Venezuela: Quand la droite putschiste prétend protéger les travailleurs
Par Geraldina Colotti, de Caracas
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine-Bolivar Infos
Alors qu’une marée rouge de travailleurs du secteur public conduite par le ministre Eduardo Piñate marchait dans les rues de Caracas pour réaffirmer que la souveraineté et le paix sont les seules garanties du travail, l’extrême-droite passait de la rhétorique à l’agression physique. La manifestation officielle fut un bouclier humain en défense de la patrie assiégée, un soutien de la gestion de la présidente par interim Delcy Rodríguez et un cri pour le retour de Nicolás Maduro.
Mais, pour essayer d'envenimer un climat politique déjà tendu après l'enlèvement du président et de la première dame, Cilia Flores, certains secteurs de l'opposition, soutenus par les communiqués du parti d'extrême droite Primero Justicia, ont forcé les cordons de sécurité de la police, démontrant ainsi que leur objectif n'est pas la revendication salariale, mais la rupture violente des institutions. Et aujourd’hui encore, ils continuent d’essayer d’organiser des grèves des transports. C’est le comble du cynisme, de voir des individus comme Henrique Capriles ou le parti Primero Justicia déchirer ses vêtements pour le pouvoir d’achat des travailleurs. C’est comme si le renard se mettait à défendre le poulailler après en avoir détruit les clôtures pour faire un b banquet. Ceux qui dénoncent t aujourd’hui la politique de subvention du salaire sont ceux-là-mêmes qui, grâce aux guarimbas, aux sabotages électriques et en demandant des sanctions criminelles ont détruit la monnaie nationale et asphyxié l’économie populaire. Leur préoccupation actuelle à cause de « la faim et la pauvreté » est le déguisement de ceux qui cherchent à imposer, par la force pou par le siège, un retour au néolibéralisme sauvage qui dévaste aujourd’hui les masses populaires en Argentina, au Chili et en Europe.
Le livre de recettes de Primero Justicia, avec ses propositions de loi sur la production et de loi Cadenas n’est rien d’autre qu’un plan de destruction de la nation. Sous prétexte de sécurité juridique, ce qu’ils proposent, c’est la restitution des terres aux grands propriétaires terriens et la livraison totale du pétrole aux multinationales en mettant fin à la solidarité internationale de Petrocaribe que Chávez a construit en tant que colonne vertébrale du monde multipolaire. Ses « six étapes pour la transition » ne sont pas une voie démocratique mais un manuel de capitulation pour faire du Venezuela une colonie sous tutelle des Etats-Unis. en éliminant les acquis de la Loi Organique sur le Travail de 2012.
Face à cette offensive, le débat au sein du camp révolutionnaire s’intensifie. Il ne s’agit pas d’un soutien aveugle mais d’une classe ouvrière qui problématique sa propre réalité. Les propositions syndicales présentées par la Central Bolivarienne Socialiste des Travailleurs de la Ville, des Champs et de la Pêche (CBST), dans l’esprit de la `Constituante du Travail, reflètent les tensions entre les nécessités tactiques du gouvernement et l’urgence de la base.
Le Revenu Minimum Intégral Indexé a permis de freiner l’impact de l’hyperinflation induite mais es travailleurs ne cachent pas leurs critiques à propos de la politique des bons par laquelle le Gouvernement a tenté de pallier l’absence revenus et l’inflation induite. Le 15 mars, quatre ans après le dernier ajustement du salaire minimum au Venezuela, il existe une revendication persistante pour que ces bons récupèrent leur impact sur les prestations sociales et l’épargne historique, des droits que la classe ouvrière considère comme inaliénables.
La réponse officielle est centrée sur le concept de salaire social ou indirect, une idée qu’Hugo Chávez lui-même voyait comme un réseau de protection intégral qui démercantilise la santé, le logement et l’éducation. Mais, dans la pratique quotidienne du Venezuela assiégé, les travailleurs exigent que ce salaire social soit tangible et efficace. La critique interne n’affaiblit pas la révolution mais la pousse à la rectification face à la bureaucratie et aux dangers d’un recul.
Un exemple de cette recherche est l’expérience des Macollas Petroleras, comme la Cacique Maiquetía, dont les bénéfices de production sont directement liés au fonds de prestations des travailleurs. La Macolla Petrolera est un concept qui unit la technique de l'extraction à la politique sociale du chavisme. En termes techniques, on considère comme une macolla un groupe de puits de pétrole situés dans une seule zone géographique restreinte qui convergent vers un seul centre de collecte et de contrôle. Au lieu d’avoir des puits isolés dispersés sur le territoire, les forages se concentrent sur une seul point en optimisant les coûts, les infrastructures et l’impact environnemental.
Au Venezuela, ce terme a pris une signification politique très précise, c es dernières années. Le Gouvernement a destiné les revenus de l’extraction d’une macolla particulière (du nom de Cacique Maiquetía, située dans la Bande de l’Orénoque) au Fonds de Prestations Sociales des travailleurs. L’idée est d’ancrer l’épargne des travailleurs et ses liquidations dans la production réelle du pétrole.
Les barils produits par cette structure ne vont pas dans le budget général des’Etat mais sont vendus particulièrement pour alimenter le fonds des travailleurs et des retraités. La macolla se présente comme une forme de gestion directe de cette ressource au bénéfice de a classe ouvrière pour tenter d’échapper au problème de la dévaluation de la monnaie. Sur le plan symbolique, elle représente la résistance économique: produire du pétrole malgré les « sanctions » pour financer directement les droits sociaux.
La critique e de l’extrême-gauche dit que lier les droits des travailleurs au rendement d’un puits de pétrole est risqué. Si la production s’arrête faute de pièces de rechange ou à cause renouvelles sanctions, le fonds des travailleurs cessera de recevoir de l’oxygène. Les critiques soutiennent que l’Etat devrait garantir les prestations grâce aux impôts et à la richesse nationale globale, pas « en pariant » sur une seule unité de production.
La Macolla Pétrolière est, en somme, une tentative du gouvernement par interim de Delcy Rodríguez de donner une base matérielle solide à l’épargne des travailleurs vénézuéliens dans une situation d’hyperinflation et de blocus économique.
Le message lancé par la droite qui tente de rompre les cordons de sécurité confirme que, pour elle, le travailleur n’est que de la chair à canons pour ses plans de déstabilisation. La réponse du chavisme, avec la mobilisation de Piñate et l’organisation de la production montrent qu’il est toujours ferme sur les principes malgré le moment dramatique qu’il vit.
Alors que la droite cherche à forcer l’institutionnel pour livrer le pays au grand capital international, les travailleurs du secteur public protègent le plan d’urgence prévu par Maduro. La véritable justice sociale ne viendra pas de ceux qui ont demandé à Trump de bombarder le pays mais de ceux qui, même avec la corde au cou, gardent les usines ouvertes et les communes actives et crient qu’au Venezuela, personne ne se rend.
source en espagnol:
https://www.resumenlatinoamericano.org/2026/03/16/venezuela-cuando-la-derecha-golpista-pretendeproteger-a-los-trabajadores/
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