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Cuba : Les scénarios Cuba-États-Unis possibles en 2026

21 Février 2026, 17:06pm

Publié par Bolivar Infos

 

Raúl Antonio Capote 

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos

L’Ordre Exécutif intitulé « aborder les menaces contre les États-Unis de la part du Gouvernement de Cuba », signé par le président Trump le 29 janvier, dit, entre autres choses : « Je considère que les politiques, les pratiques et les actions du Gouvernement de Cuba menacent directement la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis. »

Cette déclaration dépasse l'invraisemblable. Comment une île d'à peine 10 000 000 d'habitants qui subit un blocus économique depuis plus de 60 ans peut-elle être un danger pour la première puissance militaire qui possède des armes nucléaires et, en outre, est la seule puissance à les avoir utilisées ?

Matériellement, Cuba n'est pas une menace pour Washington, peut-être moralement, les empires ne pardonnant pas à ceux qui commettent le délit d’insoumission.

Il est hautement probable que Cuba restera sur la sale liste des Etats qui soutiennent le terrorisme, ce qui bloque presque toute transaction financière internationale et asphyxie l'investissement étranger.

À cause de l'activation totale du titre III de la loi Helms-Burton, on s'attend à une augmentation des plaintes judiciaires contre des entreprises qui « trafiquent », selon l'expression de Washington, avec des propriétés nationalisées, ce qui éloigne les partenaires européens et asiatiques.

La fermeture des services consulaires et la réduction des missions diplomatiques à un niveau minimum sera la règle bien qu’il soit possible de chercher des voies alternatives de contact pour des négociations secrètes.

L'économie cubaine affronte une crise profonde avec une croissance annoncée d'à peine 1 % pour 2026, une pénurie de devises et de sévères restrictions énergétiques, aggravées par le récent ordre exécutif qui déclare Cuba comme « une menace nationale » et punit par des droits de douane les pays qui fourniraient du pétrole à l’île. 

Et comme si cela ne suffisait pas, Donald Trump a prorogé pour un an. l’ordre exécutif qui l'autorise à arrêter et à inspecter les bateaux à destination de Cuba.

Un scénario vraisemblable pour 2026 serait une intensification des mesures coercitives unilatérales des États-Unis, l'application effective de droits de douane aux pays tiers qui feraient du commerce avec Cuba, en particulier dans le domaine de l’énergie.

La crise énergétique cubaine, en limitant la capacité opérationnelle du Gouvernement, peut affecter encore plus la population en provoquant une émigration illégale plus importante vers les États-Unis. Cette situation conduirait Cuba elle se rapprochait plus d'alliés comme la Russie et la Chine, pour contrecarrer son isolement.

Le Gouvernement de Donald Trump, enhardi par le succès de l'opération au Venezuela, pourrait essayer, cette année, d'obtenir le changement de « régime » à Cuba, grâce à l'utilisation de la force armée.

Les États-Unis ont démontré qu'ils avaient aussi bien la capacité logistique que la volonté politique d'exécuter des opérations de cette sorte, comme le démontre le cas du Venezuela. Bien qu'une inversion à grand échelle soit peu probable à cause de son coût politique et humain, une opération militaire limit, de type commando ou « coup chirurgical –similaire à celle du Venezuela, est possible.

Les variables les plus probables pourraient être une tentative de frappe aérienne surprise massive visant à détruire des infrastructures de base, des centres de commandement et de communication, des centres urbains densément peuplés, pour provoquer « le choc et la terreur » ou une attaque limitée (chirurgicale) dans le but d’assassiner la direction suprême du Gouvernement cubain et de ses forces armées.

Mais chacune de ces variables peut s'achever par un désastre pour la Maison-Blanche. Le Gouvernement et le peuple cubains ont démontré une résilience historique face aux sanctions et aux agressions et qu'ils soient géographiquement proches est un élément qui affecte les deux parties: les forces de l'île pourraient riposter efficacement et détruire des objectifs économiques et militaires d'une importance stratégique pour Washington.

Les relations avec la Fédération de Russie et la République Populaire de Chine, le soutien concret de ces deux nations constituent un élément important de soutien matériel et moral pour Cuba. Les déclarations et les actions récentes des dignitaires des deux nations montrent une augmentation de ce soutien.

Des acteurs régionaux comme le Mexique et les pays des Caraïbes pourraient servir de médiateurs et, comme cela se passe au Mexique, apporter une solidarité effective à la plus grande des Antilles. La solidarité mondiale serait un facteur de soutien non négligeable.

Négociation ou reddition

Il existe des facteurs qui déférence radicalement Cuba des autres pays : la structure de l'État, par exemple, et le fait que la contrepartie institutionnelle intérieure que les États-Unis pourraient utiliser comme « Gouvernement parallèle » n’existe pas. 

Aucune personnalité du Gouvernement n’a le pouvoir d’agir seule en faveur des États-Unis et de provoquer un « changement », le système cubain est basé sur la direction collective, avec une forte participation du peuple. 

Les Forces Armées Révolutionnaires (F. A, R.) sont profondément intégrées dans le domaine économique, politique et populaire. Elles ont une grande tradition de lutte, l'expérience du combat dans plusieurs régions du monde et sont hautement qualifiées. Une rupture interne ou des désertions massives sont très peu probables.

D'autre part, le Pentagone, sait que Cuba a préparé pendant des décennies, la « guerre de tout le peuple. » Une occupation militaire serait coûteuse, longue provoquerait un rejet total en Amérique latine, brisant des alliances stratégiques des États-Unis dans la région. Bien qu'il n'y ait pas de pacte de défense mutuelle officiel, une agression militaire dans les Caraïbes pourrait déchaîner un conflit mondial que les États-Unis préfèrent éviter.

Au lieu de faire débarquer des marins, le scénario pour 2026 vise une intensification de la guerre multiforme de caractère non conventionnel. Il cherche l'asphyxie financière totale, le renforcement du blocus pour forcer un effondrement du système des services de base (électricité et eau).

C'est un scénario dans lequel l'agression militaire pourrait être déguisée. Si une crise sanitaire ou alimentaire extrême se produisait, les États-Unis pourraient chercher à établir « corridor humanitaire » ou une « zone d'exclusion », ce qui serait techniquement une entrée militaire sans être une invasion totale déclarée.

Quand les États-Unis sanctionnent des pays tiers parce qu'ils vendent du pétrole à Cuba (en appliquant des sanctions secondaires), ils envoient un message direct à la direction de l’île: «le coût du maintien du système actuel est la paralysie totale du pays. »

La Maison-Blanche pourrait tenter d’utiliser des canaux de rétroaction (backchannels) éventuellement par le biais d’intermédiaires tels que la Norvège, le Venezuela, le Mexique ou le Vatican - pour offrir une issue négociée si Cuba facilite une transition ou une réforme en profondeur.

Actuellement, les médias, certaines sources diplomatiques et le président des États-Unis en personne parlent de l'existence de conversations avec des acteurs à l'intérieur de l'île, ce que le Gouvernement cubain a nié de façon répétée. Le Bureau Ovale affirme que le secrétaire d'État Marco Rubio est chargé des négociations secrètes.

Mais un doute ne peut cesser de nous assaillir : le secrétaire d'État trompe-t-il le président ? Serait-ce que ce dialogue n'existe pas ? Rubio pourrait certainement mentir pour empêcher n'importe quelle sorte d'échange entre les deux parties et faire ostensiblement échouer la voie diplomatique et provoquer une escalade qui conduise à une intervention armée, un rêve longtemps caressé par les membres de sa lignée.

Mais ce qui est une vérité absolue, c'est que Cuba ne négocie pas sous la pression, elle a toujours été prête au dialogue dans des conditions d'égalité mais n'accepte pas de conditions qui portent atteinte à sa souveraineté et à sa liberté.

Cuba se prépare pour le pire des scénarios, les Cubains ne le souhaitent pas mais nous avons depuis plus de 60 ans l'épée de Damoclès de l'agression militaire sur la tête. Nous savons résister et nous saurons vaincre.

Source en espagnol :
https://www.resumenlatinoamericano.org/2026/02/20/cuba-analisis-de-posibles-escenarios-cuba-ee-uu-en-2026/
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