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Honduras: Des élections marquées par l'abstention et l'ingérence étrangère

2 Décembre 2025, 17:50pm

Publié par Bolivar Infos

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos

Les élections générales de dimanche au Honduras ont laissé un panorama d'incertitude et de profonde réflexion sur l'état de la démocratie dans le pays. Une participation électorale historiquement basse qui n'a pas atteint 43 % a mis en évidence le désenchantement de la population envers une classe politique qui semble retourner vers le bipartisme traditionnel alors que des acteurs étrangers ont exercé une influence palpable sur le processus.

Les premiers résultats officiels montrent une course serrée entre le nationaliste Nasry « Tito » Asfura et le libéral Salvador Nasralla, reléguant à une lointaine troisième place la candidate du parti au Gouvernement Rixi Moncada, du parti Liberté et Refondation (LIBRE). Ce scénario représente un revirement politique, éloignant la possibilité pour le Honduras de consolider une série de gouvernements progressistes et laissant plutôt présager un retour des forces traditionnelles.

Une journée de démobilisation et un décompte lent

L'autorité électorale a confirmé une abstention massive : sur les 6000 500 000 honduriens, jouissant, leur droit de vote, seul environ 2 800 000 l'on exercée. Cette donnée techniques est un reflet de la méfiance des citoyens envers des institutions et du fait que les acteurs politiques n'ont pas réussi à motiver la population.

Le premier décompte du Conseil National Électoral (CNE), sur un peu plus de 34 % bulletin, dépouillés, donne à Asfura 40.5% des voix et à Nasralla 39.0%. La candidate de LIBRE, Rixi Moncada, a obtenu 19.5%. Des résultats très en dessous des prévisions des sondages. Le décompte final, qui comprend les bulletins des zones rurales dans lesquelles LIBRE a plus de force, pourrait prendre des jours, maintenant l’incertitude.

Ce processus a été marquée par l'ingérence inhabituel et ouverte, deux personnalités de la droite internationale. Quelques jours avant le vote, le président des États-Unis, Donald Trump, a publié un message sur son réseau social Truth Social contenant un appel explicite : «Nasry Asfura et deux seuls qui peut mettre fin à la gauche. »

Cette déclaration a été reprise immédiatement par le candidat nationaliste, par des comptes, proches, de son parti et par des influenceurs de la région. Le président de l'Argentine, Javier Milei, et le patron mexicain, Ricardo Salinas Pliego, entre autres, ont émis des messages semblables. Cette stratégie, qui a repris le schéma utilisé lors des dernières élections en Argentine, étaient destinées à galvaniser le « vote utile » contre la gauche, en particulier dans les secteurs les plus conservateurs et dans la diaspora hondurienne aux États-Unis.

L'échec fracassant des sondages

L'élément qui a provoqué un débat intense est la colossale erreur des instituts de sondage. La plupart des sondages publiés jusqu’au vendredi précédant les élections donnaient à Rixi Moncada entre 32 et 38 % d'intentions de vote et certains lui donnaient même un plafond de 41 %. Mais les résultats réels la placent presque 20% en dessous de ces prévisions. Cet échec n'est pas seulement méthodologique, il est aussi structurel. Il met en évidence la dépendance des secteurs de gauche latino-américains envers une industrie des sondages qui opère avec des logiques de marché et dont le diagnostic erroné désoriente les campagnes et les bases. La défaite, dans ces cas, n'est pas seulement électorale, c'est aussi une défaite de la crédibilité.

La soirée de dimanche s'est caractérisée par un silence notable du groupe de LIBRE. Face à l'euphorie, contenu des camps de l'opposition, les militaires du parti au gouvernement, on t'attend du sans succès des directives claires de leur dirigeant. La candidate Moncada a retardé ses déclarations jusqu'à lundi midi tandis que l'ancien président Manuel Zelaya, une personnalité clé du parti, s'est limité à écrire sur X : « Il faut attendre le dépouillement de 100 % des bulletins. »

C'est absence de communication laissé dans l'incertitude des candidats  à la députation et à la mairie qui se disputaient des résultats serrés, ainsi qu'une base historique qui a résisté au coup d'État de 2009 et aux gouvernements qui ont suivi. Le défi pour Libre n'est pas seulement de passer dans l'opposition, mais aussi d'entreprendre une profonde autocritique et une réorganisation pour ne pas se fracturer.

Le retour du passé

Un éventuel Gouvernement de Nasry Asfura aurait des implications profondes. Les spéculations sur l'éventuel retour au pays de l'ancien président Juan Orlando Hernandez, condamné à 45 ans de prison pour trafic de drogue aux États-Unis, vont bon train. Des sources nationalistes parlent déjà de « réviser l'affaire », ce qui pourrait représenter une tentative pour revenir sur son extradition et revendiquer sa figure en envoyant un message contradictoire concernant la lutte contre la corruption.

Symboliquement, la possibilité que le Honduras consolide d'un cycle de direction féminin et progressiste dans la région avec Xiomara Castro suivie par Rixi Moncada, s’éloigne. Il la décision des électeurs, dans le cadre d'une autre abstention, semble pencher pour un retour des noms et des parties de l’establishment traditionnel en posant des questions sur l'avenir des ordres du jour de transformation sociale dans le pays.

Rixi Moncada dénonce une fraude électorale

La candidate à la présidence pour le parti Liberté et Refondation (LIBRE), Rixi Moncada, a dénoncé aujourd’hui une fraude électorale massive et une grave ingérence de forces d'étrangères dans les élections générales de dimanche, tout en réaffirmant sa décision de ne pas se rendre et de continuer la lutte.

Dans un discours énergique, Montada, a démenti les résultats qui la situent à une lointaine troisième place rejeté les résultats préliminaires divulgués par le Conseil National Électoral (CNE) en signalant que le processus est vicié par des illégalités fondamentales.

« Les élections ne sont pas perdues », a déclaré la candidate du parti au Gouvernement et elle a assuré que, malgré les illégalités, elle continuera la lutte. Son parti, LIBRE, a déclaré qu’il n'acceptait pas les résultats et exige une révision exhaustive de tous les procès-verbaux qui n'ont pas été comptés avec le système de vérification biométrique, un mécanisme mis en place pour garantir la transparence.

La dirigeante politique a accusé directement le bipartisme traditionnel hondurien –par le Parti National et le Parti Libéral– d'avoir orchestré un piège pour voler les élections. Selon elle, ce piège a été mis en évidence « à travers 26 enregistrements audio qui ont révélé la falsification du système de transmission des résultats préliminaires et de la biométrie, » des éléments techniques clés pour la fiabilité du scrutin.

Source en espagnol :
http://www.cubadebate.cu/noticias/2025/12/01/honduras-una-eleccion-marcada-por-la-abstencion-y-la-injerencia-foranea/#anexo-1972973
URL de cet article :

https://bolivarinfos.over-blog.com/2025/12/honduras-des-elections-marquees-par-l-abstention-et-l-ingerence-etrangere.html