Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Cuba: Fausses informations et sanctions

18 Mars 2026, 16:10pm

Publié par Bolivar Infos

 

Par Guistavo Veiga

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine-Bolivar Infos

Ce n’est pas une découverte du moment. ?Ni même une découverte sémiotique qu’on ignorait. Steve Bannon, l’ancien conseiller star de Donald Trump a défini cette stratégie en 5 mots: “Flood the Zone with Shit”  (inonder la zone de merde). Un concept très imagé qu’il applique à toute région de la plan été qui n’est pas alignée sur les intérêts du pouvoir dominant aux Etats-Unis. Dehors et dedans. C’est ce qui arrive aujourd’hui avec l’Iran et c’est ce qui arrive avec Cuba (et ce qui a été fait avec le Venezuela et aussi aux Etats-Unis bien que dans le domaine virtuel). Le 18 octobre 2025, le président des Etats-Unis a posté sur ses réseaux sociaux une vidéo produite par l’intelligence artificielle sur laquelle on le voyait pilotant un avion de guerre qui jetait des excréments sur les manifestants qui protestaient contre son gouvernement. C’était un jeu de mauvais goût transformé en politique d’Etat.

La merde, pour Bannon, c’est l’intoxication de l’information. Cuba l’a subie avant que John F. Kennedy ait signé l’ordre exécutif N° 3447 du 3 février 1962 concernant le blocus. La CIA la planifie depuis des décennies et dans son cocktail de mesures punitives contre le Révolution, elle a inclus des mesures allant du discrédit aux tentatives d’assassinat de Fidel Castro qui ont échoué des centaines de fois.

Le programme d’action secrète du général Dwight D. Eisenhower qui a gouverné les Etats-Unis de 1953 à 1961 consistait à « inciter, soutenir et, si possible, diriger l’action, à Cuba et à l’étranger, de groupes de Cubains choisis qui pourraient réalise n’importe quelle mission de leur propre initiative. »  Ce n’était qu’une partie du plan qui consistait, pour Washington, à agresser Cuba pendant 67 ans grâce à tout ce qui était à sa portée.

Mais nous sommes au XXIème siècle. L’époque des guerres hybrides, des massacres systématiques provoqués avec la précision de l’intelligence artificielle et des disputes pour le sens destinées à changer ou à renforcer les schémas de comportement grâce aux algorithmes. 

Comme le dit le docteur en philosophie mexicain Fernando Buen Abad: « L’impérialisme déploie contre Cuba la guerre cognitive la plus longue, la plus systématique et le plus sophistiquée de l’inventaire de domination sémiotique de notre époque. Elle ne se livre pas seulement contre un territoire ou contre un Gouvernement, elle se livre contre une possibilité historique de la pensée humaine. » 

L’intellectuel attribue à l’île quelque chose de plus que ce qui est évidente:  c’est un pays avec son propre système politique, économique et social: « C’est une sémiose émancipatrice, une architecture symbolique qui condense l’expérience de la dignité organisée. Attaquer  Cuba, c’est attaquer l’hypothèse de la liberté consciente, » a-t-il écrit en octobre 2025.

Depuis que les révolutionnaires de la Sierra Maestra ont triomphé de la dictature de Fulgencio Batista le 1er janvier 1959, la CIA a répandu sur l’île des armes bactériologiques mortelles et non la merde de l’imaginaire scatologique de Trump.  Le virus de la fièvre porcine africaine a été répandu en 1971. Un demi-million de porcs ont dû être abattus pour éviter l’extension de l’épidémie. Ce ne serait pas le seul. La dengue hémorragique a également été » propagée dans la population, selon le Gouvernement cubain. Et à ces attaques, on doit ajouter les dommages délibérés causés à des centrales sucrières et à des récoltes de canne à sucre, ainsi que d’autres, considérables, aux infrastructures hôtelières dont des attentats qui. ont fait des victimes. Le touriste Fabio Di Celmo est mort en septembre 1997 lors de l’explosion d’une bombe placée par un groupe terroriste dirigé par l’agent cubain de la CIA Luis Posada Carriles.

Les armes auxquelles font appel les idéologues de l’extrême-droite mondiale  comme Bannon, le français Alain de Benoist et le blogueur étasunien Curtis Yarvin qui a ses entrées à la Maison Blanche sont celles qui agitent la bataille culturelle. 

La colonisation de la pensée peut opérer de diverses façons - l’appel à l’émotion en est une- et c’est là que la technique psychologique et de programmation neuro-linguistique (PNL), le reaframing, joue son rôle. Il perturbe l’interprétation des phénomènes qui surviennent en modifiant le comportement des gens.

Buen Abad, membre du Réseau des Intellectuels et des Artistes en Défense de l’Humanité (RedH), soutient que « contre Cuba, on a conçu une machinerie de dé-sémantisation dont l’objectif n’est pas de détruire physiquement la Révolution mais de vider ses symboles de leur sens, de faire que « souveraineté » signifie « isolement », que « socialisme » signifie « retard », que « révolution »  signifie « dictature. » L’impérialisme sémiotique consiste précisément à imposer le dictionnaire de la domination comme sil c’était le langage universel.

Les preuves ne manquent pas qu’ils n’ont pas réussi à mettre Cuba à genoux avec l’invasion de Playa Girón, l’attentat conte le bateau « La Coubre » dans le port de La Havane qui a fait des dizaines de morts et d blessés, l’infiltration de bateaux comme celle de février dernier, une guerre économique qui, parmi d’autres mesures, a consisté à appliquer en une seule année (2019) 244 sanctions à l’île comme l’a fait Trump, le blocus historique condamné par les Nations unies et maintenant, le blocus pétrolier qui comprend des mesures coercitives contre les pays qui pourraient le défier.

La guerre cognitive pour l’imposition d’une vérité forcée à la mesure des États-Unis a également été développée dans un rapport de l’Observatoire de la guerre non conventionnelle contre Cuba. Publié il y a une semaine, il signale que le contrôle de 193 articles de médias financés de l’étranger, du 23 février au 3 mars 2026, « révèle la façon dont une opération de guerre cognitive de haute intensité est exécutée contre Cuba en utilisant l’incident d’une vedette rapide à Villa Clara comme son plus récent laboratoire d’agitation. »

L’enquête publiée sur le site Les Raisons de Cuba cite trois éléments qui se déroulent dans le même temps et dans le même espace pour discréditer le Gouvernement de l’île et affaiblir la résistance psychique de la population. L’élaboration de fausses informations, la guerre psychologique de saturation  et l’appel à des sources anonymes sous l’appellation « d’experts » pour contrecarrer les sour ces officielles cubaines « sans fournir une seule donnée technique. » Et elle conclut: « Le sentiment dominant détecté dans cette analyse est une hostilité » de haute intensité dans l’information. »

Source en espagnol:
https://www.resumenlatinoamericano.org/2026/03/17/cuba-fake-news-y-sanciones-cuba-bajo-guerra-cognitiva/
URL de cet article:

https://bolivarinfos.over-blog.com/2026/03/cuba-fausses-informations-et-sanctions.html