Amérique latine: L’extrême-droite triomphe au Pérou et en Colombie: que se passe-t-il sur le continent?
par Camila Salmazio, Lucas Salum et María Teresa Cruz
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine-Bolivar Infos
Hugo Albuquerque et Katia Marko analysent l’ingérence des Etats-Unis dans les élections et la façon on pourra gouverner dans ces pays.
Les récents résultats des élections au Pérou et en Colombie qui donnent la victoire à l’extrême-droite illustrent une tendance vers le conservatisme mais on doit aussi analyser d’autres facteurs comme l’influence des Etats-Unis et des plateformes digitales sur lesquelles il est possible de manipuler l’information. Ont également une influence l’instabilité politique de la région et les particularités de chaque pays.
En Colombie, le candidat de gauche, Iván Cepeda, a reconnu la victoire du candidat d’extreme-droite, Abelardo de La Espriella. Pendant ce temps, au Pérou , bien que Keiko Fujimori ait gagné mathématiquement, Rodolfo Sánchez a déclaré qu’il ne reconnaissait pas les résultats et qu’il allait contester le processus à cause d’une fraude présumée liée à des votes émis à l’étranger.
Ceci est le thème du podcast de politique internationale «The Foreigner » auquel participent l’analyste politique Hugo Albuquerque et la journaliste Kátia Marko de Brasil de Fato Rio Grande do Sul .
Défaite en Colombie
Selon Hugo Albuquerque, la situation actuelle en Colombie n’est pas très différente de celle de 2022, quand Gustavo Petro fut élu président. L’expert soutient que ce n’avait pas été une victoire écrasante.
« La Colombie a un problème: il n’y a pas de possibilité de réélection. On finit par devoir présenter un candidat après quatre ans, ce qui est une période très courte", explique Albuquerque. « Petro était en train de se remettre ; les derniers sondages indiquaient une augmentation du soutien à son gouvernement, due en grande partie à l’amélioration de l’économie ».
Iván Cepeda , un activiste historique de gauche, a été choisi pour lui succéder mais il n’a pas gagné dans des endroits qui auraient fait la différence, comme Bogotá. « Le vote progressiste en Colombia est un vote de la côte, comme à Cali», déclare Albuquerque.
Et il souligne l’impact positif de la campagne contre l’abstention qui a conduit beaucoup de gens aux urnes au second tour, même dans une réalité marquée par la violence politique. « Mais, même avec le quorum, le résultat fut très similaire. En 2022, la droite est également arrivée à la dernière minute et a réussi à ce que Rodolfo Hernández obtienne un bon résultat face à Petro, par une marge étroite. Et Abelardo est également apparu à la dernière minute, avec un mélange de Bukele, Milei, un peu de Bolsonaro et la lutte contre le crime ».
Gouvernabilité en temps de polarisation
Albuquerque pense qu’Abelardo n’aura pas la majorité au Congrès, de la même façon que Cepeda ne l’aurait pas eue s’il avait gagné: « Le Congrès est divisé, comme au Brésil. Mais je pense qu’il aura des problèmes s’il veut gouverner la Colombie comme Bukele gouverne le Salvador, parce que la Colombie est beaucoup plus grande, donc il y a une tendance à augmenter la violence politique », dit-il.
Dans le cas du Pérou, l’analyste pense que Keiko Fujimori aura encore plus de difficultés: « Elle n’aura pas la majorité à la Chambre des Députés et aura la moitié des sénateurs si elle arrive à former une alliance. Nous devons analyser si e ll ene détruira pas tout. Parce qu’elle aura l’armée, les chefs d’entreprises de Lima, les Etats-Unis mais elle affrontera des difficultés institutionnelles. Le Gouvernement pourrait être paralysé, » explique-t-il.
Comme en Colombie, signale l’analyste, « il y a des régions entières qui ont rejeté et continuent à rejeter Keiko mais qui ont voté pour elle contre la gauche. » Il compare cette situation avec le sentiment anti-PT au Brésil.
Les grandes entreprises technologiques et les élections
Selon Katia Marko, un résultat différent aurait été possible en Colombie si le président avait pu être réélu. mais la journaliste apporte au débat un élément qu’elle considère comme crucial dans la situation actuelle de l’Amérique latine: l’ingérence des Etats-Unis à travers les grandes entreprises technologiques.
« Cette guerre cognitive hybride que nous vivons dans le monde entier. mais avec une grande force en Amérique latine se manifeste sur les grandes plateformes et Elon Musk a déjà affirmé qu’elles ne conçoivent pas les démocraties comme nous les avons conçues jusqu’à présent ni les élections comme nous avons l’habitude de les réaliser. La bataille pour les fausses informations et l’intelligence artificielle finissent par avoir un grand pouvoir. Nous devons analyser ceci pour comprendre ce qui s’est passé au Pérou, en Colombie, en Bolivie, au Venezuela et ce qui va repasser au Brésil. Nous ne parlons pas d’une démocratie classique comme celle que nous avons eue jusqu’à présent, conclut-il.
Marko signale également qu’en Amérique latine, il existe une persécution généralisée des mouvements populaires sous prétexte de combattre le trafic de drogues: « Cette sensation de danger est largement diffusée dans les principaux médias et c’est le cas dans tous nos pays latino-américains. Nous appelons ceci la guerre cognitive, qui est une guerre qui se livre dans l’esprit humain. C’est une guerre qui remet en question le sens de la vie et qui interfère dans les élections, » affirme-t-il.
Source en espagnol:
https://www.resumenlatinoamericano.org/2026/06/26/nuestramerica-la-extrema-derecha-triunfa-en-peru-y-colombia-que-esta-sucediendo-en-el-continente/
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