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Brésil : Marco Rubio, le Maccartisme et la condamnation de Jair Bolsonaro

15 Septembre 2025, 17:08pm

Publié par Bolivar Infos

 

Par Gustavo Veiga

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos

Le secrétaire d'État des États-Unis a parlé de « chasse aux sorcières au Brésil », après la condamnation de l'ancien président. Lula s'est déclaré fier de la Cour Suprême » pour sa décision historique » et Itamaraty a signalé que « la démocratie brésilienne ne se laissera pas intimider. »
 
Donald Trump et Marco Rubio  considèrent Jair Bolsonaro comme quelqu'un à eux. C’est à la vue de tous. Le secrétaire d'État des États-Unis a parlé de « chasse aux sorcières au Brésil, », juste lui, le représentant d'un pays dans lequel le maccarthysme s'est emparé du système politique pendant les années 50 du siècle dernier. Ce qui met en alerte, c’est l'audace avec laquelle il le dit. La façon dont il a menacé une nation souveraine sous le prétexte éculé de la violation des droits de l'homme d'un ancien président. À proprement parler, un putschistes déjà condamné. Le même qui a voté la destitution de, Dilma Roussef en la dédiant à la mémoire du pire tortionnaire de l’histoire du Brésil : Carlos Brilhante Ustra.

L'extrême droite mondiale joue son échec planétaire soutenu par la dialectique de l’affrontement. Il ne met même pas de forme diplomatique dans son ingérence. Rubio est grandiloquent. Une espèce de proconsul Romain. Il a abandonner le droit international. Un exemple : après que l'origine israélienne est attaqué le Qatar pour détruire les négociateurs du Ama à Doha, il a déclaré que les États-Unis ne changerait pas son statut d’allié de Benjamin Nétanyahou. Il a renforcé cette idée en arrivant à Tel-Aviv, ce dimanche, en visite officielle. Le secrétaire d'État rencontre un criminel de guerre qui, en Israël avait, en mars de cette année, 70 % de désapprobation parmi les citoyens. Tout le contraire de Luiz Inácio Lula da Silva qui, au Brésil, a une image de plus en plus positive. Une image qui s'étendrait au tribunal fédéral suprême (STF) si on considère la sentence qui a condamné Bolsonaro à 27 ans et trois mois de prison. 54 % de la population réprouve une amnistie pour le détenu d’extrême droite et ancien militaire. Elle est soutenue par 39 %, ce qui n’est pas peu, bien que minoritaire. Mais le pourcentage remonte à 50 % lorsque l’arrestation de l’ex-président est validée.

Dès qu'il a pris la sentence contre Bolsonaro, le 11 septembre, Rubio a écrit sur son compte officiel X : « La persécution politique dirigée par Alexandre de Moraes, sanctionné pour avoir violé les droits de l'homme après que lui et d'autres membres de la cour suprême aient décidé injustement d'emprisonner l'ancien président Jair Bolsonaro, continue. Les États-Unis répondront en conséquence à cette chasse aux sorcières. »

Le président Lula, Da Silva a eu une première réaction après la condamnation de l'ancien président dans un article d'opinion intitulé : « La démocratie et la souveraineté du Brésil ne sont pas négociables » publié dans le New York Times : « Ça n'a pas été une chasse aux sorcières »,a dit Lula et il s'est déclaré « fier de la cour suprême du Brésil pour sa décision historique de jeudi. » De plus, les diplomates d’Itamaraty, qui ont une position historique de non intervention, se sont prononcés avec fermeté : « La démocratie brésilienne ne se laissera pas intimider » a déclaré le ministère des relations extérieures.

Le Gouvernement de Trump, qui a de graves problèmes internes et une détérioration croissante de son image, n'a pas dit comment il répondrait au Brésil. À proprement parler, au plus au tribunal judiciaire du pays. Il se réserve ce droit parce qu'il continue à croire au destin manifeste.

Rien ne peut être écarté. Même pas la rupture des relations diplomatiques qui s'est déjà glissée dans certaines informations. Itamaraty été plus précis dans son communiqué : « Des menaces comme celles du secrétaire d'État des États-Unis, Marco Rubio, faites dans une déclaration qui attaque l'autorité brésilienne et ignore les faits et les preuves accablantes qui sont dans le dossier n'intimideront pas notre démocratie. Les institutions démocratiques brésiliennes ont donné leur réponse au putschisme . »

Le journal Brasil de Fato a cité l’opinion de Paulo Borba Casella, juriste et professeur de droit international public à l'université de São Paulo (USP) qui est d'accord avec l'interprétation de la chancellerie : « Il est important de dire clairement, et la presse sensée de nombreux pays l’a souligné, que le Brésil a donné une leçon de maturité institutionnelle et de respect de l'État de droit démocratique. »

La même juriste a également réagi à propos des réactions du Gouvernement de Trump : « iIs se caractérisent par le fait d'être imprévisibles, déraisonnables et de mélanger les questions commerciales et les questions politiques, idéologiques et partisanes. » C'est pourquoi rien n'est écarté. Même pas une nouvelle augmentation des droits de douane sur les produits brésiliens qu'applique Washington depuis le 6 août dernier. La réponse de Lula a été de présenter une plainte devant l'organisation mondiale du commerce (OM.C.) contre les tarifs de douane des États-Unis.

La discipline qu’ont imposé les États-Unis au Brésil est historique. Dans le passé, c'est grâce a l'imposition de dictature civique et militaire en Amérique latine que, dans le cas du pays, le plus grand du continent, ils ont inclus 21 ans (1964–1985) de régime de fait. Bolsonaro  s’est toujours réclamé de cette période et il a même déclaré en public que les disparitions forcées aurait dû être plus nombreuses, comme en Argentine.

Sous son second mandat qui a débuté en janvier de cette année, Trump a déjà sanctionné les juges qui ont condamné son allié. Il a révoqué le visa d'entrée aux États-Unis de 8 des membres du STF, dont le plus célèbre est le juge Alexandre de Moraes. Cette mesure a été communiquée par le secrétaire d'État. Elle a touché le plus médiatique de ses membres, de Moraes mais aussi cet autres, magistrats sur les 11, que  compte la cour : le président du tribunal, Luís Roberto Barroso, José Antonio Dias Toffoli, Cristiano Zanin, Flavio Dino, Cármen Lúcia Antunes Rocha, Luis Edson Fachin et Gilmar Mendes. Tous sont en commun le fait qu'ils n'ont pas été proposés par Bolsonaro pour intégrer la Cour.

Derrière ses sanctions se trouve la main d'Eduardo Bolsonaro, le député fédéral et le plus actif des enfants de l'ancien président. Des États-Unis, il a menacé en disant que si on ne résout pas la crise qui a amené son père en prison, « il n'y aura pas d'élections en 2026. Le député fédéral de gauche Chico Alencar du PSOL pour Rio de Janeiro a critiqué Bolsonaro (fils) : « Je suis un ancien professeur d'histoire, spécialiste de l'histoire du Brésil, et j'ai toujours vu dans les documents, les livres et les registres, cette position impérialiste (des États-Unis) d'être le gardien du monde, la police du monde, mais je n'ai jamais vu autant d'audace avec le soutien intérieur de traître à la patrie. » Le député Bolsonaro, la voix de l'ancien président depuis les États-Unis, a déclaré que Washington pourrait envoyer « des avions de combat, F-35 et des bateaux de guerre au Brésil », si le pays continuait, selon lui, « sur  la voie du Venezuela. »

Une flotte des États-Unis navigue déjà dans les eaux des Caraïbes pour intervenir dans la région et  menacer depuis la mer le Gouvernement de Nicolas Maduro. L'escalade est en marche, et comme les mesures que… Trump et Rubio contre le Brésil est imprévisible. On ne prend plus le communisme comme excuse en première intention, bien que cette idée du maccartisme à son apogée soit sous-jacente. Dans le cas du Venezuela, ils disent être obligés de combattre le trafic de drogue, et en particulier ce qu'ils appellent le « Cartel des Soleils. » Dans celui de son voisin, qui dirige les BRICS aux côtés de la Chine, de la Russie et de l’Inde, il s’agit de sauver un politicien d’extrême droite avec une popularité au ras du sol d’une peine de prison bien documentée. Si solide qu’elle s’appuyait sur le témoignage de son ancien assistant personnel, Mauro Cid, sous la figure de dénonciation récompensée.

Source en espagnol:
https://www.resumenlatinoamericano.org/2025/09/15/brasil-marco-rubio-el-macartismo-y-la-condena-a-jair-bolsonaro/
URL de cet article:

https://bolivarinfos.over-blog.com/2025/09/bresil-marco-rubio-le-maccartisme-et-la-condamnation-de-jair-bolsonaro.html