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Argentine : Un juge demande l'extradition du président Maduro en Argentine

6 Février 2026, 18:48pm

Publié par Bolivar Infos

Par Ariel Stemphelet

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos

Le juge fédéral Sebastián Ramos a déposé une demande de commission rogatoire destinée aux États-Unis pour demander l'extradition de Nicolas Maduro en Argentine dans le cadre d'une affaire pour crimes contre l'humanité devant les tribunaux de Comodoro Py. Même s'il existe un mandat d'arrêt, même ceux qui cherchent à ce qu'on le juge en territoire argentin signalent qu'il est improbable que le président vénézuélien déposé soit transféré dans le pays.

La décision de Ramos a été connue ce mercredi 4 février. Dans une décision de deux pages, le magistrat a ordonné la délivrance d'une commission rogatoire internationale « aux fins de demander l'extradition » du dirigeant détenu à New York. Le magistrat a indiqué que sa demande s'inscrivait dans le cadre du traité d'extradition signé entre l'Argentine et les États-Unis en 1997 et qu'elle avait pour objectif « de traduire en justice la personne en question. »

La demande d'extradition signée par le juge fédéral est arrivée un peu plus de deux semaines après une résolution dans laquelle la chambre fédérale de Buenos Aires, avec la signature des juges Leopoldo Bruglia et Pablo Bertuzzi, avait demandé au juge de se prononcer sur la proposition de l'une des parties. Cette proposition était, justement, une demande du forum argentin pour la démocratie dans la région (FADER) pour qu'on ordonne l’extradition de Maduro. Cette organisation est plaignante dans le dossier ouvert en 2023 devant les tribunaux de Retiro et a présenté sa demande pendant les premiers jours de janvier, après l'ingérence des forces étasuniennes à Caracas qui s'est achevé par l'enlèvement du président.

Avec cette demande d'tradition signée, maintenant ça annonce une série de démarches dans lesquelles interviendra la direction de l'assistance juridique internationale de la chancellerie. De même, le juge Ramos a ordonné que la demande soit traduite et transmise au département Interpol de la police fédérale, dans l'attente d'une réponse des autorités étrangères.

L'intention de juger Maduro en Argentine, s'explique par l'application du principe de juridiction universelle qui permet à un État de juger des crimes graves commis dans un autre pays. Quoi qu'il en soit, il est frappant de constater que même ceux qui soutiennent l'extradition du président ne pensent pas que les États-Unis donneront suite à la demande d'extradition et enverront Maduro en Argentine.

Plusieurs des parties qui sont impliquées dans le dossier ouvert dans le pays que Tiempo a consultées sont d'accord là-dessus.

« On ne peut pas prévoir ce que feront les États-Unis. Mais personnellement, je ne pense pas qu'il extrade, » c'est limité à dire un fonctionnaire judiciaire impliqué dans le dossier.

Tout au plus, a précisé une autre source judiciaire, on pourrait envisager de l'interroger par Zoom.

L'un de ceux qui sont à l'origine de l'accusation contre Maduro a également reconnu devant Tiempo qu’il ne pense pas que l'extradition avance mais il a expliqué qu'il s'agit d'une question de forme puisque l’arrestation d'une personne contre laquelle il y avait un mandat d'arrêt en Argentine s'est produite dans un autre pays.

Le scepticisme est encore plus grand parmi les parties consultées qui reconnaissent que le président des États-Unis, Donald Trump, s'est entendu politiquement avec la présidente du Venezuela par intérim, Delcy Rodriguez et que cela complique encore plus la situation.

En ce sens, la seule chose que ceux qui sont impliqués dans l'affaire considèrent comme probable est que la justice nord américaine permette que l’Argentine mène son enquête sur Maduro aux États-Unis, que ce soit avec la présence physique du juge argentin ou par zoom.

Les origines de l’affaire

Comme a dit, la demande de Ramos avait été présentée par l'organisation FADER avec la signature de l’avocat Tomás Farini Duggan de l'ancien ministre de la sécurité de la ville de Buenos Aires, Waldo Wolff. Le procureur Carlos Stornelli a donné son aval grâce a un écrit qu’il a présenté le lundi suivant l’enlèvement de Maduro dans lequel il demandait qu'on engage la procédure d'extradition afin que Maduro soit jugé.

L'affaire a débuté à partir de la plainte des organisations basée sur des témoignages de citoyens Vénézuélien, qui ont raconté avoir subi des traitements cruel et des violation de leurs droits de l'homme. Après avoir incorporer des déclarations d'organisme internationaux et des rapports d'organisation des droits de l'homme, en septembre 2024, Ramos a ordonné que Maduro et de son bras droit de l'époque, Diosdado Cabello, ministre de l'Intérieur et de la Justice du Venezuela, soient interrogés.

Maduro n'a aucun défenseur en Argentine. Le seul accusé qui a été officiellement cité dans le dossier est Justo Noguera Pietri, ancien commandant de la Garde nationale bolivarienne, qui fait également l'objet d'un mandat d'arrêt. Il est représenté par l'avocat Fernando Sicilia et a récemment tenté de faire révoquer les juges de la Chambre fédérale chargés de l'affaire, mais mercredi, la Cour de cassation a rejeté sa demande. Tout d'abord, sa défense avait brandi, entre autres arguments, le fait que l'Argentine avait dénoncé les mêmes faits devant la Cour Pénale Internationale et qu'on ne pouvait pas juger dans une double juridiction.
Ces derniers mois, le dossier n'avait pas connu tellement de nouveautés. Mais l'enlèvement de Maduro, réalisé par le gouvernement de Donald Trump au grand jour lors d'une opération qui violait le droit international à provoquer des mouvements à Comodoro Py.

Le signaler ce média il y a quelques semaines, dans les tribunaux, il y a ceux qui font une lecture institutionnalisée qui souligne que l'affaire est en relation avec l'application du principe de justice universel, mais il y a aussi ceux qui soutiennent que l'avancée judiciaire concernant Maduro en Argentine n'est rien d'autre qu’un qu'un signal envoyé par l'establishment judiciaire aux délégués de la Maison Blanche qui suivent de près les affaires locales.

Source en espagnol:
https://www.resumenlatinoamericano.org/2026/02/05/argentina-la-justicia-pidio-la-extradicion-del-presidente-maduro-a-la-argentina-pero-sus-impulsores-admiten-que-es-improbable/
URL de cet article:

https://bolivarinfos.over-blog.com/2026/02/argentine-un-juge-demande-l-extradition-du-president-maduro-en-argentine.html