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Venezuela : La CIA a participé aux pannes d'électricité et à l'explosion de la raffinerie d’Amuay

22 Octobre 2025, 17:00pm

Publié par Bolivar Infos

 

Luigino Bracci

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar infos

Dans une interview récente accordée au journaliste Max Blumental du média The Grayzone, l'ancien militaire et « sous-traitant » des États-Unis Jordan Goudreau a donné une version précise des causes de l'échec de l'opération Gédéon –également connu sous le nom d’ « opération Edgement » –la tentative d'incursion armée ratée au Venezuela, le 3 mai 2020, destinée à renverser le président Nicolas Maduro, qui a provoqué l'arrestation d'au moins 23 personnes.

Surnommée ironiquement, « la baie des petits cochons  à cause de son exécution, désastreuse, le mercenaire Goudreau soutien que son plan était solide mais a été saboté de l'intérieur et de l'extérieur et que le principal facteur de l'échec a été le sabotage du renseignement des États-Unis.

La 21e minutes de l'interview, Goudreault affirme que l’entreprise The Rendon Group (une entreprise de « relations publiques » qui travaille avec L'agence Centrale de Renseignement (CIA) depuis les années 90 avait passé une décennie à faciliter ou à aider à faire des attaques contre les infrastructures au Venezuela que la CIA supervisait à travers des entreprises privées.

C'est ce qui se passe, « chaque fois que les lumières s'éteignent au Venezuela, » a-t-il dit. Il a mentionné les pannes survenues en 2019 mais il a aussi parlé d'une « raffinerie qui a été attaquée » et dans laquelle « des dizaines de Vénézuéliens sont morts, » évoquant probablement l'explosion dans la raffinerie d’Amuay en août 2012 qui a fait 39 morts et 80 blessés: « Cette attaque a été menée à bien par le renseignement des États-Unis en collaboration avec des saboteurs de l'opposition vénézuélienne. Il y a une longue histoire de la CIA travaillant avec eux. »
 
Le rôle des États-Unis, dans le coup d'Etat raté au Venezuela

Le mercenaire a également affirmé que la CIA avait remis les coordonnées des opérations grâce à ses liens avec des membres de l'opposition vénézuélienne, ce qui a permis au Gouvernement de Maduro d'intercepter l'incursion sans résistance. En outre, il affirme que l'agence n'avait pas d'intérêt réel à un changement de régime à ce moment-là et que des personnalités comme Juan Cruz, Lester Toledo et George Betancurt agissaient en désaccord avec le Gouvernement Trump.

Un autre coup décisif fut l'arrestation du général Cliver Alcalá par les États-Unis. Cette arrestation a provoqué la crainte et la méfiance parmi les collaborateurs internes et a affaibli la structure de l’opération.

Plusieurs opposants vénézuéliens de haut niveau ont été directement impliqués dans la planification de cette opération, selon Goudreau et des documents judiciaires.

Juan Guaidó, alors reconnu comme président par intérim par certains Gouvernements, a été signalé comme le financier et le bénéficiaire politique du coup d'Etat. Goudreau affirme que  Guaidó avait signé le contrat de l'opération, un fait qui aurait été enregistré dans un appel de Zoom. Mais les membres de l'armée qui soutenaient la mission se méfiaient de lui et ne toléraient son rôle que par nécessité tactique.

Leopoldo López, pour sa part, est décrit comme « le parrain de l'aile putschiste » avec un soutien international et des liens direct avec les opérateurs clés.

Parmi les relations se détachent George Betancurt et Lester Toledo, des hommes de confiance de López qui auraient agi en tant qu'intermédiaires avec la CIA et le renseignement colombien. Goudreau les accuses d'avoir révélé des coordonnées sensibles qui ont faciliter l'échec de la mission. Betancurt, en particulier, aurait eu des contacts directs avec des fonctionnaires étasuniens comme le ministre de la Défense Mark Esper  et son conseillé Clayborn Cardona, et aurait exprimé sa loyauté exclusive à la CIA.

Il a mentionné aussi Christopher Figuera, María Corina Machado et Henrique Capriles, tous liés à divers niveaux à la stratégie de l'opposition, bien qu'avec des différences tactiques et des remises en question de la direction.

Goudreau soutient que l'opération avait le soutien du Gouvernement de Donald Trump au plus haut niveau. Selon des documents judiciaires et des archives du FBI, ce plan était connu par des conseillers proches du vice-président de l'époque, Mike Pence, et du président Trump. Il affirme que son équipe a été engagée et dirigée par des fonctionnaires liés directement au pouvoir exécutif et qu'il avait reçu le feu vert par l'intermédiaire du conseiller Drew Horn qui avait transmis l'autorisation politique depuis l'entourage de Pence.

Il signale aussi que des personnalités clés du cercle intimes de train en participer à la planification. Il mentionne Keith Schiller, l'ancien chef des opérations de la Maison-Blanche, qui aurait contacté de haut fonctionnaire comme l’amiral Craig Faller, Elliot Abrams et George Sorial, un avocat de la fondation Trump, ainsi que Travis Lucas, lié à Mike Pompeo.

Il affirme qu’Abrams et John Bolton était au courant de l'opération. Après avoir signé le contrat avec Guaidó, Goudreau a eu des réunions à l'hôtel Trump et ensuite à la Maison-Blanche, mais il a évité de rencontrer directement le président pour pouvoir continuer à nier.

Selon lui, les poursuites contre lui pour trafic d'armes est une tentative de dissimulation menée par le conseiller juridique John Eisenberg, qui aurait été présent lors des premières réunions.

Sabotage de l'opération depuis la Colombie

Goudreau a aussi révélé des actes de sabotage de la part du renseignement colombien comme l’arrestation lors d'un contrôle d'un véhicule chargé d’armes dont les occupants n'ont pas été interrogés et dont le conducteur est mort dans des circonstances suspectes un an plus tard. Pour lui, cet épisode a été le signe avant-coureur que cette opération était compromise.

En ce qui concerne les conflits internes, il reconnaît que la méfiance entre faction de l'opposition a été un autre obstacle. Bien qu’Alcalá ait été soutenu, beaucoup n'avait pas confiance dans son alliance avec Guaidó dans la rébellion précédant avais joué faute de soutien de l'armée. Cette fragmentation a miné la cohésion nécessaire pour exécuter le plan.

Enfin, Goudreau précise que sa stratégie ne consistait pas en une invasion directe comme celle que proposait Eric Prince mais prévoyez de mobiliser des unités vénézuéliennes pour capturer le haut commandement politique vénézuélien, y compris le président Nicolas Maduro.

Le Cartel des Soleils a été créé par la CIA

Goudreau a  aussi affirmé que ce qu’on appelle le Cartel des Soleils est une structure créée par par l’ Agence Centrale de Renseignement (CIA) bien avant l'arrivée du président Hugo Chávez Frías au pouvoir.

« Le Cartel des Soleils a été créé par la CIA dans les années 90. Ce n'est pas un secret, je veux le dire, c'est la vérité, » a-t-il déclaré et il a ajouté que cette même structure et celle qu'on utilise maintenant pour accuser le président Nicolas Maduro même si « elle n'existe peut-être plus en réalité ».

Lorsqu'on lui a demandé de confirmer si la CIA avait créé cette organisation, le mercenaire a répondu en insistant: « Oh absolument. Ce n'est pas nouveau. »

Goudreau a cité une source du renseignement haut placée de son pays : « Selon ce que l'ancien chef de l’ Administration pour le Contrôle des Drogues (DEA) a dit à Mike Wallace, cet envoi de drogue est arrivé ici grâce à ce qu'il a appelé un trafic de drogue de la part de la CIA en association avec La Garde Nationale du Venezuela. »

Et il a démystifié le nom de cette soi-disant organisation en qualifiant de « presque une plaisanterie », parmi les circuits du renseignement :  « Ce n'est pas eux qui se sont donné ce nom. Il y a un écusson sur leur uniforme avec un soleil et je suppose que la DEA ou quelqu'un d'autre les a appelés ainsi à cause de cela », a-t-il expliqué.

Mais Goudreau a insisté sur le point central de sa révélation: « le fait que la CIA et faciliter le trafic de drogue à travers ce groupe est bien documenté. »

Et il a soutenu que le Gouvernement des États-Unis, peu importe qui est à sa tête, cherche un protéger les ressources qu’il obtient à travers le trafic de drogue. Il a expliqué que les pressions sur le Venezuela entrent dans le cadre d’une actualisation de la doctrine Monroe pour empêcher la Russie ou la Chine d'avoir une influence stratégique dans la région, une politique appelée ironiquement « doctrine Maduro. »

Il faut rappeler que Goudreau, pendant l'opération, avait menacé de mort sur les réseaux sociaux, la journaliste Érika Ortega Sanoja travailler alors, pour le média russe RT, ce qui avait provoqué le rejet immédiat de nombreux communicants sociaux : « Les mercenaires, on les paye. Pour livrer au monde des complices de Maduro comme toi, je ferais ce travail gratuitement avec beaucoup de joie, », avait dit le mercenaire à ce moment-là.

Source en espagnol :
https://albaciudad.org/2025/10/jordan-goudreau-operacion-gedeon-cia-apagones-refineria-amuay/
URL de cet article :

https://bolivarinfos.over-blog.com/2025/10/venezuela-la-cia-a-participe-aux-pannes-d-electricite-et-a-l-explosion-de-la-raffinerie-d-amuay.html