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Pensée critique : Le monde heureux du comité norvégien du Nobel

16 Octobre 2025, 16:34pm

Publié par Bolivar Infos

 

Par José Ernesto Nováez Guerrero

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar infos


Le comité norvégien du Nobel vit dans le jardin européen, un endroit merveilleux dans lequel la réalité ne se reflète qu'à travers un cristal très étroit dans lequel les brebis et les loups dorment ensemble, dans une paix et une harmonie saines.

En ce lieu idyllique, le comité a décidé que cette année, ses délibérations pour le Nobel de la paix seraient centrées sur la démocratie. Évidemment, la démocratie bourgeoise, cette saine valeur comprise comme le droit des pays riches à exploiter les pauvres et le droit des pauvres être exploités par leurs élites et par les pays riches.

Le mépris de ce sage comité envers tout pays ou tout Gouvernement qui s'oppose aux vertueuses valeurs occidentales, n'est pas surprenant. C'est pour cette raison qu’après une évaluation minutieuse dans laquelle n'est intervenu aucune tendance politique ou idéologique d’aucune sorte, ils ont pu annoncer au monde entier, le 10 octobre dernier, que le prix Nobel de la paix 2025 avait été décerné à rien moins que l'opposante vénézuélienne María Corina Machado.

Le comité a affirmé que Machado avait aidé à « maintenir vive la flamme de la démocratie face à une obscurité croissante. » Et il a ajouté qu'elle avait lutté pour « promouvoir les droits démocratique du peuple du Venezuela. »

En annonçant le prix, le comité Nobel a affirmé, en outre, le rôle de Machado en tant que « figure unificatrice » du mouvement d'opposition au Venezuela, et que « c'est précisément ce qui est au cœur de la démocratie : notre volonté de défendre les principes du gouvernement du peuple même si nous sommes en désaccord. »

Ce prix, en ce moment, permet des lectures géopolitiques intéressantes sur lesquelles il conviendrait de s'arrêter et de réfléchir.

La première et la plus évidente est le clair ordre du jour d'agression du Venezuela et son projet politique. Avec ce prix décerné à une dirigeante d'opposition qui aspire sérieusement à être présidente, on construit un autre Guaido, cette fois depuis un espace plus légitime symboliquement. D'autre part, le relief médiatique associé au prix la catapulte de figure politique locale à personnalité universelle, en lui donnant de nouveaux espaces et de nouvelles tribunes pour diffuser son discours de négation de tout ce qu’a représenté la Révolution Bolivarienne. De plus, cela crée les conditions pour pour que, si le Gouvernement engage une procédure pénale contre elle pour les nombreuses charges d'incitation à la violence et d'autres crimes contre l’ordre intérieur du pays qui lui sont reprochés, cela ait un coût politique élevé.

Cela se produit, en outre, à un moment où les États-Unis ont militarisé les Caraïbes sous le faux prétexte d'un cartel de la drogue dirigé par le Gouvernement du Venezuela et où leurs troupes commettent des assassinat extra-judiciaires dans les eaux internationales et violent systématiquement l'espace aérien vénézuélien.

Protéger de cette manière, une figure de l'opposition implique, d'une part, l'abandon de l'ordre du jour qui incluait l’Edmundo Garcia usé et d'autre part, répond à l'intérêt de « donner des possibilités » au président des États-Unis, au cas où il déciderait d'augmenter substantiellement les agressions contre Caracas. Dans ce cas, madame Corina devient une option pour la présidence dans un ordre du jour futur.

Le Nobel décerné à Maria Corina met également en évidence la capacité des puissances occidentales à donner de l'oxygène symbolique à des personnalités politiques qui paraissent usées.

Peu importe que, comme dans le cas de Maria Corina, son autorité et sa reconnaissance intérieure soient à leur niveau le plus bas. On peut la projeter internationalement et la transformer en politique pour une nouvelle campagne d'agressions en même temps qu’on oblige l'obéissante droite à se soumettre à son ordre du jour comme ils l' ont déjà fait avec l'ordre du jour tragi-comique Guaido.

Ce prix décerné à Maria Corina met également en évidence la profonde crise morale de l'occident. Maria Corina, dans son désir de paix, a été partisane de l'intervention étrangère dans son pays, et seulement depuis juillet 2024, son alliance avec des groupes violents a coûté de nombreuses vies et semé la terreur dans plusieurs villes et plusieurs états du Venezuela. Évidemment, à côté de Barack Obama (prix Nobel de la paix 2009) qui a organisé le début de la guerre civile en Syrie et envahi et détruit la Libye, Machado est un exemple de la promotion des droits démocratiques.

En plus de l'évidente polarisation et du discrédit croissant que subissent les Nobel en général, et le Nobel de la paix en particulier, ce qui est certain, ce que cette manœuvre politique contre le Venezuela bolivarien est, en plus d'être opportuniste, couarde.

Dans un monde dans lequel, pour ne citer qu'un exemple très connu, une entité sioniste commet un génocide et de nombreux Palestiniens et ressortissants d'autres pays risquent tout pour défendre la paix et la sécurité du peuple gazaoui, (je pense ici au personnel sanitaire, aux secouristes, à l'UNRWA, aux professionnels de la communication, aux membres des nombreuses flottilles qui ont tenté de briser le blocus criminel, à ceux qui ont engagé des poursuites judiciaires, à ceux qui ont risqué leur carrière et leur intégrité personnelle pour dénoncer ce crime), les illustres membres du Comité décident de regarder ailleurs.

Affronter le génocide israélien et son allié nord-américain, même symboliquement, a un coût que ni leurs gracieuses majestés suédoises ni les élites politiques suédoises et européennes  n’ont le courage d’assumer.

Il est plus facile de se joindre à la campagne contre un pays digne que de montrer du doigt un génocide. Le jardin et ses merveilleuses institutions continuent à nous donner de précieuses leçons concernant leurs véritables priorités.

Le véritable problème n'est pas que le Venezuela soit plus ou moins démocratique et sans doute, personne dans ce sage comité ne pense que madame Corina soit une référence en quelque domaine que ce soit et moins encore dans celui de la paix. Le véritable problème est que le Venezuela continue à s’obstiner à mettre ses ressources au service de son développement national et à refuser de se laisser voler pacifiquement son pétrole convoité.

Source en espagnol :
https://www.resumenlatinoamericano.org/2025/10/13/pensamiento-critico-el-mundo-feliz-del-comite-noruego-del-nobel/
URL de cet article :

https://bolivarinfos.over-blog.com/2025/10/pensee-critique-le-monde-heureux-du-comite-norvegien-du-nobel.html