Amérique latine : Les bombardements de bateaux ne sont pas limités au Venezuela
par Oneyda Díaz Rodriguez
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos
Le président des États-Unis, Donald Trump, a reconnu publiquement sa responsabilité dans les bombardements de bateaux dans les Caraïbes et dans le Pacifique, en les reliant sans preuve à « des cartels terroristes » associés au Gouvernement du Venezuela et à d'autres acteurs non précisés.
Ces déclarations, faites pendant le Forum Patronal des États-Unis (ABF) à Miami au milieu d'une inquiétude internationale croissante à cause des plus de 66 personnes assassinées dans quelques 17 opérations militaires depuis septembre, des actions dénoncées par l'Organisation des Nations (ONU) comme des exécutions extra-judiciaires.
« Nous faisons exploser dans les airs des terroristes des cartels liés au régime de Maduro au Venezuela et à d'autres. Ce n'est pas seulement le Venezuela, » a affirmé Trump, renforçant un récit qui lie le Gouvernement vénézuélien au trafic de drogue bien qu’aucune accusation contre le président Nicolas Maduro n'ait été prouvée devant les instances judiciaires internationales.
Le président des États-Unis a justifié ces attaques mortelles par une soi-disant prévention de morts dans son pays : « Chaque bateau que nous attaquons, pensez-y, s'il arrive à passer, tue 25 000 Etasuniens ou plus. Chaque fois que nous attaquons un bateau, nous sauvons 25 000 vies… Il faut le voir de cette façon. »
Mais le bureau du haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme dirigé par Volker Türk a signalé que ces attaques n’ont pas été réalisées dans une situation de défense nationale ni contre des individus qui représentent une menace imminente pour la vie, » et pourraient constituer des crimes internationaux. Ces opérations, exécutées par le Commandement Sud des États-Unis, ont inclus l'utilisation de la force létale contre des bateaux dans les eaux internationales sans la procédure judiciaire préalable.
Cela a provoqué des remises en question de la légitimité du point de vue militaire des États-Unis et de son instrumentalisation à des fins géopolitiques en particulier face à des indices montrant que le Gouvernement Trump envisage d'étendre les bombardements à des objectifs militaires à l'intérieur du Venezuela, ce qui renforce la suspicion d'une stratégie de changement de régime.
Dans le même forum, l'opposante vénézuélienne d'extrême droite Maria Corina Machado a soutenu la position de Trump et qualifié Maduro de « dirigeant d'une structure narco-terroriste. »
Mais sa position s'oppose à celle de la communauté internationale qui a exigée une enquête indépendante, rapide et transparente, ainsi que le respect total du droit international humanitaire.
La militarisation des Caraïbes et du Pacifique par les États-Unis sous prétexte de lutte contre le trafic de drogues a provoqué des alertes dans la région à cause de l'utilisation disproportionnée de la force et d’une éventuelle escalade de la violence en Amérique latine et dans les Caraïbes.
Les Gouvernements du Venezuela, de la Colombie et de Cuba ont rejeté le déploiement militaire et ont alerté plusieurs fois à propos de la menace qu'il représente pour la région.
Ils ont souligné la nécessité de préserver l'Amérique latine et les Caraïbes comme « Zone de paix », comme cela a été proclamé au IIème Sommet de la Communauté des États Latino-américains et Caribéens (CELAC) qui a eu lieu à La Havane en 2014.
Source en espagnol :
https://www.telesurtv.net/trump-bombardeos-embarcaciones-venezuela/
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