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Venezuela : Trump déclare l'espace aérien du Venezuela fermé et déploie un radar de guerre à Tobago

30 Novembre 2025, 17:55pm

Publié par Bolivar Infos

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos

Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé la « fermeture totale » de l'espace aérien du Venezuela, et autour du Venezuela, intensifiant les tensions dans une région où la présence militaire des États-Unis augmente de façon accélérée.

Cette mesure coïncide avec l'installation d’un radar militaire des États-Unis à Trinité et Tobago, à quelques kilomètres de la côte du Venezuela, un mouvement que les analyses décrivent comme une escalade importante dans les pressions exercées sur le Gouvernement de Caracas.

Sur son réseau social Truth Social, Trump a appelé instamment toutes les compagnies aériennes à considérer l'espace aérien, vénézuélien comme « complètement fermé », en s'adressant soi-disant aux compagnies aériennes, aux trafiquants de drogue et aux trafiquants de personnes.

Cette déclaration se produit alors que Washington renforce son déploiement militaire dans les Caraïbes sous prétexte de combattre le trafic de drogue et de soi-disant menaces contre la sécurité de la région. Ce renforcement inclut une augmentation visible des patrouilles navales et des opérations de surveillance aérienne.

La réponse de Caracas ne s'est pas faite attendre. Le Gouvernement vénézuélien soutient que le récit concernant le trafic de drogue sert de prétexte pour cacher le véritable objectif : forcer un changement de Gouvernement au Venezuela et se garantir le contrôle de ses vastes réserves pétrolières.

Ce point de vue souligne ce que le Venezuela considère comme une politique systématique d'ingérence de Washington qui inclut à présent une mesure de blocus aérien sans précédent en temps de paix.

L'élément le plus tangible de cette nouvelle phase et l'autorisation accordée aux États-Unis par le Gouvernement de Trinité-et-Tobago d'installer un radar militaire sur l'île de Tobago, situé à quelques kilomètres de la côte vénézuélienne. Bien que cette mesure ait été présentée comme faisant partie d'un plan de surveillance du trafic de drogue, elle a créé l'inquiétude dans la région à cause de sa proximité stratégique du territoire vénézuélien et de son utilisation potentielle par le renseignement électronique.

Sur le terrain, des témoins ont rapporté la présence continuelle de troupes d'infanterie de marine des États-Unis, dans des hôtels de Tobago, alors que des systèmes de contrôle aérien ont confirmé l'atterrissage d'avions militaires et la réalisation de manœuvres conjointes avec la force de défense de Trinité et Tobago.

Ce radar permettra le contrôle constant des activités dans l'espace aérien, du Venezuela et en dehors, étendant la capacité de surveillance des États-Unis jusqu'au cœur des Caraïbes orientales.

Malgré les implications stratégiques, la première ministre de Trinité, Persad-Bissessar, a affirmé que son pays ne servira de « base pour aucune guerre contre le Venezuela. » Mais la situation stratégique de l'appareil et les activités militaires associées suggèrent un objectif de pression directe sur Caracas et contredisent, dans la pratique, les garanties publiques données par le Gouvernement de Trinité.

Cette décision a provoqué une forte réaction de l'opposition trinitrine et mis en évidence une crise politique interne. Le chef du bloc parlementaire, Marvin González, a exigé des réponses de la première ministre pour l'installation du radar, et affirmé que la présidente a prouvé qu'elle était une « menteuse pathologique. » Cette accusation a mis un évidence l'absence de transparence et le mécontentement face à une mesure qui engage la souveraineté et menace l'Amérique latine et les Caraïbes en tant que zone de paix.

Cette situation complexe est complétée par des rapports d'interférence électronique dans la région. L'agence Bloomberg a rapporté il y a quelques jours un « mur invisible de bruits électromagnétiques » tendue sur les Caraïbes avec des données qui montrent une augmentation des perturbations électroniques quelques semaines auparavant, coïncidant avec une présence navale plus importante des États-Unis, ordonnée par le président Trump.

La combinaison d'un blocus aérien déclaré, du déploiement d’un radar avancé et de la guerre électronique montre un blocus multidimensionnel sur le Venezuela et augmente le risque d'un affrontement dans la région.

Le Venezuela dénonce une « menace colonialiste » des États-Unis sur son espace aérien

Le ministre de la défense du Venezuela, Vladimir Padrino Lopez, a condamné énergiquement la déclaration du président des États-Unis, Donald Trump, concernant la fermeture de l'espace aérien vénézuélien et l’a qualifiée « d'agression illégale, arbitraire et contraire au droit international. »

« Cette menace du Gouvernement des États-Unis est une agression illégale, arbitraire et contraire au droit international destinée à violer la souveraineté absolue de notre espace aérien. Aucun pouvoir étranger n'a la faculté d'interférer, de bloquer ou de conditionner les décisions souveraines du Venezuela. »

Le ministre a également lancé un appel « à la communauté internationale pour qu'elle condamne cet acte hostile qui menace la paix des Caraïbes et d'Amérique du Sud » et il a ajouté que le Venezuela « répond avec dignité, dans la légalité, et avec la force morale d'un peuple qui ne permettra jamais qu'on souille son honneur. »

Avant la déclaration du ministre de la défense, le Gouvernement vénézuélien avait déjà dénoncé dans un bulletin spécial « la menace colonialiste » de Washington sur l'espace aérien national en signalant que le président Trump « prétend appliquer extra-territorialement l'illégitime juridiction des États-Unis au Venezuela. »

Cette rapide succession de déclaration marque un nouveau point d'inflexion dans les relations déjà détériorées entre Washington et Caracas, et entre dans un cadre plus large d'augmentation de la présence militaire des États-Unis dans les Caraïbes, justifiée par les États-Unis par la lutte contre le trafic de drogue mais interprétée par le Venezuela comme une attaque direct de sa souveraineté et une tentative pour contrôler ses ressources naturelles.

Cuba condamne

Cuba a condamné samedi dans les termes les plus énergiques la récente annonce du président des États-Unis concernant la fermeture de l'espace aérien du Venezuela et lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle la rejette fermement: « Nous condamnons l'annonce du Gouvernement des États-Unis de fermer l'espace aérien du Venezuela, un acte agressif pour lequel aucun Etat n'a autorité hors de ses frontières nationales et qui devrait provoquer le plus ferme rejet de la communauté internationale. »

Le ministre des relations extérieures analyse les graves implications de cette déclaration unilatérale et signale que la mesure annoncée par le Gouvernement des États-Unis est plus qu'une simple provocation.

La Havane considère que cette annonce « constitue une très grave menace pour le droit international et une augmentation de l'escalade de l'agression militaire et de la guerre psychologique contre le peuple et le Gouvernement du Venezuela avec des conséquences incalculables et imprévisibles pour la paix, la sécurité et la stabilité de l'Amérique latine et des Caraïbes. »

Trump a fait cette déclaration sur sa plate-forme digitale Truth Social laquelle il a écrit : « à toutes les compagnies aériennes, tous les pilotes, tous les trafiquant de drogue, et tous les trafiquants de personnes : nous vous prions de considérer que l'espace aérien au-dessus du Venezuela et ses environs sera entièrement fermé »l.

Il a fait ainsi un pas de plus vers une invasion du pays par la terre dans la même semaine pendant laquelle il avait parlé clairement de son intention d'entrer sur le territoire du Venezuela pour commencer à arrêter les trafiquants de drogue.

Source en espagnol :
http://www.cubadebate.cu/noticias/2025/11/29/estados-unidos-despliega-radar-de-guerra-electronica-cerca-de-venezuela-desde-territorio-de-trinidad-y-tobago/
URL de cet article :

https://bolivarinfos.over-blog.com/2025/11/venezuela-trump-declare-l-espace-aerien-du-venezuela-ferme-et-deploie-un-radar-de-guerre-a-tobago.html