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Venezuela : Comment le Venezuela affronte la spéculation.

8 Février 2026, 17:32pm

Publié par Bolivar Infos

Par Ricardo Pose

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos

Après l'agression des États-Unis du 3 janvier, qui s'est achevée par l'enlèvement du président, Nicolas, Maduro et a fait des centaines de morts, le Venezuela affronte un faux récit politique qui cherche à s'approprier les conséquences économiques.

Le 3 janvier 2026 est déjà une date clé dans l'histoire du Venezuela et de l'Amérique latine. Ce jour-là, l'empire étasunien a attaqué une nation souveraine, enlevé le président Nicolás Maduro et la députée et première dame combattante Cilia Flores, laissant derrière lui des centaines de morts et une traînée de destruction.

La société vénézuélienne ne s'est pas encore remise de cette agression. Les citoyens cherchent des explications aux incertitudes que traverse le domaine de la politique et surtout celui de l'économie : quelle est la relation entre les deux sphères, à laquelle des deux  –ou aux deux- répondent certaines circonstances qui secouent la vie quotidienne.

Avec l'invasion et l'enlèvement du président, les incertitudes, les oscillation du change, et la pénurie de devises ont augmenté, créant un terrain propice à la spéculation. Beaucoup de commerces ont ajusté leurs prix à la hausse, faisant exploser l’inflation.

Cette situation, produit de l'agression militaire, s'inscrit dans un contexte dans lequel les prix non officiels étaient déjà soumis à des variables politiques. En novembre, le Gouvernement de Donald Trump avait réalisé des actions directes de coercition et bloqué physiquement l'activité maritime pétrolière : il avait enlevé et volé des bateaux, interrompu les mécanismes de vente de devises de la Banque Centrale du  Venezuela (BCV) grâce à des interventions sur le marché du change. De décembre à la mi-janvier, la pénurie de devises, l'incertitude et, en conséquence, la spéculation, se sont aiguisées.

Le pouvoir communal : une autre logique économique

Face à cette situation, le pouvoir communal n'a pas simplement offert une alternative d'approvisionnement. Il a proposé une autre logique économique qui ne répond plus ni à l'oscillation du marché du change ni aux va-et-viens de la spéculation, mais à la capacité de production et de distribution du territoire organisé.

Alors que le marché traditionnel transforme les devises en marchandises spéculatives et les prix en otages de la volatilité du change, le modèle communal parie sur un prix juste déterminé à partir de la production elle-même, sans intermédiaire qui rende plus cher le trajet du champ à la table. Il ne s'agit pas de compétition sur le terrain même du marché spéculatif, mais de construire un autre terrain sur lequel l'économie réponde à des besoins réels et non à des attentes de bénéfices démesurés.

La présidente par intérim Delcy Rodríguez a déclaré : « La protection sociale naît du peuple organisé et du pouvoir communal. Nous nous joignons en une grande union productive en garantissant des prix non spéculatifs. La spéculation, nous n'allons pas la permettre, c'est une prémisse que nous a laissée notre président Maduro. »

Et elle a donné des instructions pour qu’on mette l'accent sur la productivité des régions du territoire et qu’on évite la spéculation sur les prix des aliments.

La première Rencontre Nationale d’Économie Communale qui a eu lieu le 4 février au Polyèdre de Caracas a matérialisé ce présupposé. Rodriguez a célébré la naissance d'un nouveau modèle économique et qualifier l'économique communal de « championne face au blocus criminel. »

Ces annonces ont été stratégiques et ont eu un impact immédiat : le lancement du plan national des petites exploitations agricoles et du Plan de substitution stratégique des importations dans le cadre du Défi admirable 2026, donnant la priorité aux haricots noirs, au maïs et au riz. Il a été ordonné de reproduire le « modèle du Plan Café » dans tous les secteurs afin d'éliminer les intermédiaires et de garantir des prix équitables de la commune au consommateur. L'avocat de Yaracuy a reçu le certificat d'indication géographique protégée, s'ajoutant ainsi aux cinq produits nationaux protégés en 2025.

On a désigné des ministres comme parrains régionaux pour les sept régions de production du pays en garantissant le financement et la coordination de l'encadrement industriel. Chaque territoire a à présent un accompagnement technique et des ressources directes pour son développement autonome.

Le membre de la commune vénézuélienne, un acteur économique et politique

Ce qu'on attend des membres d'une commune vénézuélienne n'est pas seulement qu'il produise ou consomme dans le circuit communal mais qu'il comprenne et assume le fait que sa participation brise la dépendance envers le marché spéculatif. Chaque kilo de haricots noirs vendu sans intermédiaire, chaque sac de riz qui ne passe pas par les mains d'un accapareur, chaque tasse de café qui va directement du producteur au consommateur est un coup porté à la logique qui transforme l'incertitude en bénéfice privé.

Le vice ministre de l'économie communale a fait savoir récemment 2024 et 2025, le plan communal concernant le café et le plan communal concernant le riz ont démontré la capacité des communs administrer l'industrie sur leur territoire.« Depuis qu'ont débuté les consultations populaires, il y a eu une quantité importante de projets mise en œuvre dans leur totalité, ce qui démontre la capacité non seulement d'améliorer la qualité de vie mais de production. »

Le référendum populaire du 8 mars concentrera les projets sur la Première Transformation (1T), liée à l'économie productive, et sur la Deuxième Transformation (2T), liée au droit à la ville. Le calendrier des assemblées dans les communes a déjà commencé afin de discuter de sept projets qui serviront de guide, « en explorant un modèle croissant qui démocratise les outils économiques historiquement réservés aux groupes économiques de la nation », a-t-il déclaré.

Régime de propriété sociale peut être complexe dans d'autres parties du monde, mais au Venezuela, la commune propose un modèle révolutionnaire des moyens de production qui permet de relier la production entre les communes, le marché privé et l'État dans le cadre d'une nouvelle conception commerciale.

Plus de 49 000 conseils communaux et 5 336 communes et circuit communaux sur lesquels 4s000 se sont déjà constitués officiellement opèrent  au Venezuela. Le défi pour la fin de cette année : atteindre les 6 000 communes. Les entreprises de propriété sociale dont les actifs appartiennent à tous les habitants de la commune sont le moteur de cette expansion.

Cette architecture économique n'improvise pas de réponse circonstancielle. Elle construit une souveraineté alimentaire et une stabilité des prix à partir de la base, sans attendre que le dollar se calme ou que les spéculateurs aient pitié. Alors que le marché du change oscille et que les commerçants ajustent les prix selon la brèche du change, le modèle communal offre une planche de salut: une production locale, des circuits courts, des prix connus, une économie enracinée dans le territoire.

Volatilité et spéculation

Alors que le pouvoir communal coordonne des réponses structurelles, le marché des changes reflète les turbulences. Le taux de change a ouvert le mois de décembre à 247,30 bolivars (Bs.)/USD. Le 2 janvier 2026, il avait franchi la barre des 300, atteignant 301,37 Bs./USD.

Le rythme des ajustements s'est accéléré après l'agression. Le 13 janvier, le taux était de 330,37 Bs./USD ; le 27, il dépassait les 358 Bs., soit une hausse de plus de 20 % en à peine quatre semaines.

Le marché P2P de Binance (cryptomonnaies) a servi de baromètre de la spéculation non officielle, avec des prix bien supérieurs à ceux affichés par la BCV. Début décembre, la moyenne dépassait 360 Bs./USDT. Le 13 janvier, alors que la BCV affichait 330, Binance atteignait des pics de 608 Bs./USDT. Dans certains cas, il a même atteint 900 Bs./USDT.

Les écarts entre le taux officiel et le taux P2P ont oscillé entre 80 %, 110 % et même 200 % à la mi-janvier. Après une correction à la fin du mois, l'écart s'est réduit à 20 %, selon le rapport de Mission Vérité.

Perception et faux récit politique

La spéculation a été utilisée pour installer un récit politique qui attribue les améliorations économiques à l'enlèvement du président Nicolas Maduro.

Dans des secteurs moins politisés, on associe l'augmentation excessive des prix du 3 janvier et sa correction postérieure à la situation politique sans prendre en considération le fait qu'il s'agit d’une réaction typique du marché face à toute crise subite.

Les plates-formes de transport ont reflété cette volatilité : un déplacement à moto qui coûtait 7 dollars jusqu'à 2h du matin, heure de l'attaque, est passée à 20 $ pour revenir à l'offre habituelle antérieure de 7 dollars.

L'annonce d'achat de pétrole par Donald Trump et le début de relations fluides entre Washington et Caracas ont amené l'assouplissement des sanctions coercitives illégales et on a aussi tenté de présenter cela  comme le résultat de l'agression militaire.

Mais avant cette agression, le président Nicolas Maduro avait déclaré être prêt à négocier la vente de pétrole Vénézuéliens aux États-Unis avec placement des devises via la BCV et les banques nationales pour des activités économiques prioritaires : santé, alimentation, intrants de production.

« Nous, nous sommes déjà sérieux. Quand nous signons un contrat, conformément à la constitution, Real, la loi, celui-ci est respectait qu'il pleuve qu'il vente ou qu'il neige, comme ça s'est passé avec Chevron. Qu'il pleuve qu'il vente ou qu'il neige! avait affirmé Maduro en décembre 2025.

Le président de Fedecámaras, Felipe Capozzolo, avait déclaré le 29 janvier que le panorama pour le Venezuela en 2026 était un panorama « d'optimisme dans l'économie à partir des investissements qui peuvent être faits dans le domaine pétrolier et dans les développement en matière énergétique. »

Interviewé par VTV, il a souligné la nécessité pour les entreprises d'avoir la capacité d'embaucher afin de poursuivre la diversification économique, pour que les charges fiscales servent de levier au développement et pour garantir la participation des entreprises vénézuéliennes à l'expansion pétrolière.

Perspectives

La stabilité du charge influe directement sur l'humeur sociale. Il est toujours urgent de corriger les pratiques spéculatives sur le dollar étasunien aussi bien physique que digital. Les agents sur les plates-formes non officielles ont transformé les devises en marchandises en marquant des prix toujours plus élevés.

La présidente par intérim Delcy Rodríguez a fait savoir qu’on attend 1 400 000 000 de dollars étasuniens d’investissements pétroliers cette année, ce qui élèvera le flux de devises dans le système du change.

La Banque Centrale du Venezuela offre des devises en coordination avec le Gouvernement national et avec le soutien du système financier pour compléter l'offre privée. Jusqu'à présent, on a vendu 300 000 000 de $ issus de l'exportation d’hydrocarbures. Une nouvelle offre de 200 000 000 complétera le quota de janvier et de la première semaine de février.

Ce dynamisme doit s'accompagner de transactions interbancaires en dollars entre des entités nationales et de plus de disponibilité physique de billets qui existent dans l'économie mais sont thésaurisés.

Selon Mission Vérité, la situation du change en 2026 pourrait ressembler à celle de 2024, quand l'écart entre le dollar officiel et non officiel avait enregistré des niveaux minimum -entre 5 % et 9 %- un écart qui avait favorisé un système d'importation, d'offre de biens et de contention de la dévaluation gérable

Source en espagnol :
https://www.telesurtv.net/venezuela-enfrenta-especulacion-economia/
URL de cet article :

https://bolivarinfos.over-blog.com/2026/02/venezuela-comment-le-venezuela-affronte-la-speculation.html