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Cuba: Le nouveau décret de Trump, une agression inédite -

7 Mai 2026, 17:20pm

Publié par Bolivar Infos

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine-Bolivar Infos

Lors de la Table Ronde de ce mardi, Alejandro García del Toro, sous-directeur général du Ministère des Affaires Etrangères  (MINREX) pour les Etats-Unis, a fait une analyse détaillée du nouveau décret signé par le président des Etats-Unis le 1er mai dernier et des nouvelles mesures contre Cuba.

Le fonctionnaire a centré son intervention sur un élément clef qui distingue ces nouvelles dispositions de toutes les précédentes: l’application ouverte et directe du caractère extra-territorial des mesures coercitives étasuniennes, ce qui, a-t-il souligné, atteint avec ce décret « des extrêmes véritablement sans précédent dans la législation des Etats-Unis. »

70 ans d’asphyxie économique

García del Toro a commencé par rappeler le contexte historique. Il a signalé que depuis l’imposition de « l’embargo », comme l’appelait le président Kennedy dans les années 60, toutes les règles postérieures avaient eu comme axe central « asphyxier l’économie cubaine » et « détruire la production ». Il a souligné en particulier l’extra-territorialité de ces mesures, un trait distinctif de la politique de Washington contre l’île.

Comme exemple de cette vocation extraterritoriale précoce, le sous-directeur général a indiqué que, dans les années 60, Washington interdisait aux pays qui voulaient exporter des produits finis vers les Etats-Unis que ces produits contiennent du sucre cubain: « C’est l’une des premières versions de la façon dont l’application des sanctions s’est élargie au-delà du commerce bi-latéral entre Cuba et les Etats-Unis. »

Un autre bon exemple en est l’industrie due nickel. Dès le début des années 60 et jusqu’à maintenant, les Etats-Unis ont interdit aux entreprises de pays tiers d’exporter vers le territoire des Etats-Unis des produits (technologie, machines, moyens de transport, matériel technologique ou de communication) contenant du nickel cubain. 

« Ce n’est pas l’intérêt du Gouvernement des Etats-Unis d’empêcher l’exportation de produits cubains, a précisé García del Toro, mais, en utilisant les exportations depuis des pays tiers vers les Etats-Unis, on restreint notre capacité d’exportation. »

La Loi Helms-Burton et le saut qualitatif du nouveau décret

Le fonctionnaire a rappelé que dans les années 90, avec la Loi Helms-Burton (1996) et celle qui l’a précédée en 1992, les Etats-Unis ont réussi à élargir encore plus ces effets extra-territoriaux mais il a ajouté que le décret du 1er mai représente un saut qualitatif sans précédent.

García del Toro a expliqué que, pendant longtemps, la portée extraterritoriale était appliquée « d’une façon un peu plus sournoise. » On donnait des instructions aux ambassades des Etats-Unis dans le monde entier et à leurs représentants pour qu’ils poursuivent les exportations cubaines et les investissements sur l’île mais que ces efforts se faisaient « par le chantage et l’intimidation » en combinant les pressions pour que les exportateurs ou les investisseurs n’aient pas de relations avec l’économie cubaine.

La grande différence avec le nouveau décret, a dit le sous-directeur général du MINREX, c’est que maintenant, l’intimidation est directe. Et que c'est encore plus grave: « Il est établi qu’il n’est même pas nécessaire de le notifier aux personnes touchées. »

García del Toro a décrit précisément le mécanisme: « Une personne ou une entreprise ayant des liens avec Cuba ou y exportant des produits n'a pas nécessairement besoin d'être notifiée pour que ses avoirs, ses comptes bancaires aux États-Unis ou ses activités commerciales aux États-Unis soient gelés ou bloqués. »

Et il a prévenu que, par conséquent,  cet effet intimidant,  et dissuasif qui annule la capacité de Cuba à relier son système bancaire et son économie au reste du monde « s’applique déjà depuis le 1er mai.» 

Le diplomate cubain a prévenu que dans les prochaines semaines, dans les prochains mois et « probablement depuis cette semaine, » on pourrait commencer à ressentir ses effets sur l’économie du pays.

García del Toro a signalé fermement ce qui est, à son avis, le véritable but de cette mesure: « C’est un reflet   de l’objectif évident du Gouvernement des Etats-Unis de prendre le contrôle de notre pays à moyen terme, selon ses objectifs. »

Et il a affirmé qu’avec ce nouveau décret, les Etats-Unis n’ont plus besoin d’essayer de déguiser leur politique de destruction de la production et de domination des structures économiques de notre pays.

Selon García del Toro, Washington a utilisé pendant des années de faux prétextes parmi lesquels « le mensonge disant qu’il voulait les droits de l’homme du peuple cubain ou la liberté du peuple cubain » pour que s’instaure une économie de libre marché sur l’île. Mais, par cette décision, « le Gouvernement des Etats-Unis s’économise le travail de donner beaucoup d’explications. »

Une tentative pour laisser le pays sans possibilités

Le diplomate cubain a décrit cette nouvelle mesure comme « une tentative désespérée » pour appliquer une politique qui laisse Cuba et son Gouvernement « pratiquement sans aucune possibilité » de faire fonctionner l’économie cubaine.

Il a rappelé que Cuba est une île dont l’économie a été soumise pendant 70 ans « au régime des mesures coercitives les plus longues, les plus complètes qui aient été appliquées contre un pays ou un Gouvernement. »

García del Toro a aussi évoqué les déclarations récurrentes du Gouvernement étasunien -même récentes- parlant d’une soi-disant « incompétence du Gouvernement cubain. » A cela, il répond: Ce que devrait faire le Gouvernement des Etats-Unis, c’est démontrer notre compétence ou notre incompétence, simplement et tout bonnement en éliminant ce système de mesures coercitives. »

Il a affirmé que c’est très difficile pour n’importe quel Etat, pour n’importe quel  Gouvernement, si on le laisse sans revenus d’exportations, si on fait une campagne de harcèlement pour que les brigades médicales cubaines - qui agissent de façon solidaire en vertu d’accords de coopération Sud-Sud - soient éliminées et si ces revenus qu’obtient Cuba (qui sont utilisés dans le système de santé national, gratuit pour la population) sont affectés. 

Le sous-directeur général a précisé crûment la circuit de l’asphyxie que provoque la politique des Etats-Unis: « S’il n’y a pas de banques étrangères qui permettent de payer les entreprises pour les fournitures que vous achetez, si vous ne pouvez rien toucher pour vos exportations, si vous ne pouvez pas toucher cet argent, vous n’aurez pas de revenus pour faire fonctionner votre économie. »

Par conséquent, il a conclu: « Il est très facile pour le Gouvernement des Etats-Unis d’utiliser ce mensonge de l’incompétence de notre pays. »

Le contexte depuis janvier 2025

García del Toro a insisté sur le fait que cet intérêt à détruire l’économie cubaine ne date pas d’aujourd’hui. Il a rappelé que depuis le premier jour du Gouvernement du président Donald Trump —janvier 2025—, depuis les premières semaines, Gouvernement des Etats-Unis a pris des mesures agressives:

Réinsertion de Cuba dans la liste des états qui soutiennent le terrorisme, une mesure qui a des effets dans le monde des banques.
Application de mesures restrictives pour les voyages à Cuba.
Rétablissement de l’activation du chapitre III de la Loi Helms-Burton qui a gros effet d’intimidation.

Il a rappelé que, pendant la campagne présidentielle aux Etats-Unis, les représentants du  Gouvernement actuel avaient déclaré que le Gouvernement précédent « n’avait pas fait assez pour détruire notre système politique. »

Et il a souligné que tout cela démontre sur c’est une politique très ancienne mais particulièrement de ces 10 dernières années et surtout du premier Gouvernement de Trump.

Le diplomate cubain a signalé qu’il existe un engagement d’anciens hauts fonctionnaires du Gouvernement des Etats-Unis « dont beaucoup ont fait leur carrière police en concevant et en orientant la politique contre notre pays. » Les objectifs de ces fonctionnaires sont évidents:

Perturber l’ordre intérieur
Etrangler l’économie cubaine
Créer la plus possible de pénuries pour la population cubaine.

García del Toro a rappelé que, lors de son premier mandat, Trump     avait mis en place 243 mesures contre Cuba. Il a cité une déclaration particulièrement grave du président des Etats-Unis qui avait dit, en janvier dernier, qu’il n’y avait plus rien d'autre à faire contre Cuba que de la détruire.

« C'est à peu près ça, a déclaré García del Toro, avec un décret présidentiel en janvier [qui a mis en place le blocus pétrolier], et maintenant un autre décret présidentiel qui renforce toutes ces mesures qui avaient déjà été prises auparavant. »

Des mesures inédites et secondaires pour étrangler l’économie cubaine

La spécialiste de la direction des problèmes légaux et des analyses de la direction générale du MINREX pour des Etats-Unis, Ariadna Cornelio Hitchman, a expliqué comment la Maison Blanche fait appel à des arguments « facilement démontables » pour dire qu’elle soumet l’île à un embargo et non à un blocus économique.

Elle insiste sur la fait que, dans le cadre des relations bilatérales, elle a le droit de décider avec qui elle fait ou non du commerce. Par conséquent, elle défend le concept disant qu’elle a mis en place un embargo et jamais de blocus ou de guerre économique contre Cuba. 

« Un argument facilement démontable parce que le blocus est une politique essentiellement extra-territoriale qui viole le droit international. Nous ne pouvons oublier que, pendant les années 90, avec le début des investissements étrangers à Cuba et l’ouverture de l’économie au marché international, ce caractère extra-territorial a été perfectionné et renforcé grâce à l’approbation de nouvelles lois et d nouvelles initiatives. Les interdictions les plus audace pieuses et les plus dures sont contenues dans la  Loi Helms-Burton, en particulier dans ses chapitres III et IV, a dit la diplomate cubaine.

Elle a rappelé que tout bateau qui entre dans un port cubain pour décharger une charge commerciale ne peut entrer dans un port étasunien pendant 180 jours.

« Un pays ou une entreprise peut-il ainsi commercer librement avec Cuba ? Les preuves sont évidentes et irréfutables : les amendes de plusieurs millions d'euros infligées à des banques européennes, à des entités et à des institutions financières du monde entier ; l'activation du chapitre III de la loi Helms-Burton dans le cadre des 243 mesures prises par le Gouvernement Trump pour asphyxier économiquement le pays, entraver ses principales sources de revenus et nuire à nos relations commerciales... tout cela a une portée notoire et un caractère profondément extra-territorial », a-t-elle souligné.

Mais, selon  la diplomate cubaine, ce nouveau décret du 1er mai 2026 donne une autre dimension beaucoup plus large à cet effet extra-territorial et illégal de la politique  des Etats-Unis.

« Ces mesures sont inédites car elles n’avaient jamais fait partie de la guerre économique contre Cuba parce qu’ils peuvent geler les actifs aux Etats-Unis des personnes, les entités financières et les banques qui avaient des relations avec le Gouvernement cubain ou avec l’une de ses institutions ou de ses agences associées même quand leurs affaires en territoire étasunien n’ont absolument rien à voir avec Cuba, » a-t-elle expliqué.

De même, les catégories de personnes qui peuvent subir les effets de ce décret sont extrêmement larges. Le  président Donald Trump a même accordé des prérogatives au secrétaire d’Etat et au ministre des Finances pour les élargir s’ils pensent que c’est nécessaire.

Les nouvelles mesures, en plus d’être dirigées contre plus d’entités et de personnes à Cuba, en particulier dans des secteurs clefs comme ceux de l’énergie, des mines et des services financiers, visent toute personne ou toute entité « étrangère ou étasunienne » qui opère dans des secteurs vitaux  pour les revenus de l’île en devises.

« L’un des aspects les plus graves de ce décret est que les Etats-Unis essaient de faire intervenir des pays tiers dans l’application de ces mesures coercitives, de faire s’unir le reste du monde à la guerre économique contre Cuba, a souligné la spécialiste de la direction des problèmes légaux et des analyses de la direction générale du MINREX pour des Etats-Unis.

« Chaque fois que Cuba trouve de nouvelles formes d’investissement, de nouveaux marchés ou de nouvelles sources d’affaires, la persécution augmente avec une précision chirurgicale. Aucun économie du monde, même pas la plus développée, aucun pays du premier monde, n’aurait pu résister à cette guerre économique, » a-t-elle déclaré.

Ce nouveau décret fixe des sanctions secondaires dans le domaine de l’énergie, au-delà de celles touchant les combustibles et leurs dérivés compris dans un mécanisme coercitif et unilatéral identique de janvier 2026. Cette fois, ils cherchent à empêcher Cuba d’utiliser rationnellement le soleil, l’air et l’eau, de développer les technologies associées à l’utilisation des sources d’énergie renouvelables. 

Elle a expliqué que l’objectif est « d’ouvrir l’éventail le plus possible et de rendre ces pressions le plus efficace possible. Evidemment, l’objectif est de rendre l’effet d’intimidation et de dissuasion encore pire, de détériorer la vie du peuple cubain, d’étrangler l’économie cubaine. »

C’est pourquoi, dit-elle, on a mis en place plusieurs subterfuges comme « ouvrir l’éventail non seulement des secteurs et des recoins de l’économie mais aussi des personnes appartenant à ces secteurs qui peuvent être soumises à ces mesures coercitives aux Etats-Unis. »

Bloquer la solidarité

Ariadna Cornelio a également abordé les intentions  des Etats-Unis d’attaquer et de limiter les dons, un aspect qui, à son avis, « prouve un argument que nous avons toujours eu: le Gouvernement des Etats-Unis ne s’intéresse pas au bien-être du peuple cubain. »

Elle a qualifié de « mensonge » le discours récurrent disant que ces mesures sont destinées à libérer le peuple cubain ou à améliorer ses conditions de vie: « Ce décret en soi le prouve mais en ce qui concerne à cette partie particulière des dons il prouve que le peuple cubain ne les intéresse vraiment pas. »

Elle a rappelé que, ces derniers mois, grâce à la solidarité des nombreux amis de Cuba aux Etats-Unis et dans le monde, du matériel indispensable est arrivé  parmi lequel du matériel médical pour les enfants, les malades et les patients atteints d’un cancer, qui n’avait pas pu en tirer précisément à cause du blocus.

« Ce décret attaque également cela. Il attaque aussi cette solidarité, cette aide que le peuple cubain a reçue, » a-t-elle déclaré et elle a conclu que cela « prouve facilement  qu’ils mentent en disant qu’ils veulent le bien-être pour  Cuba. » 

La spécialiste a souligné que le but réel de Washington est de « plonger le peuple cubain et l’économie cubaine dans un état qui favorise, comme elle le disait précédemment, la chute de la Révolution grâce à une explosion sociale interne. »

Et elle a souligné que, pendant presque 70 ans, ils ont appliqué toutes les mesures possibles et continuent « à perfectionner, à étudier, à élaborer des mesures chirurgicales qui attaquent des secteurs vitaux et tous les secteurs stratégiques de l’économie cubaine. »

Dans le cas particulier des dons, elle a réaffirmé que cela prouve le désir « d’attaquer tout ce qui peut aider, tout ce qui pourrait arriver qui faciliterait la vie de notre peuple, de nos gens. »

Elle a également expliqué que Cuba étant un pays institutionnalisé dans lequel les personnes ont des relations avec les institutions, « on ne peut détourner une chose de l’autre » parce que les services de base essentiels comme la santé et l’éducation sont fournis par l’Etat cubain. « C’est une partie du cynisme avec lequel on agit contre Cuba, de la manière dont la politique des Etats-Unis est coordonnée tout au long des années. »

Faire que la victime se sente coupable

Alejandro García del Toro, sous-directeur général du Ministère des Affaires Etrangères  (MINREX) pour les Etats-Unis, a approfondi la stratégie psychologique qui se trouve derrière la politique des Etats-Unis:

« C’est intéressant […] le fait de faire que la victime se sente coupable mais cette politique est irrationnelle. Elle est définitivement basée sur une haine historique et permanente envers la Révolution, une haine envers la nation cubaine et un mépris absolu du peuple cubain. »

Il a expliqué que cette manoeuvre va plus loin: « Non seulement ils cherchent à ce que la victime se sente coupable mais à utiliser la victime pour que, après l’avoir fait souffrir de la plus grande quantité de pénuries possible, après que la victime sente qu’elle n’a plus aucune issue, à donner l’impulsion pour que ce soit la victime qui crée le chaos, une situation de déséquilibre social qui justifie une action plus agressive potentielle comme une agression militaire contre notre pays sous prétexte d’une soi-disant crise humanitaire. »

García del Toro a consacré beaucoup de temps à démonter les contradictions des fonctionnaires étasuniens, en particulier celles du secrétaire d’Etat qui a récemment nié l’existence d’un blocus pétrolier.

« Nous ne savons pas exactement où se trouvaient tous les Cubains ces quatre derniers mois — s'est-il interrogé —, alors qu'un seul bateau est entré dans notre pays pendant toute cette période », a-t-il déclaré, citant des déclarations de sources haut placées :

Le 16 février, des hauts responsables des Etats-Unis ont déclaré que Cuba était un pays en grande difficulté et qu’« ils n’avaient même plus de combustible».

Le 30 mars, la porte-parole de la Maison Blanche a affirmé: « Il n’y a aucun changement officiel dans la politique de sanctions. Nous nous réservons le droit de saisir des bateaux si la loi le permet. »

Le 15 avril, le secrétaire d’Etat a déclaré à Al Jazeera: « Nous n’avons pris aucune mesure punitive contre Cuba. Les pannes d’électricité n’ont rien à voir avec nous » tandis que le ministre de l’Energie affirmait: « Nous voulons forcer le changement et rendre le peuple libre. »

Pour le sous-directeur général, ces affirmations sont contradictoires: «Il y a quelque chose qui ne va pas avec le secrétaire d’État quand de hauts fonctionnaires, dont son patron, disent qu’il y a une interdiction, qu’il y a un blocus, qu’il y a un effort  des Etats-Unis pour empêcher l’arrivée du pétrole à Cuba ».
Il a insisté sur le fait que c’est la même tentative destinée à ce que la victime se sente coupable: « Ce sont eux qui n’ont pas de pétrole parce que soi-disant, ils ne le paient pas. »

Il a également évoqué le dîner de multimillionnaires et de politiciens de Floride qui a eu lieu le 1er mai dernier et au cours duquel le président  des Etats-Unis, sur le ton de la moquerie, a affirmé qu’il mettrait un porte-avion de 90 mètres sur les côtes cubaines et a conclu: « Ils se rendront. »

A son avis, dans les cercles politiques étasuniens dans lesquels est conçue la politique étrangère envers Cuba, « il existe une profonde ignorance de l’histoire de Cuba, de la préparation idéologique du peuplait de nos dirigeants, il y a une ignorance de la capacité des Cubains. » Il prévenu que, même si Cuba ne souhaite pas et ne veut pas la guerre, « nous comprenons que nous devons nous y préparer. »

Il a ajouté que le texte même du décret s’achève sur une liste d’actions préalables des Etats-Unis au Venezuela et en Iran, comme lorsqu’il dit: « Souvenez-vos que nous avons la capacité de refaire cela. » Et il conclut: « « Pour eux, la guerre fait partie des options et des menaces contre Cuba. »

García del Toro estime que ces positions font partie du Corollaire Trump à la doctrine Monroe qui revendique le fait que l’hémisphère appartient exclusivement aux Etats-Unis. Il a rappelé qu’il y a 2 jours, le secrétaire d’Etat a prévenu à nouveau les « acteurs étrangers » qu’ils ne peuvent faire aucune sorte d’activité économique qu’ils considèrent comme préjudiciable aux intérêts étasuniens. 

« Ils sont dans cette conception étasunienne. « Si ce principe leur sert à justifier tout ce qu’ils font contre notre peuple, alors il nous appartient sans aucun doute de nous préparer et de rester en alerte en permanence. » En évaluant l’impact concret de ces mesures sur la population, les spécialistes ont unanimement souligné leur cruauté.

« « L’impact qu’il a eu pendant ces 10 dernières années a été conçu pour détruire, pour rendre totalement  inopérante notre économie, » a dit García del Toro. Et il a donné pour exemple: « Voir nos villes vides, sans voitures, sans moyens de transport, sans personne » et il a dénoncé le fait que cette politique est « conçue pour créer le plus de difficultés possible, rendre la vie des gens la plus misérable possible. »

C'est pourquoi il a qualifié de « souverain incompétent et de souverain menteur » le responsable des affaires diplomatiques des États-Unis à Cuba lorsque celui-ci affirme que cette politique vise à aider le Cubain ordinaire.

« Il est inconcevable qu’il puisse affirmer cela alors que les gens doivent faire face à tant de difficultés au quotidien pour se rendre à l’hôpital, qu’il y ait une file d’attente de cent mille Cubains en attente d’une opération cardiaque, et que les gens aient tant de mal à se procurer de quoi se nourrir », précisément en raison des mesures unilatérales et illégales imposées par son gouvernement à l’encontre de Cuba.

Délais dépassés et la clef de « l’application chirurgicale »

Enfin, García del Toro a rappelé que le Gouvernement des États-Unis a continuellement fixé des délais pour que la Révolution tombe sans qu'aucun d'entre eux ne se soit concrétisé. Même lorsque le président Trump lui-même a déclaré il y a trois mois « qu'on ne peut plus rien faire, la seule chose qui nous reste à faire, c'est d'intervenir et de tout raser », ils sont désormais revenus à une « application chirurgicale de ces sanctions ».

Pour résumer l'impact féroce et impitoyable du nouveau décret présidentiel du 1er mai, il a cité un proche du premier Gouvernement Trump (Mauricio Claver-Carone), l'architecte des 243 mesures, qui a déclaré : « Trouver la source de revenus, comprendre comment fonctionne le pays et tout faire pour que rien de tout cela ne fonctionne. »

Source en espagnol:
http://www.cubadebate.cu/noticias/2026/05/05/la-nueva-orden-ejecutiva-del-presidente-de-eeuu-una-agresion-inedita-contra-cuba/
URL de cet article:

https://bolivarinfos.over-blog.com/2026/05/cuba-le-nouveau-decret-de-trump-une-agression-inedite.html