Amérique latine : Trump menace Cuba
par Luigino Bracci
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar infos
Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré dimanche que Cuba ne recevrait plus de pétrole ni d'argent du Venezuela. « Il n'y aura plus de pétrole ni d'argent pour Cuba. Zéro ! Je leur recommande chaudement d'arriver à un accord avant qu'il soit trop tard, » a écrit Trump sur son réseau Truth Social.
Dans son message, il affirme : « Cuba a vécu pendant longtemps des grandes quantités de pétrole et d'argent en provenance du Venezuela. En échange, Cuba a fourni des services de sécurité aux deux derniers dictateurs vénézuéliens, mais c'est fini ! »
Et il a ajouté : « La plupart de ces Cubains ont péri lors de l'attaque des États-Unis de ces dernières semaines, et le Venezuela n'a plus besoin de la protection des voyous et des extorqueurs qui l'ont pris en otage pendant tant d’années. »
« Maintenant, le Venezuela a les États-Unis, l'armée la plus puissante du monde (de beaucoup) pour le protéger, et nous le protégerons, » a-t-il proclamé.
La réponse de Cuba
En réponse aux menaces de Donald Trump, le président de Cuba, Miguel Díaz-Canel, a rappelé dimanche que son pays « est agressé par les États-Unis depuis 66 ans et est prêt à « défendre la patrie jusqu'à sa dernière goutte de sang. »
« Cuba est une nation libre, indépendante et souveraine. Personne ne nous dicte ce que nous devons faire. Cuba n'agresse personne, elle est agressée par les États-Unis depuis 66 ans, et elle ne menace pas, elle se prépare, elle est prête à défendre la patrie jusqu'à sa dernière goutte de sang. »
Dans ses messages sur son compte X, le président cubain indique que le gouvernement des États-Unis « n'a pas le droit de pointer du doigt Cuba pour quoi que ce soit, absolument rien, eux qui transforment tout en commerce, y compris les vies humaines ». « Ceux qui s'acharnent aujourd'hui contre notre nation le font parce qu'ils sont malades de rage face à la décision souveraine de ce peuple de choisir son modèle politique », a-t-il précisé.
Ceux qui accusent la Révolution d'être responsable des graves difficultés économiques que nous traversons devraient avoir honte et se taire. Car ils savent et reconnaissent que ces difficultés sont le résultat des mesures draconiennes d'étranglement extrême que les États-Unis nous imposent depuis 60 ans et menacent aujourd'hui d'intensifier », a-t-il souligné.
Le chancelier, de Cuba, Bruno Rodriguez, a également répondu en soulignant que « les États-Unis se comportent comme une puissance hégémonique criminelle et incontrôlable qui menace la paix et la sécurité. Pas seulement à Cuba et sur cette hémisphère, mais dans le monde entier. »
« Cuba ne reçoit pas et n'a jamais reçu aucune compensation monétaire ou matérielle pour les services de sécurité qu'elle a prêté à certains pays. À la différence des États-Unis, nous n'avons pas un Gouvernement qui se livre au mercenariat, au chantage ou à la coercition militaire envers d'autres Etats.
Comme n'importe quel pays, Cuba a le droit absolu d'importer du combustible des marchés qui sont prêts à l'exporter et qui exercent leur propre droit à développer leurs relations commerciales sans l'ingérence ou la soumission aux mesures coercitives unilatérales des États-Unis.
Le droit et la justice sont du côté de Cuba. Les États-Unis se comportent comme une puissance hégémonique criminelle et incontrôlable qui menace la paix et la sécurité. Pas seulement à Cuba et sur cette hémisphère, mais dans le monde entier. »
Après l'agression des États-Unis contre le Venezuela le 3 janvier dernier qui s'est achevée par l'enlèvement du président Nicolas Maduro, Donald Trump a fait des déclarations menaçant d'augmenter les pressions sur Cuba. Le président a affirmé le 10 janvier que la seule possibilité pour forcer un « changement », c'est « d’y entrer et de la détruire. »
Dimanche après-midi, le ministère des Relations Extérieures du Venezuela a publié un communiqué « réaffirmant sa position historique dans le cadre des relations avec la République de Cuba, conformément à la Charte des Nations unies et au droit international, au libre exercice de l'autodétermination et de la souveraineté nationale ». Le texte souligne que les relations entre les deux nations « se sont historiquement fondées sur la fraternité, la solidarité, la coopération et la complémentarité ».
Le Venezuela affirme que « les relations internationales doivent se régler sur les principes du droit international, de la non intervention, de l'égalité souveraine des Etats et de la libre détermination des peuples. Il réaffirme que le dialogue politique et diplomatique est la seule voie pour résoudre pacifiquement les controverses de n'importe quelle nature. »
Un blocus de 60 ans
En octobre 1960, les États-Unis ont instauré un embargo contre Cuba. Puis, en 1962, le président John F. Kennedy a considérablement durci les mesures, imposant un blocus commercial presque total qui a profondément affecté l'économie cubaine.
Initialement conçu comme une mesure temporaire visant à obtenir des compensations, l'embargo a non seulement été maintenu pendant 60 ans sous douze Gouvernements différents mais il a également été renforcé par des mesures coercitives successives.
Le Gouvernement cubain indique qu'aux prix courants, les dommages accumulés pendant plus de 60 ans d'application de cette politique s'élèvent à 1 706 772 000 000 de dollars.
À l'heure actuelle, pratiquement tous les pays du monde condamnent le blocus. De même, l'Assemblée générale des Nations unies s'est également prononcée à des dizaines de reprises contre ces politiques. Traditionnellement, les États-Unis et Israël votent contre.
Source en espagnol:
https://albaciudad.org/2026/01/trump-ahora-amenaza-a-cuba/
URL de cet article:
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