Venezuela: Venezuela, trafic de drogue et piraterie dans les Caraïbes.
Par Vocesenlucha
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos
Sur l'autoroute internationale Simón Bolívar qui relie le Venezuela et la Colombie, à la hauteur de Villa del Rosario, près de la municipalité de Cúcuta dans le Nord de Santander, du côté colombien de la frontière, un énorme panneau publicitaire en anglais, dit : «“Reward increase off up to”, « Augmentation de la récompense à … », avec le chiffre de 50 000 000 $ à côté du visage de Nicolas Maduro et de 25 000 000 à côté de celui de Diosdado Cabello.
Ce n'est que l'un des premiers chapitres insolite vécu ces dernières semaines sur notre planète écervelée à propos de cette terre vénézuélienne. Une pareille folie, plus propre à un western yankee qu’à la réalité, n'est pas une plaisanterie macabre mais a ses références dans l’anti-politique des États-Unis, qui, dans leur aventure d'ingérence, ont finit par nous habituer à ce que le démesuré soit normal.
Le 7 août dernier, Pam Bondi, procureur général des États-Unis, annoncé l'augmentation de la récompense offerte sous le premier mandat de Trump, pour des informations qui conduiraient à l'arrestation du président du Venezuela, Nicolas Maduro, à 50 000 000 de dollars, du ministre de l'intérieur, de la paix de la justice Diosdado Cabello, à 25 000 000 de dollars et du ministre de la défense, Vladimir Padrino, à 15 000 000 de $.
À l'ère de l'intelligence artificielle, le réseau médiatique impérialiste est habile pour combiner toutes les formes de diffusion pour occuper tous les espaces. Et cela inclut les outils traditionnels. La résistance est également organiser un réseau et apparaît là où on s'attend le moins. Ce panneau publicitaire n'est resté que quelques heures parce qu'un homme qui passait par là et avait le sens de la dignité a retiré l’énorme plastique qui couvrait le panneau, l’a enroulé comme une couverture et est remonté dans sa voiture.
Avant cela, les milliers de personnes qui passaient par l’autoroute Simón Bolívar, si elles parlaient anglais, pouvez lire les accusations contre le président et le ministre pour « conspiration de trafic de drogue, conspiration d'importation de cocaïne, conspiration pour utiliser et porter des armes à feu et des engins de destruction pour encourager un délit concernant la drogue. »
La suite de cette nouvelle aventure de l'empire des États-Unis, pleinement cohérent avec ce qui précède, et la présence de 3 destroyers lance-missiles avec de 4000 marins à bord, déployer dans les eaux des Caraïbes, face aux côtes, du Venezuela, soi-disant pour lutter contre le trafic de drogue en provenance du Venezuela vers les États-Unis. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a afirmé qu'ils sont prêts à « utiliser tout leur pouvoir pour freiner le « flux des drogues vers le pays. »
Quelques jours plus tard, le nombre des effectifs yankees a augmenté. Aujourd'hui, il y a 8 bateaux de guerre, 1 200 missiles et 1 sous-marin nucléaire pointés sur le Venezuela. Parmi ses bateaux se trouve le croiseur lance-missiles guidés USS Lake Erie. On ne sait pas exactement combien il y a de militaires. Les informations parlent d'environ 4 500 parmi lesquels 2 000 marins dont les fonctions habituelles n'incluent pas les opérations contre la drogue.
Le 2 septembre dernier, les États-Unis ont diffusé une vidéo douteuse sur laquelle ça flotte impressionnante, aurait abattu avec un missile, une petite barque soi-disant chargée deux drogues, sur laquelle se trouvaient 11 Vénézuéliens. Si cet acte de piraterie est vrai, il est pour le moins curieux qu’un tel déploiement naval, d’une asymétrie disproportionnée par rapport la barque, viole la procédure habituelle dans ces cas. Au lieu de monter à bord du bateau, de confisquer sa soi-disant marchandise, d’arrêter les soi-disant trafiquants et de les présenter comme preuves, on décide de réduire la barque, grâce à un missile, au néant existentiel.
Quelques jours plus tard, le Trump disait qu'au total, trois bateaux avaient été détruits face au Venezuela, avec une seconde attaque « dans la zone de responsabilité du Commandement Sud », qui aurait coûté la vie à 3 « narco-terroristes vénézuéliens ». Washington ne donne toujours pas plus de détails sur ces événements supposés.
Ce qui est vrai, c'est que le 13 septembre, un destroyer lance-missiles et 18 marins avec des armes longues ont attaqué illégalement un bateau de pêche vénézuélien avec 9 pêcheurs de thon comme membres d'équipage dans les eaux des Caraïbes appartenant à la zone économique exclusive du Venezuela. Comme des pirates, ils ont attaqué et retenue l'épaisseur pendant 8 heures sans qu'ils puissent communiquer. Un acte de provocation évident, « pour fabriquer des prétextes d'aventure guerrière », affirmer le communiqué de la chancellerie. Les arguties des médias pour justifier face au monde cette escalade criminelle qui viole tous les accords du droit international sont d'essayer de lier le Gouvernement du Venezuela avec le trafic de drogue. Ce n'est pas nouveau et cela se met en marche chaque fois que les intérêts du grand capital affûtent leur machinerie de guerre pour raser les institutions souveraines et la résistance du peuple de pays ou de territoires pour s'approprier leurs ressources. Armes de destruction massive, programme nucléaire, bombe atomique, yihadisme, terrorisme, trafic de drogue… pour Jacques, réalité, en fabrique une vitrine. L'infection des consciences et conçusse millimètres par millimètre dans les laboratoires de guerre néocortical.
Toutes les autres options, ayant été épuisées, le récit fiction précède l'attaque militaire. Dans le cas du Venezuela, il consiste à rendre crédible la fable qui place le Gouvernement vénézuélien à la tête du « Cartel des Soleils ».
Ceux qui possèdent vraiment des armes de destruction massive, ceux qui ont tiré deux bombes atomiques, une fois la seconde guerre mondiale gagnée, ceux qui s'enrichissent avec le négoce de l'industrie de l'armement, ceux qui ont alimenté et formé les talibans, ceux qui emplissent le monde de terrorisme et de terreur d'État, ceux qui contrôlent et administrent la distribution de la drogue, ceux qui injectent leurs bénéfices dans les cloaques du capital financier, se donnent le luxe d'inventer des armes ou des bombes atomiques là où il n'y en a pas et se donnent le luxe d'inventer un récit sur le Venezuela que leurs propres données et les données des organisations décadentes du droit international, né avec la création de l'ordre mondial de l’après-guerre, démentent.
De nouvelles informations rendent plus grave. Le scénario de crise dans les Caraïbes. Samedi 13 septembre, Trinité-et-Tobago a approuvé le déploiement naval et fait état d’une soi-disant opération au cours de laquelle aurait été saisi un bateau en provenance du Venezuela avec 268 kg de marijuana. Le dimanche 14, des avions de combat F-35 du corps de la marine des Etats-Unis atterrissent à Porto Rico. Mardi 17, par 33 voies pour 20 contre, le Sénat colombien « déclare politiquement le « cartel des soleils », organisation criminelle, transnationale, liée au trafic de drogue, au blanchiment d'argent et au financement de groupe, terroristes. » Quelques semaines plutôt, le président Petro avait assuré que le cas de soleil « n'existe pas. .. C'est l'excuse fictive de l’extrême-droite pour renverser des Gouvernements qui ne lui obéissent pas.»
Les efforts des autorités vénézuéliennes pour démanteler Les groupes de trafiquants de drogue sont permanents. Cette année, le Gouvernement a saisi plus de 60 tonnes de narcotiques. Précisément, le matin de lundi 15 septembre, 3 1680 kg de cocaïne ont été saisis dans l'état de Falcon en provenance de la Guajira Colombienne, la même route qui avait été suivie par l'opération Gédéon en 2020. Le Venezuela dénonce cette tentative comme une opération de faux drapeau pour la faire entrer dans le cadre de l'agression actuelle. Dans ce contexte, les grands médias internationaux jacassent à l'unisson le même récit. Ils légitiment les attaques et donnent de la crédibilité au récit du narco-terrorisme au Venezuela un efforçant de renvoyer d'eau à dos, Trump et Maduro sous la logique d'une escalade de tension fondée par la folie des deux président en occultant, le caractère illégal, illégitime et impérialiste du déploiement.
Sur les réseaux sociaux circule une vidéo du commandant Chávez qui avait prévu cette réalité et faisait un parallèle avec l'invasion du Panama, en 1989 : « La nation la plus agressive dans l'histoire de l'humanité. Ils ont osé lancer deux bombes atomiques sur des villes sans défense. Ils ont envahi le Panama, ils ont bombardés et tué des milliers de personnes, ils ont brûlé un quartier entier pour emmener Noriega et celui qui était le président du Panama est en prison là-bas. »
Le commandant continue en affirmant qu'il existe une opération conçue des années auparavant par le Pentagone : « Il y a plusieurs années, quelqu'un me l'a dit : « Ils vont finir par t'accuser de trafic de drogue… Ils vont essayer de t'appliquer la formule Noriega. » C'est l'un des plans qui se sont développés aux États-Unis. Ils cherchent la façon d’associer Chávez directement au trafic de drogue, et ensuite tout est valable contre un trafiquant de drogue qui est président. Un voyage dans n'importe quel pays du monde, un commando arrive et l'emmène. »
La voix de Chávez s'élève depuis d'autres paysages, mais le processus Boli Varien qu'il a engagé est toujours debout et son avis prophétique plane sur le président Nicolas. Les médias hégémoniques viennent au secours du récit qui situe le Venezuela comme « épicentre du terrorisme ».
L'hypocrisie qui continue à bousculer le toit de l'histoire. Les États-Unis sont les plus importants consommateurs de drogues de la planète. 1 Etasunien sur 4 et dépendant d'un stupéfiant. Environ 100 000 personnes meurent par surdose en un an, 80 % à cause du fentanyl, la drogue synthétique des pauvres. Washington connait sur le bout du doigt les routes de la drogue: la cocaïne est semée essentiellement en Bolivie, au Pérou et en Colombie, et la route vers le nord ne passe pas par les eaux des Caraïbes. 87 % de la drogue qui est aux États-Unis passent par le Pacifique. Les routes principales de sorti sont le Mexique, l'Amérique centrale et l'Equateur, pas le Venezuela. le penseur vénézuélien, Louis Britto, Garcia remet en question le fait que le potentiel des États-Unis ne sois pas capable de localiser et d'arrêter ces routes. Ou peut-être cela ne les intéresse-t-il pas ? « L'ancien agent de la CIA Edouard Snowden, dans son livre « Surveillance permanente » (éditions Planeta, 2019), témoigne que Ira Hunt, le directeur de la technologie de la CIA, a déclaré sans vergogne : « Nous avons pratiquement à notre portée la possibilité de gérer toute information générée par l'être humain. » La surveillance par satellite permet à Google Earth d'examiner en temps réel n'importe quel mètre carré de la superficie de la terre. Il serait très étonnant que les seuls qui échappent à cette super surveillance soient les trafiquants de drogue ou leur complice dans le Gouvernement et le système financier des États-Unis. »
Le journaliste d’investigation Seth Harp, dans son livre « Le cartel de Fort Bragg » révèle la participation d'unités d'élite des forces spéciales des États-Unis entraînées à Fort Bragg comme la fameuse Force Delta chargée d'opérations secrètes et cachées au trafic de drogue: « La majeure partie du trafic de drogue et de la production de drogues est menée à bien par des chefs militaires, des chefs de la police et des commandants des milices payés par les États-Unis, dans une structure corrompue, » assure Harp.
La fameuse administration pour le contrôle des drogues, la DEA, qui combat, soi-disant le trafic et la consommation de droits aux États-Unis, et, comme le signal, tant de chercheurs, l'organisme chargé d'administrer le trafic de drogue : dégager des routes, négocier avec les réseaux criminels, les Gouvernements et les corps de sécurité et assurer l'entrée de la drogue aux États-Unis. Pour les classes dominantes, ce n’est pas un suicide social mais des bénéfices conséquents. Le crime organisé s’incère de façon structurelle dans les institutions politiques et financières de géant du Nord. Selon les rapports de la DEA elle-même, les États-Unis sont le principal centre de blanchiment d'argent du crime organisé international du trafic de drogue. Quel est le véritable narco-État ? « Les narcotiques se trafiquent sur terre, dans les airs et sur la mer, grâce à système complexe qui comprend le financement bancaire, le soutien des policiers qui devraient le combattre, la complicité du Gouvernement et des réseaux de distribution omniprésents qui fournissent les consommateurs, » affirme Britto.
Un rapport de l'ONU signale que le Venezuela ne produit pas de drogues et qu'il est libre de cultures, de laboratoires et de blanchiment d'argent du trafic de drogue. Les rapports de la DEA elle-même révèlent que le Venezuela se situe hors des route du trafic de drogue. Aucun de ses rapport ne signale le Venezuela comme producteur ou distributeur de narcotiques. Aucun de ces rapport n'évoque le Cartel des Soleils. Serait-ce que tout simplement, il n'existe pas ?
Le Venezuela est un pays en guerre depuis plus de 20 ans. Une guerre économique, multidimensionnel, hybride, cognitive, de quatrième génération, néocorticale… Les catégories qui essaient de rendre compte de la combinaison des multiples formes d'attaques criminelles contre ce peuple sont nombreuses. Mais ce moment est inédit. Pendant les 25 ans de Révolution Bolivarienne, la réalité d'une attaque militaire n'a jamais été aussi proche. Ce n'est pas par hasard et ça ne répond pas à un vrai caprice de Trump. Dans leur guerre contre la Chine et les BRICS, les États-Unis ont besoin de contrôler les plus grosses réserves de pétrole de la planète et ils ne voient pas comment s'approprier les immenses ressources du du Venezuela. Ils ont essayé presque toutes les façons de renverser le Gouvernement et d'en finir avec le processus populaire. L'opposition terroriste dirigée par Maria Corina vaincue et discréditée et les pires moments de la guerre économique surmontés tout deux, le Gouvernement et la Révolution, vivent un moment de force et de refondation. Ajouté à cela l’énorme crime contre l'humanité que représente le génocide en Palestine, il n'est pas absurde de penser à la possibilité réelle d'une intervention. Nous ne connaissons pas les intentions réelles des États-Unis. Un retour immédiat des bateaux apporterait une nouvelle victoire morale et politique au Venezuela. Une attaque militaire directe nécessiterait beaucoup plus de forces militaires et pourrait engager d'autres forces géopolitiques dans une éventuelle escalade régionale et mondiale que les États-Unis doivent mesurer. Tout indique que cette crise dans les Caraïbes durera des mois. Mais qui paie cet énorme déploiement ? Le coût pour maintenir face au Venezuela chaque destroyer et ses effectifs militaires est estimé à environ 8 000 000 de dollars par mois.
Sur la vidéo, Chávez poursuit: “Fidel m'a dit : « Regarde, Chávez, s’il nous arrive cela, à toi ou à moi, qu'ils nous envahissent, la dernière chose que nous pourrons faire, c'est ce qu'a fait Saddam, se mettre dans un trou. Il faut mourir en combattant, Chávez, ici, sur la première ligne de bataille. » La menace de l'empire a provoqué les alarmes au Venezuela : « Face à la plus forte pression militaire, nous, nous avons déclaré la plus forte préparation pour la défense du Vénézuéla, » a affirmé le président Nicolas. L'impérialisme euro-étasunien menace le plus précieux de ce sol, ce qui a coûté tant de sang et de sacrifices. Ce n'est pas rien, ce qui est en jeu. La souveraineté, le projet socialiste et les espoirs de l'humanité. Le peuple vénézuélien se prépare pour ce qui arrivera.
État de Trujillo, Venezuela, 17 septembre 2025
Source en espagnol:
https://www.resumenlatinoamericano.org/2025/09/20/venezuela-narcotrafico-y-pirateria-en-el-caribe/
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