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Venezuela : Invention homicide

5 Décembre 2025, 19:13pm

Publié par Bolivar Infos

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos

Le vice des ressources anonymes dans la guerre des États-Unis, contre le Venezuela, à transformer le mensonge en un sanctuaire commode et rentable. Montaigne avait averti. Il y a des siècles : « il a détérioration de la vérité à des milliers d'aspects et un champ infini. Les Pythagoriciens affirment que le bien est vrai est fini, le mal infini et incertain. »

J'ai lu avec stupeur que le problème pour convaincre Nicolas Maduro d'abandonner le pouvoir est que ses « maîtres cubains pourraient l'exécuter s'il cédait aux pressions des Etats-Unis et démissionnait ». Cette phrase est apparue, il y a une semaine, comme une révélation dans un rapport d’Axios, attribuée à des fonctionnaires étasuniens sans nom ni visage et en quelques heures, elle circulait déjà sur des sites, sur les réseaux sociaux et dans les colonnes des journaux comme s'il s'agissait d'un fait prouvé.

Cette conjecture fait désormais la une des journaux : Maduro « pourrait être exécuté par des espions cubains, s’il quittait le pays », « Les États-Unis, pensent que Cuba serait prête à assassiner Nicolas Maduro s’il essayait de fuir le Venezuela. » Cette hypothèse, née dans la pénombre d'une révélation anonyme, a été présentée devant l'opinion publique comme une pièce de plus du « réalisme », géopolitique, alors qu'en réalité, elle n'avait pas dépassé même le seuil de la vérification.

Le conseil éditorial du Wall Street Journal se fait l'écho de ce récit et répète que le président vénézuélien « n'est pas du tout maître de son destin », parce que mettent sa survie politique dépend de ses alliés de La Havane Personne ne se préoccupe du fait que tout cela vient du Gouvernement le plus menteur de l'histoire récente des États-Unis (ce n'est pas le journal Granma mais le Washington Post Fact Checker qui a comptabilisé plus de 30 000 affirmations fausses ou trompeuses de Donald Trump).

L'invention homicide des « espion cubains » prêts à tuer Maduro a plusieurs fonctions très concrètes. Premièrement, elle diabolise Cuba et présente son Gouvernement non seulement comme « régime autoritaire » mais comme une structure criminelle capable d'éliminer un dirigeant étranger de sang froid. Il ne s'agit plus uniquement de la vieille « troïka de la tyrannie » de l'ancien conseiller à la sécurité, John Boton, pour évoquer Cuba, le Venezuela et le Nicaragua, mais de présenter les services de renseignement cubains comme une machinerie internationale de tueurs à gages.

Deuxièmement, elle efface l'État vénézuélien : si Maduro n'est qu'un otage de La Havane, la société vénézuélienne ses forces armées et ses acteurs politiques disparaissent du cadre, réduits à des comparses d'une trame écrite dans une autre capitale. 

Troisièmement, elle contribue à fabriquer la sensation que la guerre est inévitable : si La Havane était prête à empêcher « de force » toute démission, la diplomatie serait discréditée dès le départ et les solutions politiques apparaîtraient comme des illusions naïves.

Le mensonges, par conséquent, n'est pas une stupidité isolée, mais fais partie d'une campagne destinée à renforcer l'impression qu'il n'y a plus de voies politiques et que les options « plus dures » sont inévitables.

La queue de cette équation est qu'après Caracas, l'objectif naturel suivant serait La Havane. L'éditorial du Wall Street Journal se permet même de fantasmer sur la possibilité que, une fois installé, un Gouvernement « démocratique » au Venezuela, le peuple cubain se soulèverait contre ses dictateurs », comme si la région était le théâtre d'une même offensive, séquentielle.

Accepter cette économie de la révélation anonyme signifie reproduire le même cadre qui fait considérer comme raisonnable, le fait de discuter du renversement d'un Gouvernement étranger sous la couverture d'un porte-avions yankee. Se demander qui gagne à la diffusion de récits comme celui des « maîtres cubains » et exiger des preuves avant de les élever à la catégorie d'information n'est pas un geste de sympathie automatique envers un Gouvernement, ce devrait être une défense minimale du droit des peuples à ne pas voir leur destin décidé par des rumeurs de couloir, des opérations psychologiques et des éditoriaux du Wall Street Journal.

C’est le bon sens qui dit que face à une désinformation « infinie et incertaine », comme le suggérait Montaigne, la défense d'une vérité vérifiable est une forme de résistance. Mais nous savons déjà que le bon sens est souvent la chose la moins bien partagée.

Source en espagnol :
http://www.cubadebate.cu/opinion/2025/12/04/fantasia-homicida/
URL de cet article :

https://bolivarinfos.over-blog.com/2025/12/venezuela-invention-homicide.html