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Venezuela : Grenell change la donne

28 Septembre 2025, 16:09pm

Publié par Bolivar Infos

 

Par  William Serafino

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar infos

Deux déclarations de Richard, Grenell, l'Envoyé spécial du président Donald Trump au Venezuela, ont été suffisantes pour introduire un tournant sur la scène. Il n'y en a eu que deux mais en quelques jours seulement. La première déclaration a été faite dans le contexte de la CPC, au Paraguay, où a eu lieu la conférence conservatrice la plus ancienne et la plus importante importante des États-Unis. La seconde a été faite au média CBS. Dans les deux, en plus de présenter sa réunion avec le président vénézuélien fin janvier de cette année comme une décision de Trump, il a plaidé pour des négociations et lancé un mot qui pourrait s'interpréter comme une proclamation : « Éviter la guerre. »

Ces positions, après des mois de silence de l’envoyé spéciale  tandis que Rubio captait toute l'attention et imposait son ordre du jour de militarisation du continent en vue de projeter le pouvoir géopolitique des États-Unis vers le Venezuela, sont un acte de désaveu du secrétaire d’État conseillé par intérim à la sécurité nationale au niveau institutionnel et de son programme d’action.

Comme effet immédiat, la déclaration de Grenell a déterrer des ruines un concept que l'ancien sénateur croyait avoir sorti du Gouvernement Trump : le dialogue. Le mot est revenu dans les médias, il a modifié la conversation politique sur le sujet et exposé les faiblesses de l'offensive guerrière dirigée par le Cubano-étasunien qui, après avoir dirigé politiquement pendant plus d'un mois un déploiement militaire dans les Caraïbes qui n'a aucun antécédents immédiat facilement identifiable, n'a réussi à montrer comme réussite seulement trois soi-disant bateaux de trafic de drogue détruits lors d'exécution extrajudiciaires, l’attaque d'un bateau de pêche au thon et deux provocations dans lesquels le Gouvernement vénézuélien n'est pas tombé.

La réalité est très loin des promesses du secrétaire d'État. Il n'y a pas de saisie de drogue systématique dans les Caraïbes bien que cela n'ait jamais été écarté comme l’a prouvé récemment la réalisation d'opérations de faux destinées à incriminer le Venezuela dans des délits de trafic de drogue. Il n'y a pas eu non plus de fracture dans le haut commandement politique et militaire. Et le Gouvernement vénézuélien à éviter je m'en intelligemment les provocations conçues pour créer un casus belli. Les raisons artificielles qui avait été publiées dès les premiers jours d'août pour justifier le déploiement sont soumises à l'érosion à cause du soleil des Caraïbes sans pitié.

Ne pas avoir de résultats n'est pas synonyme d'avoir des résultats contre-productifs. Souvent, on a le premier sans nécessairement tomber dans le second. Dans le cas de Rubio,  sa pénurie de résultats s’est traduite par des problèmes pour Trump.

Au Congrès où, dans les deux chambres, les démocrates ont pris les attaques mortelles dans les Caraïbes comme un front de bataille parlementaire préfigurant même d'éventuelles investigations futures contre le président républicain pour violation grave de la loi des États-Unis.

Dans la région, qui s'oppose majoritairement au déploiement ou, au moins, l'observe avec scepticisme. L'axe Brasilia-Bogotá–Caracas, démantelé après l'opération putschiste du 28 juillet de l'année dernière, s'est reformé. La CELAC, au moins momentanément, et sorti de sa léthargie, en tentant d’occuper le vide d’autorité  régionale qu'elle a encore en réserve. En terme d'économie politique, l'attaque des trois barques, les assassinats perpétrés et la chorégraphie menaçante du déploiement ont un rendement négatif concernant l'objectif initial et encore plus si on le compare aux effets contraire qu'ils ont précipités.

Au moins pour l'instant, l’opération et sa contrepartie, le déploiement naval, sont au point mort, et plus le temps passe, plus les dilemme qui se présentent à Rubio sont importants.

Continuer à attaquer des bateaux de « trafic de drogue », ne représenterait aucun changement mais confirmerait l'idée que mobiliser des destroyer lance-missiles et d’autres moyens pour obtenir des réussites quantitatives et qualitatives en la matière était disproportionné. De plus, cela ferait monter la pression au Congrès et amènerait de nouveaux feuillets au dossier dans lequel est certainement rassemblée la mémoire des crimes de Trump. Cela ferait monter les tensions dans les relations avec des pays avec lesquels le républicain veut continuer à opérer dans les lignes maîtresses de son programme politique et idéologique: la guerre commerciale grâce à des droits de douane, pas le trafic de drogue.
 
Mais d'autres part, ne pas persister et se retirer créerait une perception de défaite, géopolitique et personnelle tellement potentiellement destructrice qu'elle pourrait lui coûter son poste, c'est pourquoi ce scénario serait écarté pour le moment. Enfin, le moment actuel impose à Rubio des urgences particulières pour résoudre le nœud logistique et politique qui brûle sous le soleil des Caraïbes. Connaissant sa faiblesse d’esprit et la faiblesse de son idéologie et de son comportement, la réponse est logiquement l'escalade. Une escalade probablement circonscrite à ce que le média NBC News a révélé récemment : les sources consultées au Pentagone indiquent qu'une attaque militaire est en préparation en territoire vénézuélien, sans doute avec des drones.

Cela implique une aggravation de l'escalade avec des conséquences difficiles à prévoir, mais avec des risques que Marc Esper, le ministre de la défense de Trump, envisageait déjà en 2020. Dans son livre « A Sacred Oath: Memoirs of a Secretary of Defense During Extraordinary Times », il raconte comment il a réussi affaire, échoué des options militaires qui étaient déjà prête. Selon l'ancien fonctionnaire, il s’oppose à ces mesures parce que Maduro rassemblerait le soutien de la solidarité et que cela compromettrait la réélection de Trump, basée sur la promesse d'en finir avec les guerres.  La résistance d’Esper a réussi à changer le point de vue envers des actions non cinétiques à risque limité comme la capture du bateau iranien chargé de combustible à destination du Venezuela, dont on se souvient.

Mais n’oublions pas Grenell, qui a été silencieusement derrière ces derniers mouvements et la cause principale du fait que le Cubano-étasunien prend des mesures accélérées pour sauver sa stratégie. Ces déclarations, évidemment, étaient pensées pour défier le secrétaire d'État et exploiter politiquement la faiblesse de ses résultats, mais en même temps avec l'idée d'éviter que Trump finisse par être convaincu d’entreprendre une action militaire ouverte contre le territoire vénézuélien. Grenell, beaucoup plus sage et  intelligent que Petit Marco, a profité de la révélation de la lettre du président Maduro que Trump n'a pas condamnée et du commentaire du président républicain dans lequel il a nié avoir discuté d'un changement de régime. Ceci s'est accompagné par la liquidation du récit du « cartel des soleils », une fiction de propagande qui est sortie du vocabulaire présidentiel, ces dernières semaines.

Pendant c'est presque deux mois, Grenelle, à parler avec Maduro, un fait confirmé par la lettre et des déclarations de l'Envoyé spécial. J'espère que les conditions mûriront et que le secrétaire tombera dans un dilemme stratégiques pour lancer son alternative à celle de l'ancien sénateur : un accord qui évite la guerre. Une expression qui a beaucoup à voir avec la défense et la correction des ordres dans le monde MAGA, infiltré par le bellicisme de l'ancien sénateur de Floride à tel point que le défunt Charly  Kirk, une des voix les plus influentes du trumpisme, a soutenu fermement les actions militaires illégales dans les caraïbes.

On a l'habitude d'associer Grenell à une position de soutien à Maduro. Mais il n'en est pas ainsi. En effet, dans d'autres circonstances, l'envoyé appliquerait son propre modèle de coup d'Etat. L'argument de Grenell est puissant : Petit Marco veut t'amener à une guerre qui, en dernière instance, a comme objectif de transférer le pouvoir à un secteur de l'opposition qui a démontré son incapacité politique avec le « projet, Guaido. »

De plus, un conflit armé ne convient pas maintenant, et il y a des priorités plus importantes qui exigent tous les efforts des leviers de projection du pouvoir. ,Rubio, répond certainement à ceci en offrant à trois, la réserve de pétrole, la plus grande du monde et un succès géopolitique, retentissant, surestimant à nouveau le pays et mini l'éventuel marécage dans lequel il tomberait. On ne peut pas écarter l'idée que, dans le fond, cette offensive ait, parmi ses buts, celui d’affaiblir Trump pour profiter de son obsessionnelle carrière pour la présidence.

Si le chef de l'État de la première puissance militaire du monde de plus en plus remise en question, pense ingénument Roubi, ne fais pas de calcul pervers envers Trump, il vaudrait mieux que nous continuons à nous préparer au pire. Si il en est ainsi, la petitesse  politique de Trump l'entre pas dans les vues d'un homme d'État, comme Maduro.

Tout semble indiqué que Trump continue à soupesé les options. Grenelle, sans prendre les risques et les coûts élevés d'un conflit armé, lui offre l'accès à une petite partie de cette réserve par l'intermédiaire de Chevron.  C'est un objectif plus modeste que celui du secrétaire, mais sans aucun doute, plus réalisable et moins coûteux. C'est dans cette dialectique de coûts et de bénéfices que se décideront les prochaines étapes. La balle est dans le camp du magnat républicain qui a fait l'éloge de sa capacité à sacrifier des objectifs idéologiques pour des affaires lucratives, une tâche dans laquelle Grenell a été efficace et loyal à plus d'une occasion et qui est exactement ce qui manque au secrétaire d’État.

Source en espagnol :
https://www.telesurtv.net/grenell-cambia-el-juego-william-serafino/
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