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International: Trump entre Cuba et Taïwan

10 Mai 2026, 16:10pm

Publié par Bolivar Infos

Par Atilio. A Boron

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine-Bolivar Infos

Trump et sa médiocre équipe de collaborateurs n’apprenant rien. Les Etats-Unis se sont enlisés dans la guerre du Vietnam et ont subi une défaite humiliante. Ensuite, ils ont fait la même chose en Irak et en Afghanistan, avec le même résultat. La fuite chaotique des forces nord-américaines stationnées à Kaboul est l’une des pages les plus honteuses de l’histoire militaire des Etats-Unis. Maintenant, ils attaquent l’Iran, bombardent de façon aveugle objectifs militaires et civils, menacent de renvoyer ce pays « à l’âge de pierre ». Mais la réponse de Téhéran a été dévastatrice: elle a détruit presque toutes les installations militaires établies dans les pétro-monarchies du golfe et a fermé le détroit d’ Ormuz, ce qui a provoqué une grosse augmentation du prix du pétrole et mis en échec l’économie mondiale.

Selon des informations du CENTCOM des Etats-Unis, 40 à 50.000 effectifs étaient présents sur ces bases. Mais l’Asie Occidentale, comme le montre la Bible, est prodigue en miracles, et la Maison Blanche n’a reconnu que 14 morts - un miracle biblique s’il en est! - et quelques 400 blessés, des chiffres absolument mensongers qui, tôt ou tard, devront être corrigés. Sauf que face aux premiers tirs, ce fort contingent militaire aurait fui précipitamment pour chercher refuge dans un, pays ami de la zone ou rentré couvert de déshonneur, aux Etats-Unis. Souvenons-nous que la première victime d’une guerre est la vérité et l’empire, on ne peut pas le croire, « même pas un petit peu » comme disait avec raison le Che.

La destruction du système de radars installé par les Gouvernements des Etats-Unis successifs sur ces bases a coïncidé avec un changement climatique subit et radical depuis la fin avril, quand la sècheresse extrême et interminable qui avait épuisé l’Iran pendant plusieurs années a fait place à des pluies torrentielles sur une grande partie de son territoire. Cette rapide mutation semblerait confirmer les soupçons des autorités iraniennes qui pensent que les radars étasuniens et israéliens orientaient la circulation des avions qui déchargeaient des substances qui pouvaient perturber la formation des nuages et faire diminuer les pluies. La technique de « l'ensemencement des nuages », utilisée pour provoquer des précipitations, est bien connue. Mais on ne savait que peu de choses, voire rien, sur l'efficacité de certaines substances pour empêcher la pluie. On en sait désormais un peu plus : il est possible de provoquer et de maintenir une sécheresse. La guerre climatique est entrée en scène.

Reprenons le fil de notre argumentation. Le Vietnam, l'Irak, l'Afghanistan et maintenant l’Iran ne sont que des étapes marquantes de défaites prévisibles, ce qui amène à s'interroger sur les raisons qui expliquent la persistance de cette « erreur ». Réponse: parce que ce n’est pas une « erreur » mais le déploiement implacable d’un plan de négoces du gigantesque complexe « industriel-informatique-militaire » dont la rentabilité se nourrit des guerres sans fin que provoque et livre l’empire.

Des bénéfices qui, ne l’oublions pas, découlent en partie du financement de la carrière politique de membres du Congrès fédéral ou de législateurs des états, des gouverneurs et, évidemment, de ceux qui souhaitent devenir les locataires de la Maison Blanche.  Il va de soi que ces politiciens, à de très rares exceptions, une fois qu’ils ont accédé à leur charge, savent très bien ce qu’ils doivent faire: fomenter des guerres dans n’importe quel coin de la planète et maintenir cette espèce de keynesiamisme pervers basé sur d’exorbitantes dépenses militaires. Sans les super-bénéfices de ce fatidique complexe, c’en est fini du financement privé de l’activité politique et personne, dans la classe politique, ne veut que cela reproduise.

Trump a répété qu’une fois que la victoire des Etats-Unis se sera concrétisée en Iran, il « prendra le contrôle de Cuba presque immédiatement. » S’il le fait, il s’achemine vers un autre désastre comme celui Washington a subi à Playa Girón en avril 1961. Ces lâches ailés pourront bombarder l'île et causer d'importants dégâts matériels aux bâtiments et aux infrastructures mais pour « prendre le contrôle » de ce pays, les experts militaires estiment qu’il faudrait placer sur le terrain une force de quelques 220 000 effectifs pour garder le contrôle et maintenir l’ordre après l’invasion qui déclencherait une lutte acharnée des Forces armées révolutionnaires de Cuba (FAR) et des milices populaires, toujours actives même dans les plus petites villes de l’île. En outre, cette initiative de Trump porterait le coup de grâce aux fondements chancelants d'un ordre mondial moribond et instaurerait une sorte de loi de la jungle dans laquelle, selon la doctrine Trump, n'importe quel pays pourrait envahir le territoire d’autrui et s’en emparer.

Pékin et Moscou ont déjà prévenu du danger et ont critiqué les prétentions de Trump mais quelqu’un devrait dire au fanfaron new-yorkais qu’avancer sur Cuba avec son armée, ce serait offrir sur un plateau d’argent la légitimation d’une opération similaire que la République populaire de Chine pourrait mener pour réintégrer par la force la province rebelle stratégique de Taïwan.

Si cela arrivait, comment Washington pourrait-il condamner Pékin pour avoir récupéré par la force une province qui lui appartenait alors qu’il a tenté » de faire la même chose mais avec un pays indépendant comme Cuba?

source en espagnol:
https://www.resumenlatinoamericano.org/2026/05/08/estados-unidos-trump-entre-cuba-y-taiwan/
URL de cet article:

https://bolivarinfos.over-blog.com/2026/05/international-trump-entre-cuba-et-taiwan.html