Venezuela: Maduro et Cilia peuvent-ils avoir un procès équitable aux Etats-Unis?
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine-Bolivar Infos
La seconde audience du « procès » du président de la République Bolivarienne du Venezuela, Nicolás Maduro et de son épouse, la députée Cilia Flores, a atteint un autre niveau.
Au tribunal a été divulgué un argument politique quand le juge Alvin Hellerstein a précisé: « Nous faisons des affaires avec le Venezuela. » Une phrase qui met en évidence las contradictions de la politique étrangère de Donald Trump qui impose des sanctions alors qu’il fait des affaires et ensuite, est obligé » d’assouplir ces sanctions.
Une analyse du site Mission Vérité indique que « cette phrase n’a pas été isolée ». Tout au long de l’échange, le juge a insisté sur le fait que les conditions qui ont donné lieu au régime de sanctions établi sous le gouvernement de Barack Obama ne sont plus les mêmes. « Les choses ont changé au Venezuela, » a affirmé le juge et il s’est demandé si les restrictions qui empêchent de financer la défense sont toujours fondées actuellement.
Ainsi donc, le Gouvernement de Trump empêche le financement de la défense du président Nicolás Maduro mais il retire des sanctions pour obtenir du pétrole. Et c’est ainsi que l’audience s’est achevée, sans aucun résultat concret à ce jour.
Pourquoi ce retard?
« Sur le plan juridique et judiciaire, le procès s'éternise ; selon moi, il pourrait durer au moins deux ans », estime Miguel Jaimes, expert en géopolitique de l'énergie.
Pour l’instant, il remarque que le Gouvernement du Venezuela « tient » bien que on armure ait été trouée, il résiste. » Il est dans le jeu politique, il discute avec l’Amérique du Nord, il arrive à des accords mais il entrera aussi dans un scénario beaucoup plus direct dans lequel il aura beaucoup plus de poids et de pouvoir de décision. »
Jaimes regarde la réorganisation du monde à cause de la guerre contre l’Iran
Jaimes pense qu’en ayant une meilleure position, le Venezuela commencera « à décider, directement, ce que doivent être les négociations, les accords, le développement juridique du procès contre le président Nicolás Maduro jusque’à ce qu’il obtienne sa libération. »
Pour l’instant, explique ‘expert, la couple présidentiel est considéré par le Gouvernement de Trump comme « une pièce, la seule, la plus importante, grâce à laquelle il fait pression pour obtenir beaucoup d’avantages du Venezuela. »
Il dit que nous, les Vénézuéliens, « à partir de cette année, devons comprendre qu’il faut conserver un ordre du jour, un chemin, un travail avec les Etats-Unis » mais que cela ne signifient « que ce sera éternel ni que nous y sommes attachés. »
La tâche du pays, selon Jaimes, est de « rechercher une position plus forte, de récupérer du terrain face aux défis qui sont imposés depuis les Etats-Unis. Il existe tout un scénario n de changements, de prises de décisions très profondes pour nous tous. »
Mais, estime-t-il, « beaucoup de choses ont dépendre de la situation au Moyen Orient. Il y aura des informations importantes qui vont changer la mémoire des relations internationales. »
Justice?
Consultée par Ciudad CCS, l’analyste internationale María Fernanda Barreto a déclaré que le couple présidentiel n’affronte pas un procès juste.
Ce « procès, » dit-elle, « n’a aucune possibilité d’être juste. Tout d’abord parce qu’ils partent d’une notion impérialiste tout à fait conforme à leur doctrine Monroe, qui consiste à appliquer hors de leur territoire national des lois qui leur sont propres et qui ne sont valables qu'à l'intérieur de leur territoire national. »
Barreto observe le réveil de la doctrine Monroe
Barreto souligne qu’ayant été enlevés chez eux, dans leur pays, le président Nicolás Maduro et la députée Cilia Flores ont été victimes d’un « acte de guerre, un acte d’agression et, par conséquent, sont des prisonniers de guerre. »
« Si quelque chose est éloigné de ce système judiciaire (des Etats-Unis), c’est précisément d’être juste, » déclare-t-elle puisqu’il fonctionne « comme un mécanisme parmi tant d’autres qui perpétuent l’injustice aux États-Unis. Il n’est pas juste, même pour le peuple étasunien, et encore moins pour les prisonniers de guerre ».
Pris au piège?
L’enlèvement du couple présidentiel, le retrait immédiat de certaines accusations ou le conflit pour le financement de sa défense légale montrent que le Gouvernement est pris à son propre piège.
Oliver Rivas, député de l’état de l’Esequibo Guyanais, affirme que la reconnaissance de Delcy Rodríguez en tant qu’interlocutrice valide et véritable espar extension, une reconnaissance de la dignité présidentielle de Nicolás Maduro.
« Les Etasuniens traitent avec Delcy Rodríguez qui assume les fonctions de présidente par interim parce qu’elle était la vice-présidente exécutive du Gouvernement de Nicolás Maduro. Et elle est présidente par interim, une autorité qui lui est conférée par par son origine institutionnelle qui, je le répète, est d’être la vice-présidente du Gouvernement de Nicolás Maduro Moros. Là, il y a une contradiction » du Gouvernement de Trump.
Le député Rivas note qu’il se passe la même chose avec la procédure légale et l’empêchement du financement de la défense du président Nicolás Maduro et de la députée Cilia Flores par le Bureau de Contrôle des Actifs Etrangers (OFAC).
Pour Oliver Rivas, les Etats-Unis sont pris à leur propre jeu.
« Ce que demande la défense de Nicolás Maduro, c’est la possibilité d’avoir ces ressources pour garantir quelque chose d’aussi élémentaire dans un procès équitable que le droit de la défense et le droit à une défense. »
Oliver Rivas précise que le juge qui connaît l’affaire a signalé « cette restriction comme quelque chose qui porte atteinte au droit de la défense (…) Evidememnt, la légitimité de ce procès, en plus de toutes les raisons d’origine, est éminemment discutable. »
« Tout le Venezuela, conclut le député, milite pour que « les droits soient respectés et que justice soit faite, en libérant le président légitime de notre pays ».
Source en espagnol:
https://www.resumenlatinoamericano.org/2026/04/01/venezuela-puede-esperarse-un-juicio-justo-a-maduro-y-cilia-en-eeuu/
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