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Amérique latine : L'escalade des États-Unis contre le Venezuela menace toute l'Amérique latine (II)

9 Septembre 2025, 15:08pm

Publié par Bolivar Infos

 

Par Stella Calloni

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar infos

Cela s'est exprimé avec la dernière visite du chef du commandement Sud, l'amiral Alvin Holsey, qui est resté trois jours en Argentine où il a eu des réunions « clés » avec les autorités de la défense locale et participé à une conférence régionale de sécurité nationale, patronnée par le Gouvernement des deux pays qui a eu lieu du 19 au 20 août.

Le rapport officiel des États-Unis signale que c'était précisément le second voyage d’Holsey en Argentine depuis le début de l'année, et après « de récentes visites d'autres fonctionnaires des États-Unis qui renforcent l'engagement permanent de renforcer l'association stratégique des deux nations. »

Holsey a rencontré le brigadier général Xavier Isaac, chef de l’état-major conjoint des forces armées argentines et d'autres autorités, et après avoir ajusté certains accords, tout deux ont été les hôtes des chefs régionaux qui ont assisté à cette rencontre.

En réponse à cette importante réunion, le 26 août dernier, le Gouvernement argentin a fait savoir que dans le cadre « des engagements internationaux pris par la République Argentine en matière de lutte contre le terrorisme et contre son financement, et dans le respect des règles en vigueur, le Gouvernement national avait décidé d'incorporer l'organisation criminelle transnationale connue comme « Cartel des Soleils » au registre public des personnes et des entités liées à des actes de terrorisme et à leur financement (RePET) qui dépend du ministère de la justice.

Cette décision, adoptée « en coordination entre le ministère des affaires étrangères, du commerce international et du culte, le ministère de la sécurité nationale et le ministère de la justice, est fondée sur des rapports officiels qui accréditent des activités illicites de caractère transnational parmi lesquelles le trafic de drogue, la contrebande et l'exploitation illégale de ressources naturelles ainsi que des liens avec d'autres structures criminelles dans la région, » dit le communiqué.

Il souligne qu'il s'agit d'eux « renforcer les mécanismes préventifs et punitifs face à des opérations de financement liées au terrorisme et au crime organisé, de renforcer la coopération internationale en matière de sécurité et de justice, en étroite coordination avec des partenaires régionaux et multilatéraux, de réaffirmer notre engagement envers la paix, la stabilité et la sécurité de l'hémisphère, dans le cadre du respect du droit international et des instruments multilatéraux applicables. »

Il ajoute que l'inscription sur le RePET « permet d'appliquer des sanctions financières et des restrictions à des opérations destinées à limiter la capacité d'action de ces organisations criminelles », tout en protégeant le système financier argentin d'une éventuelle utilisation à des fins illicites.

À seulement une semaine du décret du président Trump, le Gouvernement du président d'extrême droite Javier Milei annonçait le 14 août qu'il reconnaissait le Cartel des Soleils comme « une organisation terroriste », et qu'il  accompagnerait les États-Unis dans son combat contre lui tandis que la ministre de la sécurité, Patricia Bullrich, déclarait: « Maduro et sa clique sont des trafiquants de drogue. »

« Ni en Argentine ni en aucun endroit du monde, ils ne vont pouvoir mener à bien leurs activités criminelles. Pour ce Gouvernement, ce qu’on fait, on le paye. Là  ou où que ce soit, » a déclaré Bullrich qui a depuis longtemps des liens forts avec la CIA, le renseignement israélien.

Au cours d’un récent rapport à la Maison Blanche sur tout ce qui a été fait par le Gouvernement de son pays pour affronter le "Cartel des Soleils", parmi lesquels on considère le "fentanyl" comme un poison "meurtrier" qui transformerait le trafic de drogue en  "terrorisme" et menacerait la sécurité des États-Unis, le secrétaire d’État nord-américain, Marco Rubio, a souligné le rôle de l’Argentine pour son engagement à accompagner les États-Unis dans leur aventure militaire contre le Venezuela et a nommé dans ce même sens la coopération de l’Équateur, du Paraguay, de Trinité-et-Tobago et du Guyana.

« Le but (l’objectif) n'est pas seulement d'arrêter l'entrée des narcotiques mais de mener cette bataille sur la scène internationale pour affronter ceux qui sont derrière ce « poison meurtrier », a déclaré Rubio en reconnaissant que les mesures prises par son Gouvernement ont causés « une fracture géopolitique en Amérique latine à cause des alignements diplomatiques de certains pays. »

D'une part, il  y a le Brésil, la Bolivie, Cuba, la Colombie, le Honduras et le Nicaragua, qui soutiennent Nicolas Maduro, le président du Venezuela, accusé d’être l'un des chefs du Cartel des Soleils », une organisation inexistante et invisible dans tous les documents concernant le trafic de drogue dans différents pays et sur différents continents.

Et d'autres part, il y le Costa Rica, le Guatemala, le Salvador et le Panama qui « pourrait se joindre au bloc de pays qui ont désigné le Cartel des Soleils comme une organisation terroriste », et il ajoute que « le Canada, le Chili, le Mexique et l’Uruguay sont –jusqu'à présent– restés  neutres. »

Quelle est la stratégie forcée par Rubio et ses camarades qui naviguent dans l'argent que le trafic de drogue rapporte aux pays consommateurs de stupéfiants ?

Forcer tous les Gouvernements latino-américains à projeter cela au niveau international et à s'occuper de la Russie, de la Chine, de l'Iran, et d'autres après avoir signalé que dans l'échange du trafic, leurs responsables –les chefs des cartels– auraient aussi « des liens solides avec la Russie, la Chine et aussi l'Iran. »

Il a prévenu que « la Russie a de gros intérêts commerciaux au Venezuela et opère avec Cuba pour garantir l'impunité du régime caribéen. Sans La Havane et Moscou, Maduro n’aurait pas les informations classifiées qui lui permettent de réprimer l'opposition et d'arrêter les conspirations internes contre lui. »

L'hypocrisie n'a pas de limite, comme n'en a pas non plus la sincérité de ceux qui se croit impuni quand Rubio dont l'histoire est liée à des mafias et des actions terroristes diverses parmi lesquelles l'application d'un terrorisant éternel contre Cuba et la collaboration de terroristes cubano-américains (agents de la CIA) avec les sinistres dictatures de tout le continent et en particulier, et celles des années 70 et 80 avec la dictature de la sécurité nationale dans le Cône Sud et leur pacte de mort qu’a été l'opération Condor sur laquelle ils doivent encore rendre des comptes.

Cela pose une question : pourquoi les États-Unis ne s’occupent-ils pas de chercher sur leur territoire les cartels qui reçoivent allègrement les envois de drogues et la distribuent si activement à plus de 60 % de la population qui la consomme ?

Cela représente des millions de dollars qui son collectés et déposés dans des banques des États-Unis, une blanchisserie d'argent qui blanchit leurs entreprises dans nos pays. Nous n'avons jamais vu que de puissants chef du trafic de drogue soient arrêté aux États-Unis.

Accord avec l’Argentine

Dans ce scénario, l'Argentine, le pays le plus grand qui ait accompagné le Gouvernement de Donald Trump dans cette escalade, joue un rôle très important et on ne sait pas encore quels autres engagements comme ceux qui permettent à leurs troupes spéciales d'entrer quand ils en ont besoin dans le sud du pays a signé le Gouvernement d'extrême droite avec son homologue ces derniers temps.

Cela ne surprend pas parce que l'ancien président Mauricio Macri (2015/19) a signé en 2017  un accord avec la garde nationale de Georgie (troupes spéciales) pour leur permettre d'entrer dans le pays quand ce sera nécessaire sans autorisation du Congrès.

Milei n’a rien fait d'autre que rafraîchir cet accord et aller encore plus loin. Le 13 mars dernier, dans le dos du Congrès et du peuple, en « un évènement historique »dans les relations bilatérales des deux pays, on a signé un « mémorandum d'entente pour faire avancer un ambitieux programme de coopération dans le domaine des forces d'opérations spéciales. (SOF), comme l'indique un rapport spécial du Gouvernement argentin.

C'est arrivé après trois longues réunions que Holsey a évoquées lorsqu'il est passé par Buenos Aires en août  : « Les responsables militaires des deux pays ont mis en marche un processus qui permettra aux troupes argentines de s'entraîner directement avec ses homologues nord-américaines, ce qui élargira les capacités des deux nations sur le terrain des opérations spéciales et à hauts risques. »

Cet  accord a été signé « entre le colonel Néstor Oprandi, commandant conjoint des opérations spéciales pour les forces armées d'Argentine et le capitaine de navire Nikolaos Sidiropoulos, directeur de la stratégie et des plans des opérations spéciales du Commandement sud des États-Unis. »

Il a été signé « dans le cadre des SOF Talks, un cycle de réunions bilatérales qui s'est déroulée du 10 au 13 mars dont l'objectif central était d'identifier de nouvelles opportunités de coopération aussi bien dans le domaine des opérations que dans celui de la formation des forces d'élites des deux pays. »

C'est seulement un accord dans la série de documents signés entre l'Argentine et les États-Unis et aussi avec Israël et la Grande-Bretagne, puisque j'ai averti que la base navale de Mount Pleassant –Installée sur l'île Soledad de l'archipel des Malouines qui appartient à l’Argentine et a été colonisé par l'impérialisme anglais en 1833– est stratégique et inamovible, que c'est la plus importante de celles que compte l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) et qu’elle menace toute la région.

Mais cela nous conduit aussi à la réponse des Gouvernements comme celui de Cuba, du Mexique, de la Colombie, du Brésil et de tant d'autres qui disent de façon permanente que, dans le problème du trafic de drogue, les États-Unis doivent commencer par faire le ménage chez eux.

Et ils l'ont prouvé en ce moment en ne se prétant pas au jeu sinistre d'un pouvoir décadent qui cherche à envahir le Venezuela, un pays qui plaide pour la paix, en soulignant l'accord signé par tous les pays de la Communauté des Etats Latino-américains et Caribéens (CELAC) qui a déclaré la région zone de paix dans le monde.

Le problème du trafic de drogue et d'autres problèmes similaires sont un argument éculés par les mauvaises pratiques des États-Unis et de leurs partenaires, comme le montre la réponse extraordinaire du Venezuela, de ses dirigeants et de son peuple, qui est un exemple pour toute la région.

Source en espagnol :
https://www.resumenlatinoamericano.org/2025/09/08/nuestramerica-escalada-de-eeuu-contra-venezuela-amenaza-a-toda-america-latina-ii/ 
URL de cet article :

https://bolivarinfos.over-blog.com/2025/09/amerique-latine-l-escalade-des-etats-unis-contre-le-venezuela-menace-toute-l-amerique-latine-ii.html