Pérou : Dina Boluarte tombe pour incapacité morale permanente
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar, infos
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Cette destitution survient après des semaines de tension à Lima et dans plusieurs régions du pays où l'insécurité, la corruption et le mécontentement des citoyens avaient affaibli sévèrement l’image de Boluarte. Les forces politiques qui jusqu'à il y a peu soutenaient sa gestion ont finalement décidé de s'aligner sur la motion proposée par l'opposition.
L'accusation contre Boluarte est basée sur son incapacité morale permanente » à gouverner présumée, en particulier, en ce qui concerne l'augmentation du crime organisé et l'absence de réponse de l'État à la vague de violence. Le débat au Congrès a été bref et ferme et il a reflété le consensus entre les groupes pour mettre fin à son administration.
Par cette décision, le Pérou ajoute un nouveau chapitre à son instabilité institutionnelle : en moins de 10 ans, il a vu tomber 6 présidents, ce qui confirme une fois de plus la fragilité de son système politique et sa difficulté à soutenir des Gouvernements démocratiquement élus.
La défense de Dina Boluarte
Juan Carlos Portugal, l'avocat de Dina Boluarte, a publié un message sur le réseau X dans lequel il soutient que le Parlement a violé les droits de la défense et la procédure correcte en accordant à peine 50 minutes entre la notification et l'audience : « 50 minutes entre la notification et l'heure de l'audience, c'est simplement une violation de toute procédure. Nous ne l'accepterons pas ! » a écrit l’avocat.
Portugal a souligné que la procédure parlementaire « ne peut être confondue avec un acte décoratif ou une simple formalité », et a assuré qu'ils n’assisteraient pas au Congrès « dans ces conditions ». Dans son communiqué, il a accusé le Parlement de renoncer aux garanties démocratiques et a affirmé que le fait qu'une procédure soit légale « ne la rend pas automatiquement raisonnable ».
La crise politique s'est intensifiée après l'attaque armée contre le groupe de cumbia Agua Marina dimanche dernier alors qu'il donnait un concert dans un local de l'armée péruvienne à Lima. Quatre membres du groupe et un vendeur ont été blessés, ce qui a déclenché une indignation sociale et de dures critiques contre le Gouvernement pour son apparente passivité face à la violence qui affecte le pays.
Du fujimorisme à la gauche: un consensus politique inhabituel
Face a la pression sociale et à la crainte d'une explosion majeure, les parties qui joue qu'il y a quelques jours soutenaient Boluarte ont commencé à reconsidérer leur soutien. Lors d'une série de réunion d'urgence, les forces de différentes tendances politiques –du fujimorisme aux secteur de gauche– on communiquait leur décision d'accompagner la motion de destitution.
La proposition a été présentée initialement par Rénovation Populaire, un parti ultra conservateur, dirigé par le maire de Lima, Rafael López Aliaga, et elle a rapidement reçu le soutien de Force Populaire de Keiko Fujimori et d’ Alliance pour le Progrès, du gouverneur César Acuña.
S’y sont joints également Action Populaire, Le Pays Avance et divers groupes de gauche et indépendants. Ainsi, l'éventail politique qui va de la droite au progressisme semble être d'accord sur un point : la nécessité d'un « changement de direction » pour affronter la vague de criminalité qui frappe le pays.
Selon les porte-parole des députés, le Gouvernement de Boluarte a été «inutile » et « incapable », et sa destitution, affirme-t-il, serait une mesure « pour le bien du pays. »
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Source en espagnol :
https://www.resumenlatinoamericano.org/2025/10/10/peru-cayo-dina-boluarte-en-peru-el-congreso-aprobo-la-vacancia-presidencial-por-permanente-incapacidad-moral/
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