International: Le prix du baril , baromètre géopolitique mondial
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Le 27 Novembre 2007 à Ryad le Venezuela achevant son mandat à la tête de l’OPEP Hugo Chavez prononçait le discours inaugural du sommet de l’organisation. Le quotidien libanais l’Orient le jour relatait ainsi l’événement.
Faisant le signe de croix et invoquant le Christ au pays de l’islam, exaltant l’histoire « révolutionnaire » de l’OPEP ou avertissant les États-Unis des conséquences d’une attaque contre l’Iran, le président Hugo Chavez a été la grande vedette de l’ouverture samedi du sommet de l’OPEP à Ryad. C’est au bouillant chef de l’État vénézuélien, en tant que président du pays où avait eu lieu le précédent sommet de l’organisation, en septembre 2000, que revenait l’honneur de prononcer le premier discours de la cérémonie d’ouverture, dans un centre de conférences en marbre au luxe insolent. Portant une cravate rouge vif qui annonçait la couleur, M. Chavez n’allait pas décevoir l’attente des personnalités réunies dans une immense salle au plafond haut d’une vingtaine de mètres et illuminée d’une dizaine de gigantesques lustres de cristal. D’entrée, il faisait le signe de croix ! Un événement sans précédent connu dans la capitale du pays qui abrite les deux principaux lieux saints de l’islam, à La Mecque et Médine.
Pendant les quelque 25 minutes de son discours, M. Chavez a ensuite cité à deux reprises le Christ, devant un auditoire comptant les principaux dirigeants saoudiens, au premier rang desquels le roi Abdallah. Remontant ensuite à la création de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en 1960, M. Chavez l’a replacée dans le cadre de « la lutte contre le colonialisme ». « L’OPEP est née comme acteur géopolitique, pas seulement comme acteur économique ou technocratique de régulation des marchés du pétrole », a-t-il dit. En évoquant le premier sommet de l’OPEP, en 1975 à Alger, M. Chavez a cité des extraits de la déclaration adoptée à l’époque et affirmé que l’organisation était alors « fondamentalement politique, je dirais même plus que politique, révolutionnaire ». Arrivé au pouvoir en 1999, alors que le cours du brut était tombé à son plus bas niveau historique, M. Chavez s’est enorgueilli d’avoir ressuscité l’OPEP, qui, a-t-il dit, avait été pratiquement « réduite en miettes » dans les années 80 par le président américain Ronald Reagan. « Le prix (du baril) était proche de dix dollars » lors du sommet de Caracas, a-t-il dit. « Aujourd’hui », a-t-il lancé en regardant le roi Abdallah, qui préside ce troisième sommet, « je remets la présidence à Votre Majesté avec un pétrole à près de 100 dollars ». « Le prix de 100 dollars (...) est un prix équitable, un prix juste », a-t-il poursuivi. Reprenant un thème qui lui est cher, mais qui est aux antipodes de la position de l’Arabie et de la majorité des autres membres du cartel, le président vénézuélien a ensuite souhaité que l’OPEP « change et devienne un acteur politique, géopolitique ». Des propos que le souverain saoudien a rejetés ensuite dans sa brève allocution en lâchant, dans un style plus sobre, mais avec tout autant de fermeté, que « le pétrole ne (devait) pas se transformer en outil de conflit » et que l’OPEP était opposée aux « perturbations brusques des prix du pétrole ». M. Chavez a terminé son allocution, qui a dépassé de beaucoup la durée prévue par le programme, par une salve contre son ennemi privilégié, les États-Unis, en demandant « que cessent les menaces contre les pays de l’OPEP » et en dénonçant « la menace permanente contre l’Iran ». « Si les États-Unis commettent la folie d’envahir l’Iran ou d’agresser à nouveau le Venezuela, alors le prix du pétrole n’atteindra pas 100 dollars, mais 200 dollars », a-t-il lancé. Devant lui, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, l’un de ses principaux alliés, a dû apprécier.
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Commentaire COMAGUER
Et voilà pourquoi les Etats-Unis séquestrent Nicolas Maduro et ont installé des bases militaires en Arabie d’où ils bombardent l’Iran.
Pour les Etats-Unis l’OPEP doit être une pompe à pétrodollars et faire du pétrole l’outil pour imposer à tous les pays du monde qui importent du pétrole l’usage du dollar. Les pays qui ne détiennent pas de dollars et en particulier les plus pauvres vont se mettre à genoux devant le FMI et la Banque Mondiale pour accéder à la devise reine.
Le graphique joint (voir les pj) illustre les propos de Chavez sur la politique de Reagan. Les Etats-Unis poussent l’Irak à attaquer l’Iran et laissent les deux pays s’épuiser dans une guerre qui fait prés de 1,5 millions de morts majoritairement en Iran. Le cours du baril s’effondre.
COMAGUER a abordé ce sujet dans son émission mensuelle sur www.radiogalere.org
https://radiogalere.org/emission/comaguer/les-carnets-de-comaguer-du-11-03-26