Venezuela : Un siècle de pillage
Ou comment les États-Unis ont volé le pétrole du Venezuela
par Nathali Gómez
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos
Les rues de Washington et de New York ont été recouvertes totalement d’asphalte vénézuélien arraché par les compagnies étasuniennes avides que ont profité de privilèges et de conditions plus qu'avantageuses pour l'extraction des ressources à la fin du XIXe siècle et pendant tout le XXe siècle.
L'une des histoires de pillage qui a permis aux Etasuniens de se déplacer sur des routes faites avec les ressources vénézuéliennes a débuté en 1883 quand le Gouvernement d'Antonio Guzmán Blanco a accordé à l’entreprise étasunienne New York & Bermúdez Company une « concession exclusive » pour l'exploitation de l'asphalte pour 25 ans dans l'ancien État de Bermúdez (aujourd'hui, état de Sucre), rappelle Fundación Polar.
La firme étasunienne était situé près du lac de Guanoco, considérer comme le lac d'asphalte, le plus grand du monde, d'une surface de 4 km². Là, elle a commencé à construire des installations en 1886 et, deux ans plus tard, sa concession a été prolongée de 99 ans.
Les exportations vers les États-Unis ont débuté en 1891.
Ingérence politique et pétrole
New York & Bermúdez n'a pas respecté l'accord avec le Gouvernement, et s'est engagé dans un long conflit illégal pour des concessions avec d'autres sous-traitants qui ont cherché « du soutien aussi bien aux États-Unis qu’au Venezuela en utilisant tous les moyens disponibles, du recours légal aux pots-de-vin, » dit la Fondation Polar.
Comme les tribunaux statu en faveur de la compagnie étasunienne Warner-Quinlan et de la compagnie locale Venezuelan Mine, la New York & Bermúdez a rendu responsable le président de l'époque, Cipriano Castro, d'avoir ordonné cette décision et a financé son renversement.
Ce type d'ingérence continue à être une des pratiques des corporations pour « défendre » leurs intérêts.
Après la bataille légale, le soutien de Washington à la New York & Bermúdez a été mis à nu. Ce scandale n'a pas empêché que cette entreprise dont les actions ont acheté la compagnie étasunienne General Asphalt Company continue à opérer au Venezuela jusqu'à 1935.
Les concessions cadeaux
Quand les concessions étaient accordées à des Vénézuéliens, ceux-ci les transmettaient à des compagnies étrangères qui utilisaient des pièges légaux pour obtenir de plus en plus de licences d'opération dans le pays. Bien que ce qu'on appelle « l’or noir » n'ait pas encore l'importance économique de l'asphalte au XIXe siècle, l'histoire a changé au siècle suivant.
Le premier code minier national, selon le livre « le pétrole au Venezuela. Une histoire » a été établi le 15 mars 1854. Il y était « sous-entendu que la nation conservait la propriété des gisements souterrains », mais cela n'était pas expressément stipulé, ce qui fut corrigé en 1855.
Jusqu'à 1904, les concessions de brut ont été accordées sous ces principes. Cette année-là, sous le gouvernement de Castro, a été promulguée une loi minière qui établissait que les entreprises devraient payer des impôts de 2 bolivars par hectare de la superficie sélectionnée (un bolivar représente au moins trois dollars) pour l'exploitation et 4 bolivars par tonne. Déjà, à cette époque, on critiquait le faible taux des impôts, la « générosité » des contrats, l'absence de rétribution pour le droit d'exploitation et la durée des concessions.
En outre, il existait une omission d'origine : il n'y avait pas de disposition qui prévoyait « la réserve de terres pour la nation en tant que sauvegarde de l’avenir. » Ainsi, ces politiques libérales destinées à générer des revenus ont agglutiner des investisseurs étrangers avides qui ont aplani le chemin, grâce à l'opacité légale, au chantage, au trafic d'influences et aux pression sur les Gouvernements de service.
Des chiffres dévastateurs
Dans son texte essentiel « En s'enfonçant dans les excréments du diable, » l'avocat et ancien ministre vénézuélien Juan Pablo Pérez Alfonso révèle une donnée dévastatrice : entre 1917 –quand les premières exportations considérables ont été faites du puits Zumaque I (Zulia)— et 1928, la « production accumulée de 240 000 000 de barils de pétrole et de 26 000 000 de plus par équivalence thermique du gaz extrait de ce pétrole, n'a généré une participation fiscale que de 8 000 000 de dollars.
Ainsi, en presque 20 ans d'exploitation de l’hydrocarbure (1917–1936), le pays a perçu 90 000 000 de $, seulement 8 % sur une production de 148 000 000 de barils de pétrole et de 153 000 000 de barils de gaz.
Avec l'arrivée du dictateur Marcos Pérez Jiménez, grande défenseur des intérêts des États-Unis, on a « faciliter la spoliation selon Pérez Alfonso avec l'octroi incontrôlé de licences étrangères et le renversement des politiques de concessions, comme celle dite « 50/50 », promue par le président déchu Isaías Medina Angarita.
Pendant la période qui va de 1917 à la nationalisation du pétrole en 1975, 38 664 000 000 de barils qui ont généré 104 167 000 000 de dollars ont été produits. L'Etat a perçu 43 900 000 000 qui correspondent à 42 % de ce montant et ont été versés majoritairement entre le milieu des années 60 et le début des années 70.
Les mains sur la richesse pétrolière
Pérez Alfonso, le père de l’ Organisation des Pays Explorateurs de Pétrole (OPEP) évoque dans son livre, « la pression des intérêts privilégiés, complice des transnationales » qui « a privé des gouvernements peu préparés » de l'administration des immenses richesses générées par l’hydrocarbure. »
Pour sa part, l'écrivain Orlando Araujo, dans « Venezuela violent », évoque la subordination de l'économie nationale aux décisions des « capitaux étrangers, essentiellement nord-américains.
Pour l'auteur, le «destin» de son pays était « un prolongement périphérique d'une autre économie plus puissante » qui avait l'habitude de faire pression sur les oligarchie locales pour que celles-ci fassent pression sur les Gouvernements.
L'or noir dans quelques mains
Déjà, en 1920, les États-Unis se situaient comme « le premier partenaire, commercial et investisseur, étranger, du Venezuela », et, avec la seconde guerre mondiale, le pays sud américain est devenu « le suppléant sur et fiable, » rappelle Petroleum.
Les compagnies étasuniennes Standard Oil (actuellement ExxonMobil), dont la filiale était Creole Petroleum Corporation, Gulf Oil Corp (actuellement Chevron) et la compagnie britannico-hollandaise Royal Dutch Shell au monopoliser, la production de brutes est développée, les infrastructures du pays pour l'exploitation dans les puits de la bande pétrolifère de l’Orénoque, à en Mene Grande (Zulia), à Anaco (Anzoátegui) et Jusepín, et de raffinage à Cardón et Amuay (Falcón) et El Palito (Carabobo).
Ces transnationales, selon Carlos E. Lippo, opéraient « sous différentes législations élaborées par elles-mêmes ou largement acceptées par elles jusqu'à la promulgation de la loi sur les hydrocarbures de 2001, » sous le gouvernement de Hugo Chávez, une loi basée sur la Constitution qui dit : « Pour des raisons de souveraineté économique, politique et de stratégie nationale, l'État conservera la totalité des actions de Petróleos de Venezuela, PDVSA, ou de l'entité créée pour la gestion de l'industrie pétrolière. »
Un peu plus de quatre mois après la promulgation de cette loi, la droite vénézuélienne soutenue par les États-Unis a perpétré un coup d'Etat contre Chávez, qui fut rétabli au pouvoir en quelques jours par une révolte du peuple.
Les monopoles étrangers, soutient Lippo, se sont mis d'accord sur la nationalisation du pétrole en 1975 avec le Gouvernement de Carlos Andrés Pérez et « ont organisé des coups d’État et des crimes d'État chaque fois que les Gouvernements successifs ont mis en place une réforme légale pour tenter d'augmenter la participation fiscale de l'État dans l'exploitation pétrolière. »
Source en espagnol :
http://www.cubadebate.cu/noticias/2025/12/19/un-siglo-de-saqueo-como-ee-uu-robo-el-petroleo-de-venezuela/
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