Amérique latine : La droite renforce sa soumission à Trump
Par Melisa Molina
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos
Javier Milei est arrivé à Doral- Floride ce vendredi pour participer au sommet « Bouclier des Amériques », un espace créé par le président des États-Unis, Donald Trump, qui aura pour objectif de réunir tous les présidents de droite de la région qui lui conviennent lui obéissent. Cette réunion a lieu dans le contexte de l'attaque militaire de l'Iran par les États-Unis mais surtout dans celui de la bataille géopolitique que le pays du nord livre à la Chine pour s'approprier les ressources naturelles et stratégiques de toute la région.
Le sommet « Bouclier des Amériques » se déroulera de samedi à 12 (heure locale) mais ce ne sera pas le plat principal de l’Argentine, le plat principal sera un « déjeuner de travail » que Trump a accordé à Milei et qui aura lieu le même jour à 13h15.
Página/12 est en Floride et à demander son accréditation au bon moment et dans la bonne forme pour pouvoir couvrir la rencontre Doal à laquelle participera le président Milei, ce samedi. Mais les organisateurs du sommet lui ont refusé l’accréditation.
L'argument officiel est qu’ils ont refusé l'accès de ce média à cause du manque de place dans la salle à réservée à la presse. Mais des journalistes de différents médias d'Argentine et d'autres pays qui se sont présentés ensuite ont été acceptés.
« Malheureusement, l'espace réservé aux journalistes dans cet événement est super limité et c'est la Maison-Blanche qui décide finalement qui y va, » ont déclaré ceux qui sont liés à la réalisation de cet événement quand ils ont été consultés sur les raisons pour lesquelles d'autres médias ont pu accéder à l’accréditation et Página/12 non.
Malgré les démarches qui ont été tentées depuis l'ambassade des États-Unis en Argentine pour que le journal puisse couvrir ce sommet, la réponse des organisateurs est restée négative.
Dans le contexte de l'attaque militaire que les États-Unis ont engagé contre l'Iran, le 28 février, Trump veut que les gouvernements latino-américaine le soutiennent dans son avancée. En outre, la rencontre qui a été convoquée à Doral avant le déclenchement du conflit entre les États-Unis et Israël contre l’Iran s’inscrit dans un contexte géopolitique particulier : la bataille que mène le pays du Nord contre la Chine pour s’approprier les ressources naturelles de la région.
La Maison-Blanche, a les yeux fixés sur le port d’Ushuaïa et sur une base stratégique qu'elle veut installer là pour avoir accès, entre autres choses, à l’Antarctique.
En plus de Milei, vont participer à ce sommet avec Trump les présidents Rodrigo Paz, de Bolivie; José Antonio Kast, du Chili; Rodrigo Chaves, du Costa Rica; Luis Abinader, de la République Dominicaine Daniel Noboa, de l’Ecqateur; Nayib Bukele, du Salvador; Tito Asfura, du Honduras; Mohamed Irfaan Alí, du Guyana; José Mulino, du Panamá; Santiago Peña, du Paraguay et Kamla Persad-Bissessar, de Trinidad et Tobago.
Dans cette liste ne se trouvent ni le président du Brésil, Luis Ignácio Lula da Silva, ni celui de la Colombie, Gustavo Petro, ni la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum. Tous de tendances idéologiques contraires au Gouvernement de Trump.
Le Gouvernement argentin, en particulier, a signé, il y a quelques semaines, avec le Gouvernement des États-Unis un accord pour remettre les minerais stratégiques et jeudi dernier, le ministre de la défense Luis Presti était à Doral où il a incorporé notre pays à la « coalition régionale contre le narco-terrorisme», pendant la rencontre sur la sécurité de l'hémisphère dirigée par le ministre de la défense des États-Unis, Pete Hegseth. Celui-ci a affirmé que l'Amérique latine risque de perdre ses valeurs « occidentales et chrétiennes à cause de l'émigration massive. »
En plus des ressources naturelles que le président des États-Unis veut que les pays de notre région lui remettent et du soutien qu’il veut qu'ils apportent à la guerre qu'il a déclenché contre l'Iran, la Maison-Blanche cherchera à discuter avec les présidents de la région du problème de l’émigration.
Cette semaine, Trump a remplacé Kristi Noem, la secrétaire du département de la sécurité nationale connue comme la « chasse aux migrants. » Elle était à la Maison Rose il y a quelques mois avec l'ancienne ministre de la sécurité, Patricia Bullrich et maintenant elle deviendra « envoyée spéciale du programme Bouclier des Amériques. » Noem cessera ses fonctions le 31 mars et sera remplacée par le sénateur de l'Oklahoma Markwayne Mullin dans la nomination, devra être approuvée par le Sénat.
La situation des émigrés est de plus en plus difficile aux États-Unis. Les rafles de ICE se multiplient dans tous les états et les communautés sont en alerte extrême parce que les agents cagoulés emmènent les émigrés dans des centres de détention que personne ne connaît.
Les membres des familles et les voisins perdent le contact avec ceux qui ont été arrêtés par l'ICE et ne savent plus rien de eux. Ils ne savent ni comment ils vont ni où ils sont ni si le Gouvernement les déportes et dans ce cas, où.
Il y a quelques semaines, le New York Times a révélé que le Gouvernement de Trump avait l'intention d'envoyer des déportés en Argentine. Pour l'instant, cette initiative n'a pas avancé à cause du refus de certains fonctionnaires de la Maison Rose mais le problème ne serait pas du tout réglé.
Milei, cette fois-ci, a voyagé à nouveau avec sa sœur, la secrétaire générale de la présidence Karina Milei, le chef du cabinet Manuel Adorni et le chancelier Pablo Quirno.
Cette tournée du président argentin aux États-Unis, la 16e en un peu plus de deux ans de gouvernement et la seconde en moins d'un mois, ne s'achèvera pas à Miami. Samedi, après avoir participé au Sommet Bouclier des Amériques, Milei partira pour New York. Là, il inaugura la Semaine Argentine, un événement qui réunira des dirigeants de multinationales, de banques et de fonds d'investissement intéressés par des affaires dans notre pays, et qui a été organisé, entre autres, par l'ambassadeur argentin aux États-Unis, Axel Oxenford.
Au cours de cette partie du voyage, Milei sera accompagné non seulement des ministres de l'Économie, Luis Caputo, de la Déréglementation, Federico Sturzenegger, et du chef de cabinet, Manuel Adorni, mais aussi d'un groupe de gouverneurs. Milei se rendra ensuite au Chili pour assister à l'investiture de Kast.
Source en espagnol :
https://www.resumenlatinoamericano.org/2026/03/07/estados-unidos-cumbre-escudo-de-las-americas-milei-y-la-derecha-regional-profundizan-la-subordinacion-a-trump/
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