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Venezuela : La contre-information démantèle les délires de l'empire

8 Décembre 2025, 18:10pm

Publié par Bolivar Infos

 

Par Geraldina Colotti 

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos

Dans les bureaux proches du Parlement, au Venezuela, un groupe de journalistes communautaires produit des contenus pour la multi-plateforme internationale « en brisant les frontières, en communiquant des alternatives » qui comprend la communication en termes d'information, de formation et de mobilisation globale : des les territoires vers le monde. En même temps, ils reçoivent les rapports de leurs collègues qui accompagnent le président du Venezuela, Nicolas Maduro, dans sa visite du quartier populaire de Petare, le plus grand d'Amérique latine. Les télévisions vénézuéliennes transmettent l'évènement en direct.

« Eh, regardez ça! » s'exclame Franklin, qui suit en particulier les réseaux sociaux. Tous reviennent vers l'écran de l'ordinateur où un chroniqueur de l'opposition transmet « sur le vif et en direct », un programme sur YouTube. Avec des images et des vidéos de soutien, il affirme qu’en ce moment, Maduro est en train de fuir en Iran. Ces derniers jours, on le donnait en fuite vers le Brésil, le Qatar, la Russie… Et on peignait une Force Armée Nationale Bolivarienne (FANB) au bord de la désintégration à cause des contradictions internes. On donnait aussi pour certaine la fuite du général Jesús Rafael Suárez Chourio, une figure historique du chavisme, aujourd'hui député. Pour l'extrême droite, au Venezuela, la « transition post-socialiste » a déjà commencé.

Entre sérieux et plaisanterie, les journalistes démentent l'opération et enregistrent une petite vidéo explicative. Elle sert à montrer comment le bombardement de cette sorte « d'informations toxiques », lancé par de puissantes plate-forme avec l’algorithme à bloc n'est pas tellement destiné à l'intérieur du pays mais plutôt à l'étranger où se trouvent les centres de financement du fascisme vénézuélien: ceux qui font pression pour une agression militaire de la part de Trump, patronnés par le secrétaire d'État, Marco Rubio.

Cela même qui accompagneront le 10 décembre la putschiste Maria Corina Machado recevoir le lucratif prix Nobel de la paix : en commençant par gouvernants de l'Europe, en passant par ceux des pays latino-américains qui sont revenus à droite à l'ombre de Trump. Les autres, ceux qui s'expriment aux États-Unis et dans d'autres parties du monde contre l'agression du Venezuela n'auront pas une bonne presse. Pire encore, ils n’en auront pas du tout : si on ne parle pas de cela, la réalité n'existe pas.

Et ainsi, les Vénézuélien à l'étranger renvoient ces rumeurs à leurs parents restés au pays qui les amplifient dans les chats d’immeubles ou nationaux. Cela donne lieu à un délire d'alarmes et de rumeurs déjà bien décrit par l'écrivain italien, Alessandro Manzoni, à son époque : le mécanisme par lequel une plaisanterie qui passe de bouche en bouche s'enrichit de détails jusqu'à revenir à celui qui l’a inventée sans qu'il la reconnaisse et qu'il la remette en circulation ensuite, enrichie de nouvelles inventions. 

La fonction de ces cercles de pensée de la désinformation mondiale est d'alimenter une bulle en grande partie inexistante, bien que basée sur des menaces réelles. C'est pourquoi le Gouvernement bolivarien multiplie les occasions publiques, politiques, culturelles et conviviales : pour se reconnaître et se faire reconnaître en recréant le lien social et pour tester le niveau de réaction du peuple en cas d'agression armée.

« Nous continuons tout comme d’habitude mais en étant attentifs aux détails et en offensive permanente, » a déclaré Diosdado Cabello, ministre de l'Intérieur, de la justice et de la paix et vice-président du PSUV lors d'une manifestation publique avec les organisations de base.

Les détails, c'est, par exemple, la capture d'un avion « hostile », entré dans l'espace aérien vénézuélien, la « fermeture » de l'espace aérien imposée aux compagnies aériennes par la pression des États-Unis qui les a obligées à interrompre les voyages vers le pays bolivarien. Un boycott qui a empêché l'arrivée de centaines d'invités internationaux qui devaient assister aux journées de solidarité internationale prévues à Caracas ces jours-ci.

Pendant ce temps, le président Maduro a annoncé le passage « de la lutte non armée à la lutte armée, basé sur la longue guerre du peuple. » Dans tous les états frontaliers et surtout dans ceux qui hébergent d'importantes raffineries comme Falcón ou Zulia, la vigilance est permanente. Des exercices de défense préventive sont exécutés dans l'union civique et militaire et on exhibe la force, la préparation et la cohésion de la FANB, équipée avec des technologies de défense fournies par la Russie, la Chine et l’Iran.

Le message envoyé à Trump est clair : Préférez-vous une guerre d'agression dans laquelle la résistance du peuple peut décider de détruire les puits de pétrole ou de faire brûler tout le continent ou faire des affaires avec le Venezuela, dans une relation gagnante-gagnante? Une évaluation coûts-bénéfices qui doit avoir pesé sur la décision du président Trump d'appeler au téléphone le président du Venezuela : une procédure inédite pour le Gouvernement nord-américain, habitué à exiger et à être servi et non à discuter d'égal à égal.

Cet appel téléphonique, commenté par Maduro, a déchaîné quantité de spéculations de l'opposition, immédiatement reprises par la presse occidentale : Trump aurait lancé un ultimatum à Maduro, celui-ci aurait demandé une montagne de dollars pour quitter le pays, l'agression militaire du Venezuela serait imminente parce que le Pentagone a commandé une quantité inhabituelle de pizzas, comme il l' a fait pour l'agression de l'Irak, etc. etc.…

Touchant un tambour ou empoignant un fusil de dernière génération, chantant un rap contre la guerre ou criant des slogans révolutionnaires, le président vénézuélien multiplie les rencontres publiques, s’entoure du peuple et montre l'ampleur du consensus dont jouit jouit la Révolution : ni lui ni la direction civique et militaire du Gouvernement bolivarien ne se cachent dans des bunkers comme l’affirme la presse d’opposition.

Pour commémorer la première victoire de Chávez aux élections, le 6 décembre 1998, les citoyens ont empli les salles cinéma dans lesquelles étaient projetée la série « Maduro, de Yare à Miraflores » qui raconte la naissance du processus bolivarien et se battent pour être photographiés avec les acteurs.

Malgré des années de mesures coercitives unilatérales, illégales, dénoncée avec force lors d'une journée internationale organisée à l'ONU, l'économie vénézuélienne continue à afficher la croissance la plus haute de la région. C'est la CEPAL qui le dit et la vice-président Delcy Rodriguez, ministre des hydrocarbures, l’a commentée pendant la présentation du budget annuel au Parlement. Aujourd'hui, comme on le voit avec les queues aux caisses des supermarchés et les marchandises qui abondent dans les magasins, les Vénézuéliens produisent presque 90 % de ce qu’ils consomment bien qu'ils doivent compter avec un nouveau pic d'inflation dévastatrice, c'est-à-dire un nouveau chapitre de la « guerre contre la monnaie. »

Le Parlement a voté d'accord de rejet concernant le pillage du patrimoine vénézuélien à l'étranger et en particulier la vente frauduleuse de la grande raffinerie CITGO, basée aux États-Unis. Un vol qui découle de l’auto-proclamation d'un Gouvernement parallèle inventé par les États-Unis et géré par Juan Guaidó. Une fiction qui maintient debout depuis 10 ans un « Parlement » parallèle mis en marche par l'opposition en 2015 et qui sert à présent à mal CITGO à un prix dérisoire (après l'avoir conduite à la faillite avec une gestion à but frauduleux) pour payer des millions d'honoraires aux « autoproclamés » qui vivent à l’étranger.

Les fonds de CITGO destinés à des programmes d'assistance sociale comme le programme de transplantation de moelle osseuse de la fondation Simon Bolivar ont également été détournés pour consommation et les plan du « Gouvernement parallèle. Une fraude dénoncée  également par la droite qui, à présent, existe au Parlement, et qui connaît bien les mécanismes.

Une réalité qui n'est pas une information et les minutieuses investigations présentées par le Gouvernement bolivarien à propos des « faux positifs » qui se produisent depuis que Trump a décidé d'envoyer des troupes en mer des Caraïbes pour une soi-disant lutte contre le trafic de drogue ne trouvent pas d'espace dans les médias internationaux. Pendant ce temps, de nombreux bateaux ont été bombardés, ce qui a fait 83 morts, pour la plupart des pêcheurs ou des civils.

Le président de la Colombie, Gustavo Petrot, invité d'après à ne pas utiliser le terme“narcolancha” déjà abondamment utilisé pour définir les bateaux attaqués et de parler, par contre, de victimes civiles et de pêcheurs qui cherchent à gagner leur vie : des personnes qui ont été désintégrées avec les preuves éventuelles du trafic de drogue et sans avoir eu droit à un procès.

Et beaucoup de contes ne cadrent pas. À partir de leur propre, expérience de lutte contre le trafic de drogue –dont les données montrent l'augmentation exponentielle du nombre de tonnes de drogue saisies depuis que Chavez a expulsé la DEA– le Gouvernement bolivarien met en évidence certaines incohérences grossières sur les vidéos diffusées par les États-Unis : par exemple, l'absence dans ces bateaux de la grande quantité de bidons de combustible nécessaire pour ne pas rester sans carburant en parcourant de longues distances (il y a 2500 km jusqu'en Floride) avec un chargement illégal qui doit être caché.

L'utilisation des attaques aériennes contre de petits bateaux a soulevé, d'autre part, des questions de droit international et suscité des discussions enflammées au Congrès nord-américain lui-même à qui il revient d'autoriser les actes de guerre, disent les députés démocrates qui promettent de présenter une résolution à ce sujet.

Pendant ce temps, au Venezuela, les familles des pêcheurs assassinés sont arrivées pour une audience au Parlement et les voix des survivants racontent également une autre réalité.

Sur la place du parlement vénézuélien, les journalistes attendent les députés, accompagnés par un orchestre qui se déchaîne sur des rythmes caribéens. Un grand homme d'aspect jovial s’approche pour nous serrer la main. C'est le général Chourio qui, selon la dernière « exclusivité » de l’opposition, aurait fui en Russie.

Source en espagnol :
https://www.resumenlatinoamericano.org/2025/12/07/venezuela-como-la-contrainformacion-desmantela-el-delirio-imperial/
URL de cet article :

https://bolivarinfos.over-blog.com/2025/12/venezuela-la-contre-information-demantele-les-delires-de-l-empire.html