Amérique latine: Trump attaque à nouveau le Venezuela et la Colombie
par Mirko C. Trudeau
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos
Le président des États-Unis, Donald Trump, a réaffirmé mardi que ses forces armées commenceront « très rapidement » des opérations terrestres contre de soi-disant cartels du trafic de drogue, après les plus de 20 attaque de bateaux dans la mer des Caraïbes et dans le Pacific oriental qui ont fait environ 83 morts. Et il a défendu le bombardement de ces bateaux sous prétexte qu’ils transportaient de la drogue et déclaré qu'il prévoyait que le président du Venezuela, Nicolas Maduro, quitterait rapidement le pays.
Pendant plus de deux heures d’auto-éloges, dans 40 minutes pour que Donald Trump parle devant les caméras, le président et son cabinet –le plus intelligent de l'histoire du pays, selon eux– ont défendu les bombardements de bateaux dans les Caraïbes qui, ont-ils affirmé sans preuve, ont été efficaces. Ensuite, les attaques commenceront sur terre et seront plus faciles, parce que nous savons tout des trafiquants de drogue.
« Les chiffres sur la mortalité à cause de l'usage de drogues ont baissé parce que nous sommes en train de faire ces attaques et nous allons commencer l'offensive sur terre. C'est beaucoup plus facile, nous connaissons les routes qu'ils prennent, nous savons tout d’eux, où ils vivent, » a répété le président des États-Unis. « Nous allons chasser ces fils de pute. »
Et il a prévenu : « On me dit que la Colombie fait de la cocaïne, qu'ils ont des usines de traitement de cette drogue. Qui que ce soit qui fasse cela et qui le vende à notre pays est sujet à attaque. Pas seulement le Venezuela. »
Trump a convoqué une réunion du cabinet, des réunions qui, sous cette présidence, sont plus des spectacles médiatiques dans lesquels les fonctionnaires font des éloges démesurés à leur chef qui sourit, interrompt et souvent ferme les yeux.
Cette réunion est devenue une conférence de presse et c'est alors que le président a été interrogé sur les attaques des bateaux qui, a-t-il affirmé sans preuve, transportaient des drogues illégales dans les Caraïbes et le Pacifique. Il a répété son affirmation discutable que chaque bateau coulé sauvait la vie de 25 000 Etasuniens et il a insisté sur le fait que le taux de mortalité par drogues a été réduit aux États-Unis, sans en apporter de preuves.
Tout cela n'était qu'une petite partie du spectacle de propagande qui a duré plus de deux heures à la Maison-Blanche et a surtout servi à ce que Trump reçoive publiquement les éloges de ses employés. Le ministre de la guerre, Pete Hegseth, À affirmer, sans preuve que le trafic de drogue sur mer a été réduit de 91 %.
Trump a insisté sur le fait que plus de 200 000 personnes étaient morts par overdose l'année dernière bien que le chiffre officiel soit de la moitié de ce total. Son ministre de la sécurité nationale, Kristi Noem, a déclaré que 2 000 000 d'émigrés sans papiers avaient quitté le pays depuis que Trump est arrivé à la Maison-Blanche mais rien ni personne ne confirme une telle « réussite. »
Le pape Léon XIV s'est prononcé contre une action armée contre le Venezuela et appelé le Gouvernement Trump à ne pas chercher à renverser le président Nicolas Maduro grâce à la force militaire. Robert Francis Prevost, le premier pape étasunien naturalisé péruvien, a affirmé qu'il vaudrait mieux chercher « le dialogue ou imposer des pressions économiques » à Caracas si Washington veut « qu’il y ait un changement. »
La réunion du cabinet s'est achevée avec une attaque verbale contre les immigrés, cette fois ceux de Somalie, qu'il a traités d' « ordures. » Il a attaqué directement la député progressiste réfugiée somalienne, Ilhan Omar: « nous ne les voulons pas dans notre pays… Leur nation n'est bonne à rien, elle pue, et nous ne les voulons pas sur notre territoire, » a-t-il dit. « Omar est une ordure… Ses amis sont des ordures, » a-t-il ajouté.
Le président a affirmé que presque tous les jours, il répondait à des questions « stupides » des journalistes. La Maison-Blanche a récemment créé un site sur les « préjudices des médias » pour « combattre les mensonges sans base, les affirmations sorties de leur contexte et les imbécillités de gauche des médias de fake news » et il demande donc que le public les aide en envoyant des notes sur de fausses informations à mettre sur ce site.
La super étoile du pop, Sabrina Carpenter, a exigé que la Maison-Blanche cesse d'utiliser sa musique sur des vidéos destinées à célébrer les opérations anti-immigrants du Gouvernement sur les réseaux sociaux. Carpenter a répondu au compte X sur lequel le Gouvernement a utilisé une partie de sa chanson Juno sur une vidéo sur laquelle des agents de l'immigration arrêtent des latinos. Elle a déclaré que « l'enregistrement est malveillant et répugnant. Qu'ils ne m'impliquent jamais, moi ou ma musique, pour que ça bénéficie à leur ordre du jour inhumain. »
Une porte-parole de la Maison Blanche a déclaré : « Nous ne nous excuserons pas de déporter des assassins, des violeurs et des pédophiles dangereux de notre pays, tous ceux qui défendent ces monstres malades doivent être stupides. »
Pendant ce temps, Juan Orlando Hernandez, l'ancien président du Honduras qui purgeait une peine de 45 ans de prisons aux États-Unis pour avoir conspiré pour faire le trafic d'au moins 400 tonnes de cocaïne vers les États-Unis, est sorti d'une prison de Virginie après avoir reçu la grâce de Trump. C'est ça, la lutte des États-Unis contre le trafic de drogue ?
De 2004 à 2022, cet ancien président a participé « à une conspiration corrompue et violente en relation avec le trafic de drogue pour faciliter l'importation de centaines de milliers de kilos de cocaïne aux États-Unis, » selon le ministère de la justice des États-Unis.
La réponse de la Colombie
Le président de la Colombie, Gustavo Pétro, a répondu à son homologue étasunien et exigé qu'il « ne menace pas notre patrie parce que le jaguar se réveillerait. Attaquer notre souveraineté, c’est nous déclarer la guerre, n'endommage pas deux siècles de relations diplomatiques. »
Pétro a également confirmé que la Colombie réalise des vols depuis le Venezuela est vers le Venezuela, rejeté l'avertissement de Trump disant de ne pas voler dans le ciel vénézuélien et que l'espace aérienne du Venezuela resterait fermé « dans sa totalité ».
« Les États-Unis n'ont pas le droit de fermer l'espace aérien du Venezuela. Ils peuvent le faire avec leurs compagnies aériennes mais pas avec celles du monde. La Colombie rétablit le service aérien civil avec le Venezuela et invite le monde à faire de même. C'est le moment du dialogue, pas de la barbarie, » a écrit Pétro lundi sur X .
Le président de la Colombie est un critique sévère de la politique migratoire des États-Unis, du déploiement militaire du Pentagone dans les Caraïbes et des attaques mortelles de bateaux, sous prétexte qu'ils transportaient de la drogue vers les États-Unis et il les a qualifiées « d’assassinats ».
« Venez, en Colombie, monsieur Trump, je vous invite, pour que vous participiez à la destruction des neuf laboratoire par jour que nous avons détruit pour qu'il n'apporte pas de cocaïne aux États-Unis, » a écris Pétro dans un message sur son compte X.
« Mon Gouvernement a détruit 18 400 laboratoire sans missiles, venez avec moi et je vous apprendrai comment on détruit une installation toutes les 40 minutes, mais ne menacez pas notre souveraineté, » a-t-il déclaré.
Source en espagnol :
http://www.cubadebate.cu/especiales/2025/12/03/nuevo-ataque-de-trump-a-venezuela-y-tambien-a-colombia/
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