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Pensée critique : La liberté vue par Marco Rubio

13 Septembre 2025, 17:00pm

Publié par Bolivar Infos

 

Par José Ernesto Nováez Guerrero

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos

L'essence du projet de liberté défendu par Rubio, qui n'a rien d'original ni de nouveau, est de comprendre cette liberté dans le sens de démocratie bourgeoise et e libertés bourgeoises comme la liberté de religion, d'expression, etc…

Ce 2 septembre, dans le luxueux hôtel Baltimore de Miami, Floride, a eu lieu une cérémonie au cours de laquelle on a remis le prix Lech Walesa à l'agent anti-cubaine Berta Soler, dirigeante de l'organisation contre-révolutionnaire « les dames en blanc. »

Walesa, fondateur du fameux syndicat, solidarité, généreusement, financé par la CIA, a été une figure clé dans le renversement du gouvernement socialiste en Pologne, dans les années 80 du XXe siècle. Bien que, aussi est fidèle à la vérité historique, l’opération Walesa n'est fait que catalyser les fractures et les insuffisances que le projet du socialisme polonais n'a jamais réussi à résoudre.

En donnant ce prix à Berta Soler et, à travers elle, à sa formation, les organisateurs du Prix lui souhaitent sans doute le même succès que Walesa a eu dans la promotion des plus grands intérêts de la CIA dans son pays et en Europe de l’Est. L’orateur central et invité de luxe de cette activité était le Secrétaire du Département d’État des États-Unis, Marco Rubio, qui a prononcé un long discours, regorgeant des vertus civiques de la lauréate et de son exemple dans la lutte contre le terrible communisme qui afflige Cuba.

Je voudrais m'arrêter sur l'un des nombreux passages qui, à mon avis, illustrent très clairement les idées « philosophiques » de l'actuel secrétaire d’État. Et c’est que, à un moment de son intervention, le haut fonctionnaire se révèle comme tout un philosophe avec une idée finie de la liberté (bourgeoise) et avec une explication réductrice (et bourgeoise) de l’histoire humaine. Il convient de s’arrêter sur ces passages, étant donné leur grande valeur explicative pour comprendre la perspective du monde qui détermine les actions de ceux qui tiennent le rênes de l’hégémonie internationale actuelle:

« La liberté n'est pas, en réalité, un instinct naturel de l'être humain. Si nous pensons et étudions l'histoire, presque toute l'histoire de l'humanité a été marquée par l'oppression. Il y a à peine deux siècles, peu de gens avaient la possibilité d’élire ceux qui les gouvernaient. Et si nous observons le cours de l'histoire de l'humanité, la liberté, comme nous, la comprenons : la liberté d'expression, la liberté religieuse, toutes ces libertés que nous pensons acquises dans notre vie quotidienne, ne sont en réalité pas la règle. Elles ont été l'exception.

Alors, bon, ce que ceci nous dit, c'est qu'elle vit dans l'esprit de l'homme, mais ne fais pas partie du comportement humain. Et que cette nouvelle notion concernant les droits qui viennent de son créateur, de Dieu, n'est apparue que pendant les 200 ou les 300 dernières années (…) tous ces concepts sont incroyablement nouveaux. Et ce qui est sûr sur la nature humaine, c’est qu'ils sont constamment défiés. Souvent, dans le monde entier, nous voyons que, même quand la démocratie et la liberté avancent, il faut les conserver et il faut persévérer. »

La première chose à souligner et ce terme d'une soi-disant sens humaine, invariable, quelque chose de très typique de l'idéalisme philosophique et qui a été dépassé par la vision maxi et matérialiste du XIXe siècle. Les instincts naturels de l’être humain n'existe pas, ils sont la conséquence des conditions sociales et de l’époque. La liberté en tant qu'aspiration a été comprise de différentes façons tout au long de l'histoire de l'humanité. Ce n'est pas un concept univoque ni exempt de conflits encore aujourd’hui.

Maintenant, la liberté, comme la comprend le « philosophe », Rubio est la liberté bourgeoise comme on commence à la comprendre à l'époque de la montée de la bourgeoisie et de l'aggravation des contradictions entre celle-ci et les autres classes de la société.

Il y a 200 ou 300, précisément, ces idées qu'aujourd'hui ce penseur met devant nous comme la somme la plus achevée de l'esprit humain ont commencé à mûrir et elles ont atteint leur expression la plus haute avec la Révolution Française de 1789 quand elles se sont présentées sous la forme d'idéaux abstraits comme « liberté, égalité, fraternité. »

À la différence de la vision de Rubio, déjà contaminée par le puritanisme religieux qui fait intrinsèquement partie de la politique et de la société nord-américaines, les idéaux de la bourgeoisie française incarnaient un esprit profondément anti-religieux grâce auquel on se dépouillait d'une partie du mysticisme qui a accompagné toutes les déclarations de principe de la bourgeoisie nord-américaine.

L'essence du projet de liberté défendu par Rubio qui n'a rien d'original ni de nouveau est de comprendre celle-ci dans le sens de démocratie bourgeoise et de libertés bourgeoises, présentées comme liberté de religion, d'expression, etc…

Cette perspective occulte deux questions qui sont vraiment centrales pour la domination :

la première, ce sont les limitations de la démocratie bourgeoise comme véritable véhicule de l'expression populaire. La réalité de ce modèle est que la véritable structure du pouvoir reste fermement dans les mains du pouvoir économique bien que les visages visibles de la politique changent. Et les visages visibles de la politique sont souvent des salariés de ce pouvoir économique.

La seconde question concerne la liberté d'exploitation. Derrière cette façade, liberté, se cache la principale liberté que la bourgeoisie à conquise pour elle-même : celle d'exploiter le prolétariat au bénéfice du capital. Pour cela, et pendant des siècles, on a dépouillé une classe des moyens de production et l'autre a accumulé massivement du capital. Cette tendance n'a rien été d'autre que continuer à se renforcer en ajoutant aujourd'hui la précarisation croissante des conditions de travail et de vie de la classe ouvrière.

C'est notion de démocratie et de liberté présentée sous l’angle particulier sous lequel le pouvoir nord-américain les comprend et présenter comme des bénéfices qui ne sont pas permanent, armes et doivent être préservés. Fais partie de la logique qui soutient l'impérialisme nord-américain. L'évolution des empires dans l'histoire montre le passage de la reconnaissance la plus dépouillée du fait qu'ils agissaient au nom du pouvoir et de la gloire jusqu'à présenter leurs entreprises de rapide comme des campagnes humanistes et civilisatrices.

L'esprit protestant et la profonde religiosité imposent un signe moral sur toutes les actions de l'empire nord-américain. Pour justifier des guerres grossières pour le pétrole ou d'autres ressources naturelles, ils construisent des récits dans lesquels le bien lutte toujours contre le mal.

Pour préserver la liberté et la démocratie et apporter ces hautes conquêtes de l'esprit humain à d'autres peuples sur la face de la terre, les États-Unis possèdent des flottes sur les océans et des centaines de base militaires dans le monde entier. Ce n'est pas vulgaire impérialisme mais, comme dirait le philosophe Rubio, une défense des droits accordés par le créateur. La paix grâce à la force est une mission divine. Et la liberté voyages sur la la pointe des fusils des marins nord américains.

Ces notions simples, présentées comme de véritables pré-idéologies,  sont celles qui font bouger toute la rhétorique du pouvoir aux États-Unis.

En faisant appel à elles, le secrétaire d'État donne un prix à un agent financé par eux, renforce le blocus contre Cuba, persécute les brigades médicales qui sauvent des vies dans des dizaines de pays ou envoie ses armées dans les Caraïbes pour menacer le Venezuela en inventant un cartel fictif.

En vérité, si on regarde l'histoire, nous pouvons affirmer catégoriquement que le mieux pour les peuples, c'est que jamais ne descendent sur cette combinaison mortelle de liberté et de pax americana avec son étoile de destruction et de mort.

Source en espagnol :
https://www.resumenlatinoamericano.org/2025/09/12/pensamiento-critico-marco-rubio-filosofo-de-la-libertad/
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