Venezuela: La droite appelle à des élections pour pouvoir créer des troubles
Par Leonardo Fernandes
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos
Lors d'une interview accordée à la chaîne étasunienne Newsmax , lundi dernier (9), le président de l'Assemblée nationale du Venezuela (ANV), Jorge Rodríguez (PSUV), a déclaré que de nouvelles élections auraient lieu dans le pays qu'après qu'on ait obtenu la stabilité interne: « Il n'y aura pas d'élections dans cette période immédiate pendant laquelle on a besoin d'atteindre la stabilisation. Si nous arrivons à un accord avec tous les secteurs de l'opposition pour fixer un calendrier électoral avec l'accord de tous, les élections auront lieu pour promouvoir la stabilisation, la coexistence et la paix. »
Pour Gilberto Maringoni, professeur de Relations international à l'université fédérale de l’ABC (UFABC), le fait que des secteurs de l'opposition convoquent des élections « n'est pas démocratique, c'est une convocation à l'agitation. »
Cette pression de l'extrême droite pour convoquer des élections existent. Elle pense qu'il y a eu corruption en 2024 et que maintenant, la situation a empiré. Elle pense qu'il devrait y avoir de nouvelles élections pour que l'opposition puisse gagner. Mais ce n'est pas le bon moment pour convoquer des élections, estime-t-il.
« La situation au Venezuela est extrêmement instable. Les élections seraient une complication maintenant, surtout parce qu'elles ne devraient pas avoir lieu. Il y a eu des élections il y a un an et demi et le tribunal suprême a décrété que Delcy était la présidente. Le cas est différent de celui de Zelensky en Ukraine, dont le mandat a expiré en mai 2024. Celui-ci utilise la loi martiale, une mesure exceptionnelle, pour se maintenir au pouvoir, », signale-t-il.
Selon Maringoni, on ne peut ignorer le fait que le pays a été attaqué militairement par une puissance étrangère et il souligne que « dans des situations exceptionnelles, le Gouvernement prend des mesures exceptionnelles. »
Le Venezuela a subi une attaque étrangère, une attaque extérieure. C'est pourquoi Jorge Rodriguez a raison. Il ne s'agit pas d'être fanatique mais de chercher à ne pas introduire un autre élément de conflit dans le pays.
Prisonniers politiques ou politiciens en prison ?
Le vice-ministre du Venezuela pour les politiques anti blocus, William Castillo, a parlé en exclusivité avec Brasil de Fato et a affirmé que tout le travail destiné à « stabiliser et maintenir la trajectoire de croissance économique, réconcilier politiquement le pays et renforcer les institutions démocratiques » ont été mené à bien parallèlement avec les négociations pour la libération de Nicolas Maduro et de Cilia Flores. Et il a souligné que c'était une situation exceptionnelle.
Aucune nation n'a une Constitution qui dit ce qu'il faut faire si le pays est attaqué et son président enlevé. Évidemment, nous nous trouvons dans une situation exceptionnelle qui a déjà interprétée par la Cour Suprême de Justice qui a décidé qu'une présidence par par intérim dirigée par Delcy Rodriguez est appropriée, et c'est ce qui s'est passé effectivement, signale le politicien.
Castillo souligne que négocier un accord énergétique avec les États-Unis, ainsi que libérer des prisonniers impliqué dans des violence dans le pays sont une partie fondamentale des efforts du Gouvernement de Delcy Rodriguez.
« « Pour garantir la stabilité et la croissance économique, on a négocier un accord énergétique avec les États-Unis, qui inclut, au moins en partie, l'assouplissement du blocus, pétrolier, économique et financier, imposé au pays, », a dit Castillo et il a mentionné la récente réforme de la Loi Organique sur les Hydrocarbures.
En ce qui concerne la stabilité politique, environ 900 personnes qui avaient été emprisonnées pour divers délits ont été libérées et on est en train de mettre au point une loi d'amnistie générale pour commencer la réconciliation politique après des années de polarisation. Le Venezuela est aujourd'hui l'un des pays, les plus stables du monde parce que, en respectant les lois et la Constitution, par des moyens diplomatiques, légaux et pacifiques, il affronte ces défis.
D'autre part, Castillo rejette le récit médiatique pro-États-Unis, qui qualifie les personnes libérées de « prisonniers politiques. »
Ce qui est vrai, c'est que beaucoup d'entre eux ont été arrêtés en flagrant des délits et condamnés avec des preuves irréfutables de participation à des délits contre l'État et à divers des délits politiques. Au Venezuela, il n'y a pas de prisonniers politiques, seulement des politiciens en prison, souligne-t-il.
Ainsi, le vice-ministre écarte la possibilité de n'importe quelle sorte d'imposition de la part du Gouvernement des États-Unis pour des changements internes: « Les décisions de politique intérieure sont souveraines et sont prises grâce à un dialogue national inclusif en respectant les lois et la Constitution. Personne ne dicte au Venezuela ce qu'il doit faire. Mais nous serions naïfs ou démagogues si nous ne reconnaissions pas que les États-Unis exercent des pressions très fortes sur notre pays. Ils ont enlevé le président et sa vie et celle de son épouse sont en danger. Ils maintiennent une présence militaire menaçante dans les Caraïbes et, même en ayant assoupli certaines restrictions, ils maintiennent le blocus économique. Ce sont des conditions que nous ne pouvons pas ignorer, » affirme Castillo.
Ce n'est pas ce que tu penses mais ce que dit la Constitution
Bien que les déclarations de Rodriguez aient servi à raviver l'ordre du jour négatif à propos du processus interne au Venezuela, Maringoni invite à revoir ce que dit la Constitution du pays qui aborde la vacance du pouvoir exécutif sous les concepts d'absence absolue et d'absence temporaire du Président de la République.
Le professeur en relations internationales signale que le mandat du président Nicolas Maduro, élu en 2024, s'achèverait en 2031 s'il n'avait pas été enlevé par les forces militaires des États-Unis lors de l'attaque du 3 janvier. Il souligne que les raisons qui constituent un échec absolue du président sont: la mort ou la démission, la destitution de la charge décrétée par sentence du Tribunal Suprême de Justice (TSJ), l'incapacité physique ou mentale permanente certifiée par une assemblée de médecins désignée par le TSJ et approuvée par l'Assemblée nationale, l'abandon de la charge déclaré par l'Assemblée nationale et la révocation du mandat par le peuple.
« Il est évident qu'il n'existe aucune dispositions dans la Constitution pour le cas de l'enlèvement du président par une nation étrangère. La constitution stipule ce qui suit dans son article 233 : si il y a absence absolue du Président de la République pendant les quatre premières années de son mandat constitutionnel, il n'y aura de nouvelles élections universelles, directes et secrètes dans les 30 jours consécutifs. La Constitution le stipule ainsi. »
L'article suivant, le 234, stipule que les absences temporaires du président de la République seront remplacées par le vice-président exécutif pendant une période maximale de 90 jours, prorogeable de 90 jours supplémentaires par décision de l'Assemblée nationale. Cela représenterait un total de six mois. Si une absence temporaire se prolonge au-delà de 90 jours consécutifs, l'Assemblée nationale décidera à la majorité si elle doit être considérée comme une absence absolue. Il s'agit d'une situation tout à fait exceptionnelle, car il s'agit d'une question sous-constitutionnelle. C'est une lacune de la Constitution concernant quelque chose qui ne s'était jamais produit. Mais elle [Delcy Rodríguez] a été investie en tant que présidente, elle n'est pas vice-présidente en exercice », souligne le professeur.
C'est sur la base de ces règles constitutionnelles qu'après l'enlèvement de Nicolas Maduro et de la première dame et députée Cilia Flores, le Tribunal Suprême de Justice du Venezuela, le plus haut tribunal du pouvoir judiciaire, a décidé que le pouvoir législatif devait investir Delcy Rodriguez, alors vice-présidente du pays, pour assumer le pouvoir exécutif, considérant l'absence du président Nicolas Maduro comme temporaire.
Un dialogue respectueux.
Dans une interview accordée la chaîne étasunienne Newsmax , le président de l'Assemblée nationale a souligné que le Gouvernement par intérim de Delcy Rodriguez s'est engagé dans la réconciliation du pays et qu'il a des conversations respectueuses avec le secrétaire d'État des États-Unis, Marco Rubio et le ministre des finances Scott Bessent, mais il a écarté l'idée que le Gouvernement de Donald Trump exerce une ingérence sur souveraineté du pays.
« Ce Gouvernement, à travers le Gouvernement de la présidente par intérim Delcy Rodriguez, exerce le plein contrôle du Venezuela et de sa souveraineté, conformément avec ce que stipule la Constitution. En effet, les relations entre le Venezuela et les États-Unis sont très intenses mais ce que nous pouvons dire, c'est que pendant ces 36 derniers jours, nous avons eu une excellente compréhension et d’excellentes relations de travail avec le Gouvernement des États-Unis. Nous espérons et nous aspirons à une relation bénéfique pour les deux, le peuple du Venezuela et le peuple des États-Unis, », a déclaré Rodriguez, qui, d'autre part, a à nouveau exiger la libération de Maduro et de Cilia.
« Je pense que le président Maduro et la première dame, Cilia Flores, qui ont été enlevés, doivent être libérés immédiatement, conformément au Droit International, » a-t-il affirmé.
Source en espagnol:
https://www.resumenlatinoamericano.org/2026/02/11/venezuela-los-llamados-a-elecciones-no-son-democraticos-son-turbulentos-afirma-profesor-de-relaciones-internacionales/
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