International: La Stratégie de la Défense Nationale des États-Unis contre l'humanité
Par Yoselina Guevara López
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos
Le ministère de la guerre des États-Unis a publié le 24 janvier sa nouvelle Stratégie de Défense Nationale pour 2026 qui est conçue pour essayer de maintenir par tous les moyens la suprématie hégémonique de Washington. Ses objectifs sont d'avancer dans ses intérêts à partir d'une position de force grâce à la dissuasion, en vainquant et en soumettant tout adversaire qui, selon sa conception, menace sa sécurité nationale. Le document met l'accent sur l'établissement et l'imposition des intérêts des États-Unis sur le reste des pays de Notre Amérique dans une manifestation évidente de maintien de ses prétentions impériale.
Le Pentagone, dans cette Stratégie de Défense Nationale, signale une voie pour les États-Unis : premièrement, une approche claire centrée sur l'hémisphère occidental du Groenland à la Patagonie, en tant qu'espace prioritaire pour Washington, deuxièmement, une relativisation de l'affrontement avec la Chine et la Russie qui d’un « thème central existentiel » devient un « défi stratégique », dans lequel les États-Unis estiment avoir la possibilité d’agir en position de force comme ils ont voulu le démontrer jusqu'à présent. Troisièmement et dernier point : la revendication d'une « main de fer » qui essaiera de conditionner les interventions mondiales de Washington.
Donroe: l'Amérique aux Américains
Le présupposé initial du secrétaire du ministère de la guerre Pete Hegseth est que quand Donald Trump est arrivé à la présidence des États-Unis, le 20 janvier 2025, le monde était « au bord d'une guerre mondiale » et que depuis lors, son Gouvernement « a reconstruit l'armée des États-Unis. » Des affirmations évidemment exagérées et fausses mais qui servent à contenter l'électorat et en même temps à dicter la ligne rhétorique d'un changement stratégique et systémique qui n'est aucunement inattendu et qui peut s'interpréter par l'idée que pour les États-Unis, la priorité absolue est l'hémisphère occidental. En réalité, il n'a pas reconstruit les forces armées tout simplement parce que ce domaine est le seul à s’être maintenu en constant développement avec un ministère de la Défense qui regroupe presque 3 000 000 d'employés au niveau mondial.
D'autre part, l'actuel Gouvernement affirme et pense que les États-Unis sont les maîtres absolus de l'hémisphère occidental sous la protection de la doctrine Monroe et du Destin Manifeste. Et par conséquent, il considère que ce cette zone du monde est de leur totale, unique et exclusive compétence. Complété par ce qu'on appelle le corollaire Trump, cela exclut toute puissance étrangère du continent. C'est pourquoi le document situe l'Amérique latine au premier rang de ses priorités. Cela expliquerait des attaques actuelles destinées à isoler et à soumettre Cuba à une crise humanitaire sans écarter une attaque militaire et l'intérêt pour le Groenland entre autres objectifs envisagés depuis le début de l'année 2026.
Pour cette raison, la Stratégie de Défense Nationale indique: « Nous défendrons le ciel de notre nation à travers le «Golden Dome for America » (…) Nous maintiendrons une dissuasion nucléaire moderne, capable de répondre aux menaces stratégiques, nous renforcerons les défenses cybernétiques et nous neutraliserons les terroristes islamiques qui ont la capacité et l'intention d'attaquer notre territoire. Nous garantirons l'accès militaire et commercial des États-Unis à des territoires clés, en particulier le canal de Panama, le golfe du Mexique et le Groenland. Nous fournirons au président Trump des propositions militaires crédibles à utiliser contre les narco-terroristes où qu'ils se trouvent. Nous nous engagerons de bonne foi envers nos voisins du Canada jusqu'à nos partenaires d'Amérique centrale et du Sud mais nous nous assurerons qu'ils respectent et accomplissent leur part dans la défense de nos intérêts communs. Quand ils ne le feront pas, nous serons prêts à agir avec des mesures décisives et spécifiques qui soutiendront concrètement les intérêts des États-Unis. »
Cuba, la dignité face au mensonge
Dans le cas de la république de Cuba, le Gouvernement des États-Unis a émis le 29 janvier 2026, l’ordre exécutif: « Faisant face aux menaces du Gouvernement de Cuba envers les États-Unis » par lequel il déclare l'urgence nationale à cause « des politiques, des pratiques et des actions du Gouvernement de Cuba » qui, selon le document, « constituent une menace extraordinaire et inhabituelle » pour Washington.
En plus de cette affirmation, cet ordre exécutif déclare faussement que le Gouvernement cubain doit répondre de « son soutien à des acteurs hostiles, au terrorisme et à l'instabilité de la région qui mettent en danger la sécurité et la politique étrangère des États-Unis. » Une fois de plus, ce sont des accusations qui manquent de n'importe quelle sorte de preuve et sont soutenu par les fausses affirmations de Washington envers Cuba disant qu’elle déstabilise la région et collabore avec des puissances rivales comme la Russie et la Chine et « des groupes terroristes comme le Hezbolá et le Hamas » auxquels, selon le récit nord-américain, elle donnerait « un refuge sûr. »
Ce sont seulement des arguments pour son « interventionnisme sélectif » dans la région justifié par « les menaces » envers la sécurité des États-Unis, en violant ouvertement le droit international, soutenus uniquement par les documents et les ordres émis de manière unilatérale par le Gouvernement des États-Unis.
De même, de nouvelles interventions militaires nord-américaines dans la région latino-américaine ne sont pas écartées étant donné que la Stratégie de Défense Nationale du ministère de la guerre indique qu'elle « rétablira la domination militaire des États-Unis sur l'hémisphère occidental. Nous l'utiliserons pour protéger notre patrie et notre accès à des territoires clé dans toute la région », dans le cadre du « corollaire Trump à la doctrine Monroe.
La Chine et la Russie, des menaces gérables
Il est étonnant que dans ce document, les États-Unis utilisent un ton plus « modéré » que nous pourrions même qualifier de « doux » À propos des puissances qui ont traditionnellement été se rival : la Chine et la Russie. La précédente Stratégie de Défense Nationale publiée par le Gouvernement Biden décrivait Pékin comme le défi le plus important pour Washington et affirmait que la Russie représentait une « grave menace », mais le nouveau document appelle instamment à avoir des « relations respectueuses » avec la République Populaire de Chine.
En ce qui concerne le dragon asiatique, Washington, établi comme objectif d'empêcher Pékin de « dominer » l'Indo-Pacifique, en garantissant un équilibre militaire conduisant à « une paix digne, à des conditions favorables pour les Etasuniens mais également acceptables pour la Chine ». Cela témoigne de l'adoption d'un langage moins conflictuel, qui peut être en relation avec des interventions plus sournoises, moins frontales.
Dans ce texte de 30 pages, Taïwan n'est mentionné à aucun moment bien que l'engagement des États-Unis de renforcer les défenses le long de la « première chaîne d'île » parmi lesquelles il souligne évidemment l'île de Formose, soit confirmé. Cela peut s'interpréter comme un équilibre stratégique qui profite aux deux puissances.
Concernant la Fédération de Russie, la Stratégie de Défense Nationale est explicite aussi bien sur la façon dont pour les États-Unis et L’OTAN (Organisation de l'Atlantique Nord), elle reste une « menace persistante mais gérable. » le Pentagone reconnaît sa capacité à « soutenir avec des ressources nationales une guerre à l'étranger » mais indique que l'Europe peut et doit être le bastion pour la contenir. Par cette affirmation, il appelle implicitement au réarmement de l'Union européenne, résolvant un problème économique au nom de la défense. Les membres de l'Union européenne pourront et devront renouveler leurs armes en les achetant évidemment à Washington. Mais, non content d'imposer le « réarmement européen », il érige également un mur de contention contre la Russie en déclarant que « Moscou ne peut prétendre à l'hégémonie européenne ».
L'OTAN et les alliés européens, un soutien essentiel
En ce qui concerne l'OTAN, le locataire de la Maison-Blanche ne peut retirer les États-Unis de l'alliance Atlantique d'un trait de plume mais il peut l'affaiblir. Et c'est précisément ce qu'il est en train de faire en remettant en question publiquement l'utilité de l'OTAN pour les États-Unis. Les alliés européens de Washington ont peu d'alternative, sauf de ravaler leur fierté. Ils savent qu'ils ne sont pas capables de se défendre par eux-mêmes contre la Russie.
La nouvelle Stratégie de Défense Nationale publiée par le Pentagone est un signe de plus que les Européens devront assumer « la totale responsabilité de la défense de l'Europe » et « jouer un rôle de direction dans la défense de l'Ukraine. » Les États-Unis limiteront leur contribution à un « soutient essentiel ». Ce n'est pas une surprise pour les alliés puisque la priorité de Washington en Europe est la stabilité stratégique avec la Russie, pas la défense européenne. Il ne reste pas d'autre remède aux Européen que de baisser la tête, d'aduler Trump et de sacrifier leur dignité. D'autre part, le document ouvre la possibilité aux États-Unis de pouvoir se retirer des mécanismes de planification de la défense de l’OTAN.
La réitération et la preuve établie par écrit que les États-Unis sont décidés à réduire leur soutien à des alliés comme l'Union européenne et la Corée-du-Sud dans ce qu'il décrivent comme « un changement d'équilibre des responsabilités » sont importantes.
Le document mentionne également l'Iran. A Washington, ils pensent que, malgré les récents coups subis, la république islamique serait en train de renforcer ses capacités militaires conventionnelles et de développer des armes nucléaires, ce qui représenterait un facteur de crainte de plus pour Washington quant aux prétentions hégémoniques de l'État d'Israël.
Il faut donc souligner ce que les États-Unis omettent: l'évolution de la position internationale de Téhéran ne peut être comprise sans analyser le réseau complexe entre la mémoire historique, les traumatismes de la guerre et les impératifs de la continuité de la République Islamique d’Iran. La grande stratégie de l'Iran contemporain n'est pas le simple produit d'une ferveur idéologique abstraite mais le résultat d'une culture stratégique raffinée qui a transformé la perception d'isolement en un système de défense dynamique. Au fil de décennies de conflits et de sanctions, l'Iran est passé du statut d'acteur révolutionnaire à celui de puissance régionale pragmatique, capable de projeter son influence bien au-delà de ses frontières nationales afin de garantir la sécurité de son noyau central.
Enfin, la position des États-Unis, dans sa Stratégie de Défense Nationale 2026. Montre une vision politique concernant la Défense et la politique étrangère beaucoup plus pragmatique. Washington, ne laisse aucun doute sur sa sur le fait que sa priorité et la défense de sa patrie, la dissuasion envers la Chine, une plus grande responsabilité des alliés et le renforcement de l'industrie militaire intérieur, dans une pour tenter de maintenir sa position hégémonique, qui, malheureusement, est jusqu'à présent écrasante, et avec la ferme intention, au nom de la défense de sa sécurité, de freiner la multipolarité, de briser le droit international, la souveraineté et l'autodétermination des peuples et, plus grave encore, de porter atteinte à la paix de l'humanité.
Source en espagnol:
https://infoaldesnudo.com/estrategia-de-defensa-nacional-de-los-estados-unidos-contra-la-humanidad/
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