Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Venezuela : L'attaque qui n'a jamais existée

1 Novembre 2025, 15:55pm

Publié par Bolivar Infos

 

Daniel Ruiz

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos

Le Miami Herald, le Wall Street Journal et leurs bureaux satellites dans l'hémisphère ont construit pendant des semaines le récit d'une attaque imminente du Venezuela. Il a suffit d'une question posée à Trump dans l'avion présidentiel pour démonter toute cette opération médiatique.

Il y a des guerres qui se déroulent sur les champs de bataille et d'autres qui se fabriquent dans les rédactions ou peut-être sur les téléphones portables. En octobre 2025, pendant que Donald Trump négociait des trêves commerciales avec la Chine à Busan, Corée-du-Sud, un groupe de médias étasuniens consacraient leurs gros titre à une soi-disant « attaque imminente » du Venezuela qui, nous le savons maintenant, n'a jamais été autorisée, discutée officiellement ni même –comme cela a été démontré– envisagée. Même le secrétaire d'État, Marco Rubio, connu pour sa position dure contre le Gouvernement vénézuélien, a qualifié de « fausse » l'information diffusée.

Quand le président Trump a finalement répondu « non », aux questions de la presse, abord de l'Air Force One, les articles avaient déjà été publiés. Pendant des semaines, dans le Wall Street Journal et  le Miami Herald, il y a eu des reportages sur de soi-disant plans d'attaque terrestre contre des installations en territoire vénézuélien. Aucun ne citait de sources avec leur nom et leur prénom. Aucun ne présentait de documents officiels. Seulement « des sources familiarisées » et « des fonctionnaires qui ont demandé l'anonymat. »

Pendant ce temps, à Caracas, le gouvernement du président, Nicolas Maduro, avertissez de ce qui était en train de se passer : « une guerre multiforme orchestré par les États-Unis », dans laquelle la communication est aussi mortelle qu'un missile. Ce que beaucoup ont rejeté comme étant de belles paroles s'est avéré être une description exacte de la stratégie en cours. C'est ainsi que se construit le consensus pour une intervention militaire à l'ère numérique.

L’ ordure du de la guerre psychologique

Le 16 octobre, la vice-présidente du Venezuela, Delcy Rodriguez, a incriminé directement le Miami Herald. Le journal avait publié des informations sur un « plan secret » destiné à forcer une transition de pouvoir au Venezuela. Le rapport manquait des éléments les plus basiques d’un journalisme sérieux : des sources identifiées. 

«Un autre média qui se joint aux ordures de la guerre psychologique contre le peuple vénézuélien, avait déclaré Rodriguez. Ils n'ont étique ni morale et ils favorisent exclusivement le mensonge et la charogne. »

La Haute fonctionnaire vénézuélienne, décrivez un champ de bataille dans lequel les armes sont les titres et l'objectif l'opinion publique. Sur cette scène, le Miami Herald est un combattant actif.

Le président Maduro avait remis ces publications dans le contexte d’une « guerre multiforme » réalisée sur plusieurs fronts simultanées pour imposer un « changement de régime ». 

Le front militaire avec le déploiement des États-Unis dans les Caraïbes, le front économique avec les sanctions, le front diplomatique avec le refus de reconnaître les autorités élues et le front de la communication avec des campagnes comme celle dont nous parlons là.

Le chef de l'État a été clair en signalant que Washington cherche à créer une « nouvelle guerre éternelle », semblable aux longs conflits qui se déroule au Moyen-Orient. Il a affirmé que 94 % des vénézuélien rejette toute intervention étrangères. Une donnée qu’aucun média étasunien n’a semblé intéressé à vérifier. 

Du trafic de drogue à l'invasion en trois mouvements

Premier mouvement : Trump parle, les gros  titres traduisent

Le 23 octobre, Trump a offert la matière première. Lors d'une table ronde sur la sécurité nationale à la Maison-Blanche, en présence du ministre de la Défense Pete Hegseth, le président a évoqué les attaques militaires récentes contre de soi-disant bateau de trafiquant de drogue : « La terre sera la suivante. »

Trump n'a jamais dit qu'il demandait l'autorisation du Congrès pour des opérations militaires et a encore moins évoqué directement le Venezuela. Il a dit : « Il se peut que nous allions devant le Sénat et devant le Congrès pour les informer. Mais je ne pense pas qu'il y ait aucun problème avec cela. »

La différence est abyssale. Informer ne veut pas dire demander l'autorisation. Parler de poursuivre des trafiquants de drogue, ce n'est pas déclarer la guerre à des Etats souverains. Mais dans la machine d'amplification médiatique, les schémas s'évaporent. Ce qui pour Trump était de belles paroles de mains dure, pour certains médias est devenu l'antichambre d'une invasion.

Second mouvement : Graham transforme des conversations en ordres de bataille

Le 26 octobre, le sénateur républicain, Lindsay  Graham est apparu sur CBS News avec une révélation explosive : Trump lui avait dit personnellement qu’à son retour d’Asie, il envisageait d'informer les membres du Congrès sur de futures opérations militaires potentielles contre le Venezuela et la Colombie. »

Graham mettait en œuvre un. manuel de manipulation politique en prenant une éventuelle session d'information que Trump n'a jamais confirmée publiquement en ces termes et en la transformant en « opérations militaires potentielles. » ensuite, il a ajouté sa bénédiction : « Je soutiens cette idée, mais je pense qu'il a toute l'autorité dont, il a besoin. »

C'est-à-dire que Graham non seulement anticipait des opérations non confirmées mais déclarait inutile l'approbation du Congrès. Pour le Venezuela, les paroles du sénateur confirmaient ce qu'ils pensaient : ils affrontaient une campagne coordonnée pour créer la perception d'une intervention imminente, indépendamment des intentions réelles de Trump.

Troisième mouvement : l'orchestre médiatique joue à l’unisson

Le matin de vendredi 31 octobre, pendant que l'Air Force One accomplissait son vol de retour de Busan, le Wall Street Journal et le Miami Herald publiaient simultanément des reportages sur de soi-disant plans des États-Unis pour attaquer des installations militaires au Venezuela. Cette synchronisation répondait au schéma classique des révélations coordonnées dans lequel de multiples médias publient la même histoire pour lui onner une apparence de vérification croisée.

Le problème est qu’aucun ne citait de source identifiable. La seule référence concrète était une réunion du mercredi au congrès, seulement avec les républicains. Sans documents, sans déclaration officielle, sans confirmation du Pentagone. Seulement les omniprésentes « sources familiarisées avec le sujet ».

Le Washington Post ajoutait un angle géopolitique en disant que la Russie et la Chine avaient répondu positivement à la demande d'assistance du Venezuela en cas d'attaque. L'escalade était complète : de la poursuite de trafiquants de drogue, on était passé à un affrontement entre puissances nucléaire. Tout cela, en deux semaines, sans une seule déclaration officielle qui le soutienne.

Le démenti à 35 000 pieds

À bord de l'avion, président présidentielle, la correspondante d’ Associated Press a poser des questions à Trump sur les articles du Wall Street Journal et du Miami Herald. Sa réponse a été directe : « Non. Il n'y a pas de plan d'attaque terrestre du Venezuela. »

Le démenti du président a mis à nu la fragilité de tout l’édifice narratif. Si le commandant chef dit qu’ un tel plan n'existe pas qu'est-ce que ces médias étaient exactement en train de publier ? Des rumeurs de couloir du Congrès ? Des révélations intéressées venant de faucons républicains ? Des spéculations vendues comme des faits avérés ?

La réponse pourrait être que certains secteurs politiques et médiatiques souhaitaient que ce qu'il publiaient soit la réalité. Ils fabriquaient le consensus pour une intervention que le président lui-même écartait, pour l’instant.

Pendant que le Miami Herald écrivait sur des attaques imminentes, Trump négociait avec Xi Jinping à Busan. La Chine et les États-Unis arrivaient à des accords économiques importants pour la réduction des droits de douane, la suspension des taux portuaires sur leurs bateaux, la diminution des contrôles sur les exportations technologiques. Les deux nations décidaient d'élargir la trêve commerciale.

Quel sens aurait pour Trump d'ouvrir aujourd'hui un front militaire en Amérique latine qui provoquerait la réponse immédiate de la Russie et de la Chine en soutien au Venezuela ? Aucun.

Source en espagnol :
https://www.telesurtv.net/cuando-la-guerra-se-escribe-en-miami/
URL de cet article :

https://bolivarinfos.over-blog.com/2025/11/venezuela-l-attaque-qui-n-a-jamais-existee.html