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Cuba, Venezuela: Quand l'impérialisme cesse de dissimuler

14 Janvier 2026, 17:30pm

Publié par Bolivar Infos

Manuel Eduardo Jiménez Mendoza,

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos

L'histoire a des moments dans lesquels l'impérialisme cesse de parler à voix basse et agit sans pudeur. Le scénario actuel qu’affrontent le Venezuela et Cuba est l'un de ces moments. Il ne s'agit ni d’une conjoncture de plus ni d'une escalade rhétorique, c'est une offensive coordonnée, consciente et dangereuse, qui combine pressions économiques, blocus énergétique, asphyxie financière et guerre de la communication.

Celui qui cherche à analyser ce qui se passe aujourd'hui naïvement –ou depuis la commodité des titres rapides – échouera. Ici, nous ne sommes pas face à des erreurs isolées ou à des hasards géopolitiques. Nous sommes face à une stratégie libérée destinée à mettre à genoux des projets souverains qui ne se soumettent pas aux dictats de Washington.

Cuba affronte depuis plus de 60 ans un blocus que le peuple des États-Unis lui-même a commencé à reconnaître comme inhumain, illégal et anachronique. Mais loin d'être démonté, le blocus a été durci, sophistiqué et étendu. Aujourd'hui, le blocus n'est plus uniquement commercial et financier, il est également énergétique, technologique et logistique.

Sur cette échiquier arrive le Venezuela. Une alliance stratégique entre La Havane et Caracas –basée sur la coopération, la solidarité et la complémentarité– est devenue l'un des objectifs prioritaires de l'impérialisme. Frapper le Venezuela, c'est frapper Cuba, asphyxier Cuba, c'est envoyer un message à toute l'Amérique latine.

Ce n'est pas un hasard si les sanctions contre l'industrie pétrole vénézuélienne s'intensifient juste au moment où les Caraïbes vivent l'une de leurs crises énergétiques les plus complexes. Ce n'est pas non plus un hasard si on poursuit chaque bateau, chaque transaction et chaque accord qui qui permettrait aux deux pays de respirer un peu.

Un récit qui cherche à effacer le coupable

Depuis les grands centres du pouvoir médiatique, on insiste sur un récit commode : les crises à Cuba, et au Venezuela ne sont que de la responsabilité de leur gouvernement. On parle d'inefficacité, de corruption ou d'incapacité structurelle et on omet –systématiquement– l'impact réel des sanctions, du blocus et de la persécution financière.

Ce récit n'est pas innocent, il est fonctionnel. Il sert à déresponsabiliser l'agresseur et Criminal lisez l'agresser. Il sert à présenter le naufrage économique comme un phénomène naturel et non comme ce qu’il est, une politique de châtiment collectif.

Cuba a été claire sur toutes les scènes internationales, de l'ONU aux forums régionaux : le blocus est le principal obstacle au développement du pays. Le Venezuela a dénoncé, avec des preuves, la façon dont on a volé ses actifs, gelé ses ressources et saboté son économie. Nier cela n'est pas une opinion, c'est de la malhonnêteté intellectuelle.

Ce qui gênent réellement les États-Unis, ce n'est pas le modèle économique, cubain, ni le système politique Vénézuélien en soi. Ce qui les gêne, c'est la souveraineté. Que deux petits pays –une île, un pays des Caraïbes– osent décider de leur destin sans demander l’autorisation.

C'est pourquoi l'impérialisme ne négocie pas d'égal à égal, il impose, menace et fait du chantage. C'est pourquoi on ne parle « d'accord » que quand cela implique une reddition. C'est pourquoi on met en place des sanctions, des listes noires et des campagnes de discrédit chaque fois qu'un pays dit « non. »

Dans ce contexte, la solidarité entre Cuba et le Venezuela n’est pas seulement un geste politique, c'est une nécessité historique. C'est la compréhension du fait qu'isolés, nous sommes vulnérables mais qu'ensemble nous sommes gênants pour le pouvoir hégémonique.

Un avertissement qui va au-delà des Caraïbes

Celui qui pense que cet offensive se limite à Cuba au Venezuela se trompe. Ce qui est en jeu, c'est le droit des peuples à choisir leur propre chemin. Aujourd'hui, c'est le pétrole vénézuélien et le système électrique cubain, demain, ce pourrait être n'importe quelle nation qui décide de sortir du schéma imposé.

L'histoire de Notre Amérique le montre très clairement: quand l'impérialisme avance sans résistance, il ne s'arrête pas tout seul. On l'arrête avec la conscience, avec l'unité et avec la vérité.

Cuba et le Venezuela,  une fois de plus, en première ligne dans cette bataille. Non comme des victimes passives mais comme des peuples qui savent –par expérience– que la dignité a un coût mais que le coût de la soumission est beaucoup plus important.

Source en espagnol :
http://www.cubadebate.cu/especiales/2026/01/12/cuba-y-venezuela-cuando-el-imperialismo-deja-de-disimular/
URL de cet article :

https://bolivarinfos.over-blog.com/2026/01/cuba-venezuela-quand-l-imperialisme-cesse-de-dissimuler.html