Cuba: Le brut cubain peut être raffiné
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine-Bolivar Infos
Une technologie pour utiliser le brut cubain développée par le Centre de Recherches du Pétrole (CEINPET) basée sur la thermoconversion a brisé le mythe disant que le pétrole cubain, de forte densité et de forte viscosité », ne pouvait être traité grâce à des procédures propres.
Ce résultat scientifique, fruit de plusieurs années de travail du centre qui dépend de l’Union Cuba Petróleo (CUPET), a été mis en avant par le premier secrétaire du Comité Central du Parti et Président de la République, Miguel Díaz-Canel Bermúdez, lors de la session d’avril du Conseil National de l’Innovation (CNI).
Grâce à cette innovation, a signalé le chef de l’Etat, « nous brisons un critère, un tabou qui existait dans le pays et qui disait que le brut national ne pouvait être raffiné, qu’on ne pouvait pas l’employer à d’autres choses et que nous l’avions pratiquement condamné à être utilisé directement dans un groupe d’usines thermoélectriques. »
L’énergie à la Cubaine
La thermoconversion est un procédé qui permet d’améliorer les propriétés du brut lourd et très lourd (comme celui de la bande pétrolière nord qui, aujourd’hui, este plus disponible et le plus exploité dans le pays bien qu’il soit très dense, très visqueux et qu’il contienne du souffre ) en favorisant la destruction de certains de ses composants plus complexes à travers le réchauffement contrôlé.
C’est un processus, a expliqué l’ingénieur Irenaldo Pérez Cardoso, directeur adjoint de CUPET, destiné, à la base, à diminuer la viscosité » du brut sans avoir besoin de le mélanger avec de l’essence, un produit qui nous a manqué à cause de la recrudescence du blocus, de la persécution des combustibles depuis 2019 et, maintenant, du blocus énergétique.
Cette technique de thermoconversion pour traiter le brut lourd a été dés eloppée depuis des années par le CEINPET et représente une avancée dans le développement de l’ingénierie, c’est pourquoi ce que nous avons amené devant le Conseil National de l’Innovation est une étape vers une usine pilote qui doit être installée dans la raffinerie Sergio Soto, de Cabaiguán, à Sancti Spíritus.
On a choisi l’endroit pour profiter des conditions que cette usine possède, des commodités comme l’eau, la vapeur, l’électricité et surtout l’expertise de son équipe de travail qui traite ce brut depuis 2010.
Ce sera une usine pilote, a expliqué le directeur adjoint de CUPET, qui nous permettra de disposer de toute l'ingénierie et des données nécessaires pour faire évoluer la technologie et développer cette innovation issue de nos propres chercheurs ; cela nous permettra de construire des usines dans des lieux stratégiques afin de réduire la viscosité du pétrole lourd. »
La mise en place de cette innovation comprend une seconde étape destinée aux développement catalytique à partir de latérites cubaines ; « c'est-à-dire, en utilisant nos ressources naturelles, afin de réduire la teneur en soufre du pétrole, ce qui constitue un autre grand défi pour le pétrole brut cubain ».
Qui cherche de l’essence en trouve
Lors de la rencontre d’avril du CNI les spécialistes de CUPET ont aussi abordé les solutions qu’ils ont trouvées face à la pénurie aigüe d’essence produite par le blocus énergétique imposé par le Gouvernement des Etats-Unis.
C’est un produit du raffinage du pétrole importé qui a été traditionnellement utilisé dans le pays pour faire baisser la viscosité du brut et faciliter son extraction et son transport et dont la disponibilité est devenue le grand défi de CUPET.
Le manque d’essence, a-t-il signalé, nous a obligé à chercher des réponses et à partir des propositions novatrices d’un groupe d’experts de toute l’Union, on a amené dans la raffinerie Hermanos Díaz, de Santiago de Cuba, un brut national particulier, moins visqueux, pour qu’il soit traité et en tirer ce produits et d’autres.
Dans le cadre de l’essai, les ingénieurs de la raffinerie et du pays ont élaboré des protocoles complets de développement et d’adaptation aux systèmes technologiques qui ont permis de faire un premier essai expérimental, avec des résultats positifs.
Dans cet essai, « nous avons obtenu un diesel, pas un diésel spécial mais un diésel commercialisable qui remplacera celui que nous utilisons dans certains processus de forage. Nous avons produit de l’essence en tant que souvent réducteur de viscosité qui, lors d’une premier essai, a couvert 15 jours de production de pétrole et de gaz à Varadero et nous avons obtenu un fuel commercialisable dont nous sommes en train d’évaluer l’utilisation aussi bien dans l’industrie énergétique, dans les usines électriques, que dans l’industrie du nickel.
Nous pensons, a conclu le directeur adjoint de CUPET, que ces résultats sont positifs et représentent une alternative que le pays recherchait,que l’Union Cuba Petróleo en collaboration avec le ministère de l’Energie et des Mines a favorisée et dans laquelle la science et l’innovation ont été mises à contribution pour optimiser l’utilisation de nos ressources. »
Parmi les autres résultats, l'ingénieur Pérez Cardoso a souligné le bien-fondé de la stratégie du pays destinée à stimuler l'innovation dans le secteur énergétique, car, selon lui, « le plus important est de savoir comment tirer parti de nos propres ressources, de ce dont dispose notre pays ».
Il y a des réponses de la science et de l’innovation
Dans le résumé de cette rencontre, le premier secrétaire du Comité Central du Parti et Président de la République, Miguel Díaz-Canel Bermúdez, a rappelé les appels qu’il avait lancés les années précédentes quand il avait souligné que, face à la l’agressivité de l’empire, les solutions énergétiques devaient nous être propres, être souveraines, venir de la science et de l’innovation et profiter aussi bien des sources d’énergie renouvelables (solaire, éolienne, biomasse) que du brut national en incluant l’augmentation de la production et son raffinage.
Mais, a-t-il signalé, « à ma grande surprise, il ne s’agissait pas de commencer à mener des recherches, car, comme on dit ici, il existait déjà une science bien établie, il y avait déjà de la recherche » ; il fallait simplement mettre de l’ordre et coordonner les efforts, et nous avons vu comment, en cherchant une opportunité en pleine crise, un tabou a été brisé, celui selon lequel le pétrole cubain ne pouvait pas être raffiné.
Comme second élément positif, le chef des’Etat a mentionné que ceci -bien que des universités y ait participé- est le résultat d’un centre de recherche du réseau entrepreneurial cubain, ce qui montre qu’ils peuvent réaliser des apports scientifiques.
« Il a ainsi été démontré – a-t-il réaffirmé – « qu’au niveau national, nous disposons des capacités scientifiques et d’innovation nécessaires pour aborder des problèmes complexes sous l’angle de la science et de l’innovation et trouver des solutions à des problèmes stratégiques. C’est une approche que nous devons continuer à cultiver afin qu’elle se répercute dans tous les domaines de notre économie et de notre société, car tous les systèmes d’entreprise ne possèdent pas cette maturité dans leur approche visant à résoudre des problèmes complexes en s’appuyant sur la science et l’innovation ».
Et le troisième point positif est « que ces recherches ont été dirigées par des chefs d’entreprises, des chefs d’entreprises qui ont des doctorats, qui est une autre des choses dont nous disions qu’elles étaient nécessaires quand nous concevions le système de gestion de gouvernement basé sur la science et l’innovation.
« Nous avons besoin, a ajouté Díaz-Canel, de docteurs spécialisés dans les systèmes d'entreprise et d'un nombre suffisant de docteurs dans l'administration publique et dans le secteur de la production de biens et de services, afin qu'ils servent de moteur au développement scientifique et à l'innovation. »
Source en espagnol:
http://www.cubadebate.cu/noticias/2026/04/24/el-petroleo-crudo-cubano-si-se-puede-refinar-video/
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