Bolivia: Un mandat d’arrêt contre Evo Morales
María Ramirez
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine-Bolivar Infos
Le dirigeant des cultivateurs de coca Dieter Mendoza a averti lundi qu’une éventuelle arrestation de l’ancien président Evo Morales (2006-2019) provoquerait une insurrection et des troubles dans le pays. Mendoza a rejeté la décision d’un tribunal de Tarija (sud) qui déclare Morales en rébellion et a émis un mandat d’arrêt dans le cadre d’un procès contre lui pour soi-disant traite d’êtres humains aggravée, ce que l’ancien président et spa défense qualifient de persécution politique.
Mendoza a affirmé à radio Kawsachun Coca qu’en cas d’arrestation de Morales, les secteurs sociaux rejoindraient les mobilisations de la Centrale Ouvrière Bolivienne (COB) et des syndicats paysans qui bloquent les routes pour exiger la démission du président Rodrigo Paz.
« S’ils touchent à Evo, le pays va connaître des troubles comme vous ne pouvez l'imaginer ; il y aura une insurrection sur le territoire national bolivien », a averti le dirigeant des cultivateurs de coca Dieter Mendoza qui a appelé instamment les secteurs du Tropique de Cochabamba à rester en alerte maximale et sur lapide de guerre.
Auparavant, Le premier tribunal de sentence de Tarija avait déclaré Evo Morales en rébellion et émis un mandat d’arrêt contre lui après que celui-ci n’ait pas assisté à l’audience du procès oral concernant cette affaire.
Face à l’absence de Morales et de ses avocats, le tribunal a décidé que la procédure serait suspendue jusqu’à ce que l’homme politique se présente devant la justice ou qu’il soit arrêté. Le procureur de Tarija a fait savoir que la défense privée n’avait pas présenté de justificatifs de l’absence, c’est pourquoi des avocats commis d’office ont été désignés pour défendre l’ancien président.
Cindy Vargas : Il n'y a eu ni fait ni exploitation
Cindy Saraí Vargas Pozo, identifiée par le procureur comme la victime présumée de l’affaire de soi-disant traite d’êtres humains aggravée a présenté un mémoire auprès du premier tribunal chargé de lutter contre la violence à l'égard des femmes de Tarija, demandant le classement de l'affaire. Dans ce document judiciaire, Mme Vargas Pozo affirme à plusieurs reprises : « Je ne suis pas une victime, il n'y a pas eu de faits, pas plus qu'il n'y a eu d'exploitation ».
La jeune femme fait valoir que le délit de traite des êtres humains ne peut être retenu si elle-même nie l'existence de violations. Elle a également dénoncé des irrégularités dans le respect des garanties procédurales, soulignant l'absence de notifications et l'ouverture du procès sans que les exceptions légales préalables aient été tranchées.
Vargas Pozo, qui se trouve en dehors de la Bolivie, a refusé la représentation des institutions étatiques et a demandé la nullité de l’ordonnance d’ouverture du procès. La procédure pénale est toujours en cours alors que le tribunal évalue les arguments exposés dans ce mémoire.
Le début de la phase de procès à Tarija se déroule dans un contexte de forte polarisation politique. Morales a systématiquement dénoncé avoir fait l’objet de poursuites judiciaires et politiques, soulignant que le procès pour traite aggravée s’ajoute à d’autres enquêtes diffusées par les médias locaux qui tentent de le lier à des faits présumés liés au trafic de drogue aux États-Unis.
Source en espagnol:
https://www.telesurtv.net/seguidores-evo-morales-movilizaciones-capturarlo/
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