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Cuba : Que cherchent réellement les États-Unis avec Cuba ?

9 Février 2026, 18:11pm

Publié par Bolivar Infos

Interview de José Ramón Cabañas, directeur du centre de recherche de politique internationale (CIPI)

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos

Dans cette interview accordée à la chaîne Almaplustv José Ramón Cabañas, directeur du centre de recherche de politique internationale (CIPI), analyse la coopération historique entre Cuba et les États-Unis, les mémorandum signés, la souveraineté cubaine et le rôle de l'île dans la paix mondiale. De la réouverture des ambassades à la coopération dans les domaines de la migration, du trafic de drogue, de la sécurité maritime et des processus de paix, cette conversation apporte des données prouvées – y compris de sources étasuniennes– pour comprendre les relations réelles entre les deux pays et la place de Cuba sur la scène géopolitique mondiale.

Le fait que Cuba les États-Unis aient des négociations à un certain moment sur des sujets spécifiques ou plus larges n'est pas exceptionnel. Il est bien prouvé dans des sources étasuniennes qu'il a existé une coopération de Cuba avec les États-Unis sur divers problèmes. L'immense majorité de la population des États-Unis est en faveur d'une relation la plus normal possible avec Cuba.

Pourquoi les États-Unis insistent-il pour dire qu'ils discutent au plus haut niveau avec Cuba ?

Le fait que Cuba les États-Unis aient des négociations à un certain moment sur des sujets spécifiques ou plus larges n'est pas exceptionnel. Souvenons-nous en particulier de la période 2015–2017, pendant laquelle on a discuté sur une variété de problèmes, on a négocié et on s'est mis d'accord sur la réouverture des ambassades dans les deux capitales qui sont toujours présentes, et sur la signature de 22 protocoles d'accord sur un ensemble de questions très larges.  À cette époque-là, on a évoqué surtout le mémorandum d'entente sur l'application et le respect de la loi qui prévoit la coopération dans 8 domaines différents qui vont de la lutte contre le terrorisme au combat contre le trafic de drogue, à la fraude migratoire, au cyber-délit, à la justice pénale. Et il est important de regarder dans les sources étasuniennes, pas seulement ce que dit Cuba. Il existe des  sources étasuniennes qui vont du département d’État, de la DEA, à un groupe d'institutions où on en parle positivement et où il est dit textuellement jusqu'à très récemment que la coopération avec Cuba sur ces problèmes est dans l'intérêt national des États-Unis.

Nous, nous avons mémorandum d'entente signé pour, disons, l'assistance, la recherche et le sauvetage dans ce domaine. Nous avons dit plusieurs fois que quand il y a un bateau, qu'il soit privé, de tourisme, ou que ce soit un bateau de marchandises, dans le détroit de Floride, qui a besoin d'aide d'urgence, aussi bien des États-Unis que de Cuba… Cuba a apporté cette assistance et ceux qui sont à bord ne sont pas divisés entre démocrates et républicains, ce sont des gens qui ont besoin d'aide. Il y a eu plusieurs cas.

Les États-Unis ont poursuivi des criminels internationaux qu'ils ont pu arrêter grâce à des informations données par Cuba, et nous, nous avons récemment publié un article produit d'une information qui a été apportée lors de l'événement que nous avons eu en décembre sur la quantité de messages qu'ont envoyé des institutions cubaines à des contreparties étasuniennes, des messages surtout liés aux problèmes du trafic de drogue dans lequel beaucoup de Cubains résidant aux États-Unis sont impliqués, à des alertes rouges et à des alertes vertes d'Interpol, à des individus qui font courir un risque aux États-Unis, pas seulement pour Cuba, mais Cuba est celle qui a obtenu l’information et cependant, ces messages n'ont pas reçu de réponse. Alors, pendant des années, il y a eu des spécialistes, il y a eu des agences étasuniennes qui ont publié qu'on peut chercher sur Internet ce que signifie pour eux la coopération de Cuba. Si vous le demandez à des fonctionnaires actuels et à des retraités du service des garde-côtes des États-Unis, ils vont vous dire de façon cohérente que le principal soutien qu'ils reçoivent dans les Caraïbes pour leur fonction est le soutien de Cuba.

Il y a des centaines de personnes d'autres nationalités qui essaie d'utiliser le territoire national de Cuba pour arriver aux États-Unis. Si Cuba n'avait pas la position qu'elle a dans le combat contre la migration illégale. Cuba n'avait pas la politique qu'elle a concernant l'affrontement du trafic de drogue, l’impact de ces phénomènes serait beaucoup plus important à l'intérieur des États-Unis et cela a été reconnu pendant des années. Je me souviens, pour donner un autre exemple, que quand les vols de plusieurs compagnies aériennes étasuniennes vers Cuba ont été rétablis, dans les années 16–17, les autorités aéronautiques des États-Unis et les compagnies aériennes elles-mêmes, les compagnies privées, disaient que le pays qui appliquait le mieux le programme de voyages sûrs dans toutes les Caraïbes était Cuba.

Donc, ce sont des données, ce sont des réalités qu'on ne peut pas changer avec trois déclarations toxiques, elles sont facilement prouvées dans des sources étasuniennes et j'invite celui qui a des doutes à chercher par lui-même ces sources étasuniennes. C'est quelque chose qui a été enregistré au fil des ans. Et quand nous avons discuté, nous sommes arrivés à des accords et nous avons coopéré et ça a été d'un commun intérêt et d'un bénéfice commun pour les deux parties. Ceci est arrivé, j'insiste, surtout pendant la période 2015–2017. Il faut dire que bien que les républicains parlent beaucoup des démocrates et de ce qu’a fait ou n'a pas fait le Gouvernement de Barack Obama, en réalité, les principaux bénéfices de ces accords ne se sont pas fait sentir sous le Gouvernement de Barack Obama mais pendant le premier mandat de Donald Trump.

Si on cherche le nombre de voyageurs entre les deux pays, ils ont des millions, et nous parlons d’Etasuniens venant à Cuba et de Cubains visitant les États-Unis, et aussi des Cubains résidant aux États-Unis venant dans leur pays d'origine, les chiffres, les plus importants ont été ceux des années 17,18 et du début de l'année 19, c'est-à-dire sous Donald Trump. Cet échange humain ne s’est pas produit avec un pays qui peut être considéré comme une menace inhabituelle et extraordinaire. Ce qui s'est passé alors, et cela s'est reflété sur la politique interne des États-Unis, c'est que la majorité, je dirais 90 % de ces voyageurs étasuniens qui n'étaient jamais allés à Cuba et ne connaissait de Cuba que ce qu'on leur avait dit à l'école ou dans la presse des États-Unis, rentraient aux États-Unis en disant que Cuba n'était pas la menace qu’on leur avait dit qu'elle était, que Cuba n'était pas l'ennemi qu'on leur avait décrit, que c'était une société avec laquelle il existe des liens culturels de différentes sortes.

Et ceci à fissurer le discours de la traditionnelle contre révolution cubaine. C'est pourquoi ils se sont tournés vers Trump et lui ont dit qu'il fallait arrêter ça. Et on sait que c'est pour cela que les voyages qui avaient coûté beaucoup de temps de négociation, beaucoup de temps pour se mettre d'accord sur des détails politiques, juridiques et techniques ont été interrompus et surtout les croisières ont été interrompues du jour au lendemain, avec un impact sur les personnes qui avaient déjà fait la réservation, leur dépense etc.… Je le répète, le fait qu'il existe une coopération de Cuba avec les États-Unis sur divers sujets, que cette coopération est dans l'intérêt national des États-Unis et n'a aucun rapport avec le dernière déclaration du Gouvernement des États-Unis est bien documenté dans des sources étasuniennes.

Quelle intention cache le fait d'insister sur l'existence de conversations ?

Je pense qu'en ce moment ils marchent sur deux voies différentes. L'une est ce qui se dit, ce qui est exprimé dans ce document au niveau présidentiel qui considère Cuba comme une menace inhabituelle et extraordinaire. Comme je l'ai déjà dit, ce n'est pas le cas. Et en même temps parler du fait qu'il y a un canal de communication.

Il est important de savoir que bien que le Gouvernement exprime cette opinion dans ce document destiné à l’intérieur des États-Unis et du monde, cette position est remise en question. C'est peut-être une manière d'équilibrer la déclaration très forte qui a été faite dans le document présidentiel. C'est peut-être aussi une manière de créer des attentes à l'intérieur de Cuba.

C'est peut-être une façon d'établir un parallèle avec la même position que les États-Unis ont pris envers d'autres pays. Si l’on suit les gros titres de l'actualité concernant l’Iran, par exemple, il semblerait qu'ils s'apprêtent à accepter une intervention militaire demain, mais dans le même temps, ils affirment être en pourparlers avec les autorités iraniennes. Il s'agit là de deux canaux distincts.

Je le répète, la position de Cuba a déjà été fixée, on l'a dit clairement. Et il est intéressant de voir comment ce qui se dit au niveau de la Maison Blanche trouve immédiatement un espace dans certains médias qui l’utilisent clairement pour réussir leurs effets. Et immédiatement, il y a un groupe, pour ne pas dire un bataillon, de sources sur les réseaux sociaux qui disent exactement la même chose.

Alors, il faudrait penser que ce sont des déclarations destinées à créer un effet à l'intérieur de la société cubaine, pour que la société cubaine ou un secteur de la société cubaine se pose des questions sur ce que disent nos propres dirigeants. Et cela fait partie de buts plus généraux pour lesquels ils utilisent plusieurs instruments. C'est la pression économique, c'est le discours politique, c'est l'influence direct sur la population, l'influence envers des tiers.

Ce sont des guerres d'un nouveau type qui ne sont pas comme celles d'avant lors desquelles les troupes devaient venir, débarquer et occuper un territoire. À présent, il y a une influence qui s'exerce par différents moyens et également à distance.

Pourquoi tant d'agressivité envers Cuba ?

En bref, c'est un pays qui vient d'appliquer les règles du néolibéralisme économique. Bien sûr, il n’a pas appliqué les mêmes règles que celles qu’exigeait le monde, d’autres ont été appliquées en interne, mais il y a quand même des secteurs économiques qui sont de grands gagnants de cette formule et de grands perdants de cette formule. Les États-Unis ont traversé des périodes successives de crise économique récente. La géographie de la ville et de l’état a radicalement changé.

Des entreprises, disons de construction automobile, de production d’acier, etc…, qui sont parties à l’étranger et ont eu un impact. L’agriculture étasunienne a sévèrement souffert. Il y a des états des États-Unis dans lesquels le budget fédéral paye les paysans pour qu'ils ne cherchent même pas à essayer de produire.

Les dépenses de la production agricole inefficace étaient tellement importantes qu'on les a payés pour ne pas produire et qu'on importait des aliments fournis par différents marchés. C'est donc une économie qui a subi des impacts inégaux. Il y a des secteurs qui ont plus souffert que d’autres.

Et si vous y prêtez attention, même la composition du gouvernement est constituée de multimillionnaires qui ont écarté les politiciens traditionnels et les Uruguayens afin de diriger eux-mêmes les destinées du pays. Ils ne le font pas pour le bien de tout le pays, ni pour le bien de toute l'économie. Ils représentent des secteurs très spécifiques et des intérêts très spécifiques.

C'est un pays très polarisé dans lequel ce que nous connaissons sous le nom de parti démocrate fédéral et de parti républicain fédéral est, disons, en déconstruction, pour ainsi dire. Dans le cas particulier des républicains, c'est une direction derrière une figure qui a profité du moment et qui n'a même pas milité au parti républicain. Les contributions de Trump et de sa famille ont été traditionnellement pour les démocrates mais à cause de la situation intérieure du parti républicain, il a été le véhicule que celui-ci a trouvé pour arriver au pouvoir et il a utilisé en ce sens.

Dans un but personnel très clair, éviter tous les problèmes légaux, éviter les impôts. Comme il l’a utilisé à son bénéfice personnel, récemment, on a divulgué le fait que sa famille et lui-même, seulement pendant cette première année de mandat, ont réussi à ajouter 1 400 000 000 de $ à leur fortune personnelle grâce aux différentes affaires qu'ils ont conclues. Et les personnes qui l'accompagnent, chacune poursuivent un objectif très primaire.

Comme par hasard, la veille de la divulgation de la directive présidentielle, qualifiant, Cuba, de menaces, inhabituels et extraordinaire, on a publié un sondage qui disait qu'environ 60 % de la population des États-Unis, continuer à penser que les relations avec Cuba devaient être des relations normales comme celles qu’on a avec n'importe quel autre pays. Et cela a été le cas à quelques centaines près, mais cela a été un indicateur constant pendant de très nombreuses années. La grande majorité de la population des États-Unis est favorable à une relation aussi normale que possible avec Cuba.

Sous le gouvernement de Barack Obama, peut-être les pourcentages ont-ils été un peu plus élevés parce qu'ils ont accompagné la décision exécutive, la décision du président. À d'autres moments de plus de toxicité, de plus de polarisation, ils ont été plus faibles mais toujours largement supérieurs à 50 %. Même parmi les Cubains résidant aux États-Unis, ils sont très élevés.

Les dernières déclarations officielles ont été accompagnées par des actions et certaines déclarations de, disons, des dirigeants politique locaux entre guillemets, appelant à arrêter les envois d'argent des émigrés cubains dans le pays, appelant à la suppression des voyages familiaux. Ce sont des gens qui n'ont pas de famille à Cuba, qui n'ont aucun intérêt à bien faire qui  le demandent mais cela heurte de front l'intérêt de l’immense majorité des Cubains résidant aux États-Unis, qu'il participent à des actions politiques ou non. Ils ont ce qu'on appelle un agenda familial, une logique de communication avec la famille qui est à Cuba.

Nous vivons donc à propos de l'Amérique latine, de Cubain, l'expression de ce qu'est la société étasunienne aujourd'hui. Quand on voit que les forces de l’ICE agressent sans relâche et sans respecter aucune règle absolument n'importe quel citoyen, il ne s'agit plus de minorités, ce n'est plus un problème avec les hispaniques ou les afro-descendants, c'est un problème avec n'importe quel citoyen qui affronte ce pouvoir. C'est exactement la même attitude qu'ils ont envers les pays voisins et envers le monde à un moment où ils ne trouvent plus d'outils efficaces pour affronter l'avancée de pays comme la Chine, qui est en très peu d’années, est devenu un adversaire économique formidable et un pays avec lequel ils ne trouvent pas de formule pour entrer en compétition en terme de productivité, d'efficacité, d'innovation technologique. Ce sont ces États-Unis que nous affectons aujourd’hui.

Je pense que l'alternative de Cuba toujours été cohérente avec la pensée de Marti. En ce moment où on parle d'éliminer le commerce des pays tiers avec Cuba, surtout dans le domaine du pétrole, bon, revenons au moment où Valeriano Weiler a lancé une campagne de concentration contre les Cubains afin d'empêcher la guerre d'indépendance, et au niveau de résistance extraordinaire dont a fait preuve le peuple cubain à cette époque. Plusieurs situations dans notre histoire nous rappellent une polarisation aussi extrême, où notre ennemi a tenté d'exterminer massivement la population.

Et les Cubains ont résisté, ont affronté cette situation non seulement à l'intérieur du pays mais aussi en ce liant avec énormément de gens dans le monde qui soutiennent la cause cubaine, qui ont de la sympathie pour la Révolution.

Comment Cuba a-t-elle contribué à la paix dans le monde ?

Les États-Unis ont une grande contradiction qui est qu'ils se déclarent comme le principal ennemi de la société et des institutions cubaines et en même temps, ils sont le pays qui héberge le plus important mouvement de solidarité avec Cuba. C'est-à-dire que nous ne voyons pas les États-Unis comme un monolithe, ils ne le sont pas, ni par rapport à Cuba, ni par rapport à aucun problème.

Rappelons-nous que quand on a tenté d'isoler Cuba dans les années 60, Cuba est devenue la capitale de tous les mouvements politiques qui proposaient une alternative au capitalisme. C'est ici qu'ont été fondés la Tricontinentale et l'OSPAAAL, tout cela s'est passé ici. Cuba est le seul pays au monde à avoir organisé deux sommets, et deux sommets du Mouvement des Pays Non Alignés. Cuba est le pays où la paix a été négociée pour un groupe de conflits internes, le plus connu étant peut-être celui de la Colombie, mais ce n'est pas le seul cas.

Des dignitaires de différents pays, qui ont eu, qui ont été confrontés à des problèmes politiques ou militaires avec des voisins, ont déclaré publiquement : « La Havane est le seul endroit du monde où nous avons pu nous rencontrer sans influence de tiers pour obtenir la paix, pour discuter de nos différences. » Ceci, les États-Unis le savent et ils ont même manifesté un certain intérêt à se rapprocher de certains de ces processus, à participer aux conversations. Cuba est le pays qui a eu une position décisive pour l'établissement de la paix en Afrique du sud-ouest, un processus dans lesquels les États-Unis étaient impliqués, dans lequel les États-Unis ont négocie comme partie prenante des accords multilatéraux et la paix a été signé, ni plus ni moins que dans la ville de New York.

Alors, nous, ce que nous faisons est cohérent avec ce qu’a été notre position traditionnelle et nous pensons que nous avons raison. Le Cubain est un être humain formé pour avoir une capacité extraordinaire de survie, pour affronter les problèmes. Notre société, avec tous les problèmes qu'elle affronte, et on le voit à tout niveau dans la rue, la solidarité dans la douleur.

Le cubain ne voudrait pas avoir affronter la situation qu'il l'affronte, mais il est solidaire à tous les niveaux. Beaucoup de cubains qui vivent à l'étranger leçon aussi avec la société cubaine. L'autre jour, j'évoqué l'exemple de l'ouragan Mélissa et de la façon dont les événements se succèdent l'un et l'autre, nous  oublions certains des plus récents.

Il est difficile de trouver un endroit dans le monde où on évacue 700 000 personnes avant un évènement naturel comme celui-ci, et où il n'y a pas un mort. Les États-Unis, malheureusement, ont vécu une vague de froid et il y a eu des dizaines de morts en quelques heures. Je le prends non que nous soyons une société supérieure ou inférieur à une autre, je le prends comme exemple de société, qui a sa force, qui a partagé avec des tiers.

Si nous parlons de l'impact de Katerina, à New York, 1800 personnes sont mortes en affrontant un ouragan de catégorie 5. Ce n'est pas une situation qui ne s'est jamais produite à Cuba. Si nous parlons de la façon dont Cuba et les États-Unis affronter le COVID, Cuba a évité 5 fois plus de décès par rapport à sa population que les États-Unis, avec beaucoup moins de ressources, mais grâce à un système organisé et pas seulement aux 5 vaccins, qui s'est consacré à sauver la société.

Alors, car nous unissons cette force avec n'importe quel autre pays, collectivement, nous sommes en bien meilleures capacités de sauver, de favoriser de développer notre société.

Qu'est-ce que la souveraineté pour Cuba ?

Je dirais que c'est l'axe d'une existence multilatérale, continuer à vivre comme des êtres humains, respecter l'indépendance souveraine et la liberté de n'importe quel pays. Si aujourd'hui on le demandait à Cuba, Cuba ne partage pas beaucoup de visions et beaucoup d'ordres politiques qui existent dans le monde. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais disons que là où la politique se fait en fonction de qui achète tel candidat, évidemment, cela ne doit pas fonctionner ainsi.

Il existe d'autres systèmes politiques que nous ne partageons pas. Cependant, nous respectons ces autorités, nous respectons ces pays, et pour continuer à vivre en tant qu'humanité, il s'agit de négocier nos différences et d'essayer de les résoudre de manière pacifique. Chaque fois qu'il y a eu imposition, nous l'avons reflété jusque dans notre Constitution, qui a été votée par la population lors d'un référendum.

Ce pays qui veut donner des leçons de démocratie à Cuba n'a jamais voté pour sa Constitution. Aux États-Unis, ce texte qui commence par « We the People » (« Nous, le Peuple ») a été négocié par 57 individus et signé par 39. Il y a eu un groupe d'amendements constitutionnels mais les États-Unis, en tant que pays, n'ont jamais voté pour une Constitution.

Nous, nous avons fait plusieurs référendum constitutionnels et nous avons reflété dans notre Constitution le fait que nous ne négocions pas sous la pression. Au moment où il y a eu des conversations plus diverses, plus productives, et où nous sommes arrivés à des accords, la première chose qui a été mise sur la table de négociation a été que les portes sont toujours ouvertes, pas seulement avec les États-Unis. Les États-Unis sont un pays avec lequel nous avons des liens historiques et culturels.

Ensuite, l'un des processus de négociations les plus compliqués pour Cuba a été celui engagé pour la paix en Angola, l'indépendance de la Namibie, la fin de la guerre en Afrique du Sud. Imaginez un Cubain négociant avec un Sud-africain blanc et raciste. Là, la distance politique, culturelle, de toute sorte, était beaucoup plus grande que celle que nous avons eu avec d'autres pays, mais il y a eu une concordance et un traitement respectueux pour atteindre un objectif.

Nous pouvons avancer si nous respectons notre souveraineté, si nous nous considérons comme égaux et s'il y a réciprocité.

Source en espagnol:
https://www.resumenlatinoamericano.org/2026/02/08/cuba-que-busca-realmente-estados-unidos-en-cuba-entrevista-a-jose-ramon-cabanas-director-del-centro-de-investigaciones-de-politica-internacional-cipi/
URL de cet article:

https://bolivarinfos.over-blog.com/2026/02/cuba-que-cherchent-reellement-les-etats-unis-avec-cuba.html