Brésil : Des législateurs brésiliens rencontrent des dirigeants des pays du Sahel
par Pedro Stropasolas
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos
Lundi 15 septembre, des parlementaires brésiliens ont rencontré à São Paulo des dirigeants des nations du Sahel pour tracer des voies de solidarité envers les luttes de libération nationale dans la région. Cette rencontre a été organisée par l'Assemblée Internationale des Peuples (AIP) et le Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (MST).
Les députés fédéraux Orlando Silva (PCdoB-SP), Valmir Assunção (PT-BA) et João Daniel (PT-SE), et la députée d’État Rosa Amorim (PT-PE) ont participé à cette rencontre qui a aussi réuni des dirigeants de mouvements populaires, des représentants de fondations liées à des partis brésiliens et des enseignants.
Parmi les invités internationaux se trouvaient Amina Hamani, du Niger, dirigeante du Mouvement Révolutionnaire des Femmes Panafricaines (MORFEPAN); Ibrahima Kebe, du Mali, coordinateur de la Ecole Modibo Keïta; Inoussa Ganbaaga, du Burkina Faso, membre du Comité Mémorial Thomas Sankara (CIMTS) et Kounharè Dabire, également du Burkina Faso, secrétaire général de la Coordination Nationale des Associations de Surveillance Citoyenne (CNAVC).
« le Sahel a besoin de la solidarité de tous les peuples du monde. Tout ce qui lutte contre l'impérialisme doivent s'unir pour défendre le sel, » a déclaré Ibrahima Kebe, du Mali.
Le chemin vers la souveraineté au Brésil et en Afrique
Pendant la réunion, ont été partagées, les transformations sociales, économique, politique et culturelles quand tu lui au Burkina Faso, au Mali et au Niger, et ont donné lieu à la création de L'alliance des États du Sahel (AES). On a aussi envisagé des plaintes et des critiques contre l'impérialisme français et étasunien en démontrant qu'ils font partie du même projet de domination et d'exploitation des ressources naturelles et des peuples.
« Nous avons des défis politiques différents mais nous avons des problèmes communs au Brésil et dans les pays périphériques. La lutte pour la souveraineté, la lutte contre le vol de nos richesse. Nous affrontons aussi cela, au Brésil, » a dit Rosa Amorim.
Selon la parlementaire, le Sahel est aujourd'hui une préoccupation internationale et il faut construire une solidarité mondiale pour les luttes dans la région. Elle a souligné l'initiative du MST d'accueillir des dirigeants de ces pays dans les camps et les logements du mouvement: « Construire et renforcer nos relations entre les pays d'Afrique et le Brésil, c'est sauver notre propre histoire. Nous avons souffert d'une perte historique de cette relation. »
Cette réunion a eu lieu à la Maison Carlito Maia, dans le centre de São Paulo. Luc Damiba, conseiller spécial du premier ministre du Burkina Faso y a également assisté. Le dirigeant du mémorial Thomas Sankara a souligné l'importance de cette rencontre avec des parlementaires brésiliens, étant donné que la réalité du Sahel au niveau international est dominée dans une grande mesure par les médias qui diffusent la « voix impérialiste occidentale. »
Il a souligné le travail conjoint de L'alliance des États du Sahel, il y a deux ans, le 16 septembre 2023 : « Un objectif plus ambitieux est de surmonter cette crise de la sécurité. Nous avons une fédération avec un seul drapeau, un seul hymne et nous travaillons pour une monnaie commune. »
« Le terrorisme est financé par les pays occidentaux. Nous n'avons pas d'usines d'armes mais celles-ci continuent d'arriver. L'impérialisme a affaibli l'Etat et facilité l'exploitation des minerais par des multinationales étrangères. Dans tous les pays africains où il y a une guerre, les compagnies minières ne ferment pas. La crise a été créée pour qu'il n'y ait pas un pouvoir fort qui s'oppose à cette exploitation, » a ajouté Damiba et il a souligné la présence de groupes jihadistes au Sahel.
Association entre parlementaires
Le député fédéral Orlando Silva a proposé la diplomatie et l'échange entre les parlementaires brésiliens et ceux des pays du Sahel. Selon lui, cette collaboration pourrait avoir des répercussions dans d'autres domaines.
« Le Brésil a la plus grande diaspora africaine du monde. Je suis né à Salvador, l'une des villes les plus noires du monde, et nous n'avons pas pu, même avec les efforts du président Lula qui a cherché un rapprochement avec l'Afrique, avoir une relation diplomatique et politique au niveau que l'Afrique mérite, » a-t-il affirmé.
Amina Hamani, du Níger, a souligné le soutien de la diaspora et le soutien massif du peuple pendant les protestations qui se sont achevées par le soulèvement qui a amené au pouvoir Abdourahamane Tchiani le 26 juillet 2023 : «il y a eu de grandes manifestations à Niamey quand les militaires ont pris le pouvoir. Ces manifestations ont débuté dans la capitale, Niamey, et se sont étendues dans différentes régions du pays. Il y a eu un grand soutien de la diaspora, des femmes et des jeunes, qui portaient des drapeaux des et des slogans anti-impérialistes. »
Un autre parlementaire, le député fédéral João Daniel, est intervenu. Il a attiré l'attention en affirmant que l'Afrique n'a jamais été une priorité. » Il s'est offert à contribuer au mouvement de rupture en cours dans le Sahel : « Cette obligation est l'obligation minimale d'un parlementaire de gauche : utiliser le Parlement pour contribuer à ce processus de coordination et de soutien international. »
Propositions conjointes
Valmir Assunção À souligner la façon dont la France et d'autres pays impérialistes traitent des pays du Sahel. Il a tracé un parallèle avec la situation au Brésil et les attaques du Gouvernement du républicain Donald Trump, président des États-Unis : « C'est une attaque contre les ressources naturelles. Ils veulent les terres rares, comme (les Français et les Etasuniens) les veulent ici. C'est une lutte commune. »
Il a également souligné la création du groupe noir au Parlement brésilien en 2023. « après 525 ans » et la lutte conjointe pour combattre le racisme à la chambre : « La plupart des parlementaires s’y oppose. Le racisme est très fort, », a-t-il affirmé.
João Pedro Stedile, de la coordination nationale du MST, a présenté à la fin de la réunion un ensemble de recommandations qui avaient été discutées comme l'établissement de vols directs entre le Brésil et l'Afrique et la création d'une commission parlementaire de solidarité avec le Sahel qui inclue la possibilité d'un voyage de parlementaire dans les trois pays de l’AES.
La direction du MST a également mis l'accent sur le fait que le mouvement envisage d'envoyer des techniciens et des activistes pour soutenir la production d'aliments agro-écologiques et contribuer ainsi à garantir la souveraineté alimentaire dans une région en majorité paysanne. Seulement au Burkina Faso, 90 % de la population vit dans des zones rurales.
Stedile a aussi évoqué un autre domaine dans lequel le Brésil peut contribuer aux luttes pour la souveraineté dans le Sahel: « Nous avons une installation de recherche et de production pharmaceutique d'État, Fiocruz, qui produit des vaccins et des médicaments largement disponibles. »
Un autre sujet de discussion a été la possibilité que le Brésil collabore avec les pays du Sahel dans leur lutte pour la libération de la domination du franc CFA et la création d'une politique monétaire souveraine : « Les pays du Sahel ont besoin d'une nouvelle monnaie et le Brésil est l'un des huit pays du monde qui fabriquent du papier monnaie, » a affirmé l’économiste.
Source en espagnol :
https://www.resumenlatinoamericano.org/2025/09/25/sahel-legisladores-brasilenos-se-reunen-con-lideres-de-paises-del-sahel/
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