Havane ont consacré, en plus de généreux fonds du contribuable, des doses de temps et d'énergie illimitées.
Empêcher les Etasuniens et les résidents légaux de se rendre à Cuba a été l'une des mesures que le Gouvernement yankee a toujours considérée comme efficace pour atteindre l'objectif de détruire la révolution soutenue par la majorité de la population. Un communiqué de presse du département d'État du 16 janvier 1961 indique que les voyages des Etasuniens sont « contraires à la politique étrangère des États-Unis et défavorables aux intérêts nationaux. »
Il établit, en outre, que les citoyens nord-américains qui souhaitent se rendre à Cuba doivent demander un passeport avec une autorisation spéciale du département d'État. Aujourd'hui, 64 ans, plus tard, ce Gouvernement continue à appliquer des interdictions et à faire obstacle aux droits des Etasuniens de se rendre dans notre pays.
Le secrétaire d'État a toujours été un critique fervent des voyages à Cuba depuis l'époque où il était sénateur de l'état de Floride. Peu après avoir été élu sénateur fédéral, il a présenté au Congrès, à Washington DC, l'un de ses premiers projets de loi: une initiative destinée à suspendre le droit d'autres villes que Miami d'avoir des vols vers Cuba. Cela fut très critiqué, même par l'état de Floride de lui-même, dont la ville de Tampa demandait depuis des années de pouvoir avoir des vols directs vers Cuba.
Finalement, le sénateur a retiré sa proposition mais n'a pas modifié sa position qui répond, de plus, aux intérêts particuliers des groupes économiques et politiques réactionnaires qui ont financé son ascension.
Dans ses multiples responsabilités actuelles, il a appliqué avec cynisme la politique de restrictions qui a été défendue pendant des années, avec une plus grande portée et plus de ressources. Le double discours et l'hypocrisie l’ont guidé. Pour cela, tout en mentant, en déformant les choses et en dessinant une société cubaine chaotique et au bord de l'effondrement, ils empêchent leurs citoyens de venir voir par eux-mêmes, ce soi-disant scénario de destruction, de dysfonctionnement et d'implosion sociale. Quels sont alors les raisons du secrétaire et de son chargé d'affaires de réduire le droit de voyager dans cette île et d'accuser le Gouvernement cubain de mal gérer son industrie touristique? Que grogne-t-il ? Ce n'est pas Cuba qui empêche les Etasuniens de faire du tourisme sur son territoire.
Le problème est simple. Quand un Etasunien se rend dans une ville cubaine quelconque, il lui faut peu de temps pour se rendre compte que la réalité du pays est différente de celle qu'il a entendue et lue pendant des décennies dans son pays. Que, Cuba étant un pays du tiers-monde sans grandes ressources naturelles sa population est instruite, empathique, résiliante et nationaliste. De sorte que ces perceptions qui contredisent le stéréotype construit par les secteurs anti-cubains n’ont jamais plu à Marco Rubio. Il préfère empêcher l'exercice des droits de ses citoyens plutôt que de voir des centaines de milliers d’Etasuniens se faire leur propre opinion sur Cuba et sur sa population. Chaque fois que les régulations des États-Unis s'assouplissent tant soit peu, les voyages d’Etasuniens et de Cubains résidant aux États-Unis explosent. Cuba en est venue à devenir la première destination favorite des croisières des États-Unis peu avant que le président Trump les annule sous les pressions de Marc Rubio en personne. La même chose s'est passée avec l'accord avec les grandes ligues de baseball, et tant d'autres espaces d’échange.
De cette façon, ceux qui dirigent aujourd'hui la politique étrangère des États-Unis envers notre pays continueront à éviter à tout prix les relations entre les deux peuples et les deux Gouvernements par tous les moyens possibles et le tourisme et les voyages à Cuba continueront à être dans la ligne de mire. Notre industrie touristique affronte déjà plusieurs mesures et il faudra se préparer à en affronter d'autres, supplémentaires. La désignation unilatérale de Cuba comme Etat qui soutient le terrorisme implique que les citoyens de plus de 40 nationalités ne peuvent accéder au programme ESTA, raison pour laquelle beaucoup de touristes potentiels de ces pays évitent la destination Cuba pour ne pas mettre en danger leur droit d'entrée de façon rapide aux États-Unis. S'ajoute à cela la liste des hôtels cubains interdits dans lesquels les citoyens ou les résidents légaux ne peuvent réserver et qui a été élargie le 11 juillet.
Pour donner à cela un petit air hollywoodien, dans certains aéroports des États-Unis, mais essentiellement à l'aéroport de Miami, intimider, harceler, prendre des photos, saisir du matériel électronique est devenu une pratique habituelle envers les voyageurs étasuniens et Cubano-américains qui se rendent dans notre pays ou en reviennent. En réalité, ils peuvent encore voyager légalement sans difficulté, car les licences générales de voyages autorisées à Cuba sont toujours en vigueur. L'objectif de toutes ces actions et de toutes ces déclarations de politiciens de Floride est de réduire les voyages et d'obtenir que les compagnies aériennes se retirent puisqu'ils ne peuvent pas suspendre les vols qui apportent des bénéfices économiques aux compagnies aériennes, aux agences et aux aéroports en particulier dans cet état.
D'autres mesures coercitives portent également préjudice tourisme, cubain, comme la persécution de l'achat de combustibles, les obstacles mis aux transactions bancaires pour les paiements de toutes sortes et l'interdiction, depuis plusieurs années, d'utiliser des passerelles de réserve étasuniennes ou de pays tiers pour loger dans des hôtels à Cuba. Ce qu’évoque le département d'État, sont les hôtels que visite et dont jouit le chargé des sanctions et du mensonge, Mike Hammer, et dont son Gouvernement interdit aux citoyens des États-Unis de profiter.
L'objectif est : réduire au minimum la capacité de revenus financiers de notre pays et a accuser nos autorités de « mauvaise gestion de l'économie. » Alors qu'ils massacrent leur victime, il la rendent responsable des difficultés qu’eux-mêmes ont provoquées. Le secrétaire d'État et son chargé d'affaires, celui qui dit que sa politique est d'aider le peuple cubain, se lèvent tous les jours en récitant le mémorandum de Lester Mallory. Et dans ce réveil, sans doute le tourisme cubain et les voyages à Cuba font partie de son obsession ratée.
Source en espagnol :
http://www.cubadebate.cu/noticias/2025/08/02/el-departamento-de-estado-y-los-viajes-a-cuba/
URL de cet article :
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