Cuba : Les gusanos et leurs souhaits
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine–Bolivar Infos
Vendredi dernier, le président des États-Unis a reçu l'équipe Inter de Miami, a félicité la star Lionel Messi et le patron Jorge Mas, fils du dirigeant anticastriste Jorge Mas Canosa, et annoncé qu'il célèbre rompt rapidement « ceux qui se passe à Cuba. » Messi, tel un rat d'égout, s'est prêté au jeu de l'adoration de son idole. Ce n'est pas la première fois et c une sera pas la dernière.
A Miami, des Cubano-américains ultra-conservateurs encouragent publiquement les pressions politiques des États-Unis en faveur du changement de régime à Cuba et une fois de plus –comme tant de fois dans le passé– considèrent que « maintenant, oui », ils arriveront à renverser le Gouvernement de l'île bien qu'ils soient préoccupés par le fait que le président Donald Trump et son secrétaire d'État Marco Rubio pourraient donner la priorité à seulement des modifications économique et laisser une partie du régime au pouvoir.
« Je pense qu'on pourra facilement faire un accord avec Cuba, » a déclaré le chef de la Maison-Blanche, à Miami, samedi. « Ils veulent négocier et ils sont en train de discuter avec Marco, avec moi, et avec certains autres. »
Rubio avait déjà dit il y a quelques semaines lors d'une réunion de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) que « Cuba a besoin de changer. Et ils n'ont pas à modifier tout à la fois. Un jour après l'autre. Nous sommes tous mûrs et réalistes, ici. » Mais dans ces messages officiels s’en intercalent souvent d'autres qui proclament que le Gouvernement de La Havane « vit ses derniers jours. »
Les rumeurs disant qu'ils pourraient arriver à un accord sur des changements économiques ne cessent pas bien que le Gouvernement cubain insiste sur le fait que de telles négociations n'existent pas.
Les faits qui génèrent des attentes
L'opération militaire au Venezuela, l'enlèvement de son président et l'escalade dans la rhétorique officiel sur Cuba combinés avec le blocus des envois de pétrole vers l'île ont crée des attentes à Miami concernant le fait que Trump est prêt à employer la force militaire pour renverser le Gouvernement de La Havane, explique Guillermo Grenier, professeur à l'université internationale de Floride, qui a dirigé le projet de sondage le plus respecté sur l'opinion de la communauté cubano-américaine dans le sud de cet état pendant les 30 dernières années.
Cette rhétorique du président des États-Unis a nourri un secteur extrémiste, relativement ignoré ces derniers temps. « L'incident avec le bateau qui a fait une incursion dans les cubaines, et la preuve qu'un certain groupe émerge, des gens qui ont été assez marginaliser pendant les derniers décennies. Maintenant, de ce secteur sorte les voies les plus écoutés, et elles ont l'attention des médias, » a commenté Grenier dans une interview accordée à La Jornada.
Début mars, des représentants de 30 groupes d'extrême droite se sont réunis dans une église catholique à Miami pour prier avant d'émettre un « manifeste de la liberté » qui appelle à démanteler le Parti Communiste Cubain. Face à certaines versions dans les médias étasuniens disant que de hauts fonctionnaires sous la direction de Rubio auraient rencontré le petit-fils de Raúl Castro, Rául Guillermo Rodríguez Castro, dans le cadre de soi-disant négociations, le procureur général de l'État de Floride a rapidement annoncé qu'il était en train de réouvrir une « enquête criminelle » contre Raúl Castro pour avoir abattu un avion de « Frères à la rescousse, » en 1996. À son tour, le département de la justice fédérale envisage d'élaborer des accusations pénales contre de hauts officiels sélectionnés, une chose dont les experts pensent qu'elle fait partie des tactiques de pression pour une négociation bien que d'autres disent que c'est de mauvais augure puisque c'est ce qui a été utilisé pour justifier l'enlèvement de Nicolas Maduro au Venezuela.
« La communauté de l'exil cubain souhaite un changement politique et maintenant ils n'ont rien moins que Rubio qui dit que « peut-être n'est-il pas nécessaire que maintenant nous puissions stimuler ce changement économique sur l'île parce que c'est ce dont les gens ont besoin, » commente Grenier.
« Il y a un certain rejet de cette position de Rubio parmi certains membres de la communauté cubano-américaine, mais je connais également beaucoup de personnes de ce secteur et de Cubains qui souhaitent faire des affaires sur l'île et qui ont tenté de le faire savoir au secrétaire d'État il y a quelques semaines, alors que tout cela laisse entrevoir la possibilité de changements sur l'île après l’enlèvement de Maduro », a indiqué l'expert, ajoutant qu'il connaissait des entrepreneurs qui discutaient avec le Gouvernement Trump des opportunités financières sur l'île.
La majorité soutient le dialogue
Dans les sondages qu’il a faits depuis le début des années 90, Grenier a expliqué qu'environ 40 % de la communauté cubano-américaine du sud de la Floride soutiendrait une réaction violente contre le Gouvernement. Mais il signale que traditionnellement, la majorité a soutenu le dialogue avec le régime de l'île, et que même certains de ceux qui soutiendraient l'offensive soutiennent aussi les conversations : « Je pense que si on faisait un sondage en ce moment, beaucoup plus de 50 % ou même 60 % des gens (de la communauté cubano-américaine) diraient oui, nous devrions rencontrer le Gouvernement cubain et discuter maintenant même. »
Offensive législative
Les trois législateurs cubano-américains du sud de la Floride, tous républicains, ont été les promoteurs du changement de régime et, par conséquent, ne représentent pas nécessairement leur base : « Je suis très content de ce qu’est en train de faire le président en se reconcentrant sur Cuba, en reconnaissant que c'est une menace pour la sécurité nationale et en appliquant une pression maximale pour renverser ce régime. Nous avons besoin que ce Gouvernement s'en aille, » a déclaré le député Carlos Giménez, samedi. Sa collègue, la députée María Elvira Salazar est celle qui a exigé de la présidente Claudia Sheinbaum qu'elle cesse d'envoyer du pétrole sur l'île et a fait l'éloge de Trump quand il a fait pression sur le Mexique pour que ce souhait soit respecté.
Les législateurs républicains de l'état ont proposé un projet de loi pour permettre d'ouvrir le commerce de la Floride avec Cuba si un changement de régime a lieu et le gouverneur de Hialeah, le village qui a la plus importante proportion de cubano-américains dans le pays, a réuni ses adjoints pour discuter sur ce qui pourrait survenir s'il y a un nouveau Gouvernement sur l'île : « Nous avons attendu 67 ans pour cela, » a déclaré le maire Bryan Calvo à Politico. « Evidemment, nous espérons que cela arrive le plus tôt possible mais je pense que nous verrons quelque chose probablement avant les élections de mi-mandat (en novembre).
Vendredi dernier, lors d'une cérémonie à la Maison-Blanche pour fêter le championnat de l'équipe de football de Miami –au cours duquel Trump a félicité la star de l'équipe Lionel Messi– à la coupe des grandes ligues de Soccer, le patron Jorge Mas a parlé de la façon dont sa famille a quitté Cuba après la révolution et son père, Jorge Mas Canosa, a dirigé le mouvement anticastriste aux États-Unis.
« Nous nous réunirons de nouveaux rapidement, je suppose, pour célébrer ce qui est en train de se passer à Cuba, » a commenté l'amphitryon de la fête, le président des États-Unis.
Il écarte un frein à une éventuelle négociation
Ces voix politiques pourraient-elles dérailler ou freiner un accord avec l'actuel Gouvernement cubain stimulé par Trump concernant des changements économiques, sans inclure des modifications politiques à Cuba ? Grenier considère que non.
« Si Rubio décide que les changements économiques sont plus importants que les changements politiques, il est évident que le Gouvernement de Trump va agir dans cette direction, les Cubains (à Miami) va le soutenir, », pronostique-t-il. Bien qu'il suppose qu'il y aura des gens devant le fameux restaurant Versailles, dans la rue 8, qui protesteront contre un accord de cette sorte: « En général, les Cubano-américains diront : bien, ce plan est le bon, allons-y. »
Et il insiste beaucoup sur une chose qu'il a déjà dite dans des interviews précédentes accordées à La Jornada: depuis longtemps, ce n'est plus Miami qui décide de la politique bilatérale avec La Havane, mais Washington.
Il prévient qu'en fin de compte, celui qui prend les décisions, c'est Trump. Et que le président, qui réside aussi dans le sud de la Floride, approuvé qu'il était imprévisible.
Source en espagnol :
https://www.resumenlatinoamericano.org/2026/03/09/cuba-extremistas-de-miami-presionan-para-que-ahora-si-caiga-cuba/
URL de cet article :
https://bolivarinfos.over-blog.com/2026/03/cuba-les-gusanos-et-leurs-souhaits.html