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Venezuela: Les mensonges tuent aussi

1 Juillet 2026, 18:09pm

Publié par Bolivar Infos

 

Par Carmen Parejo Rendon

Le tremblement de terre et la guerre médiatique

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine-Bolivar Infos

Les mensonges tuent. En 1976, Castor Uriarte Aguirreamalloa a publié « Bombes et mensonges sur Guernica », un titre qui, sans avoir besoin de trop d’explications, expriment vérité historique qui continue à peser sur notre présent: les bombes ne tombent pas seules. D’abord tombe la bombe, ensuite tombe le mensonge. Ou on pourrait peut-être le dire à l’envers parce que souvent le mensonge prépare le terrain pour que la bombe puisse tomber sans qu’aucune conscience ne tremble. A Guernica, comme ensuite dans tant d’autres endroits du monde, il n’a pas suffi de détruire une ville, il fallait aussi contester le récit de sa destruction.

Presque quatre-vingt-dix ans plu tard, le Venezuela connait bien ce scénario. Le 3 janvier de cette année, il a été bombardé par les Etats-Unis et son président,  Nicolás Maduro, a été enlevé. Mais dans ce beau pays, soumis pendant plus de 20 ans à une agression à faces multiples, à des sanctions, à des sabotages, à un blocus économique, à des opérations politiques et à la guerre médiatique, maintenant, la terre a tremblé. Et même maintenant, quand la tragédie s’impose avec la brutalité nue des décombres, ceux qui l’ont toujours fait n’ont pas cessé de brutaliser la République Bolivarienne du Venezuela avec leurs mensonges. 

La terre tremble sans se demander et sans se poser de questions et sans même se soucier des frontières, encore moins des Gouvernements. Quand le Japon a tremblé en 2011, les médias internationaux ont parlé pendant des années de discipline, de dignité, de prudence et de respect face à une tragédie qui a fait plus de 20 000 morts et disparus. Même les analyses universitaires consacrées à la presse japonaise ont souligné un traitement particulièrement factuel et modéré. Mais quand le Venezuela tremble, ceux qui n’ont jamais respecté sa souveraineté ne semblent pas non lus disposés à respecter sa douleur. Si les autorités limitent l’accès à une zone sinistrée, si on empêche de faire des photos à certains endroits, si on cherche à éviter que la mort devienne une marchandise visuelle, la suspicion est déjà écrite avant que quoi que ce soit soit prouvé. Même maintenant, alors que la terre s’est ouverte sous les pieds du peuple  vénézuélien,  ne vont-ils pas le respecter un peu? 

Un autre mensonge qui tue est l’occultation de l’impact des mal-nommées sanctions pour qu’un Etat puisse prévenir le désastre et renforcer ses infrastructures. Parce que maintenant, quand la tragédie s’est déjà imposée, ces mêmes Gouvernements qui pendant des années ont causé des dommages matériels au Venezuela font leur apparition et annoncent une aide humanitaire, envoient des équipes de secours ou se présentent face au monde comme des bienfaiteurs. Les Etats-Unis ont annoncé l’envoi d’équipes de recherche et de secours, de matériel médical et d’aide humanitaire. L’Union européenne a également activé son mécanisme de protection civile pour déployer une assistance d’urgence. Bienvenue soit toute main qui aide à sortir quelqu’un de vivant des décombres!

Mais la meilleure façon d’aider un pays,  c’est de ne pas l’asphyxier pendant des années pour ensuite poser au milieu des ruines avec un gilet de coopérant.  

La meilleure façon d’aider le Venezuela - ou n’importe quel autre peuple du monde - c’est de ne pas détruire son économie, de ne pas bloquer ses ressources, de ne pas l’empêcher d’accéder au financement, aux pièces de rechange, aux machines, à la technologie, au combustible ou aux matériaux qui permettraient de renforcer les hôpitaux, les logements, les routes, les systèmes électriques, les réseaux d’eau et les infrastructures publiques. La rapporteuse spéciale des Nations Unies Alena Douhan avait déjà prévenu en 2021: les sanctions sectorielles empêchent. d’obtenir des revenus et d’utiliser ces ressources pour entretenir et développer les infrastructures et les programmes sociaux et ont un effet dévastateur sur la population vénézuélienne.

Des « sanctions » mal nommées qui n’ont été « allégées » qu’en deux occasions: en 2022 sous Joe Biden dans le but évident d’essayer de séparer le Venezuela de l’un de ses alliés stratégiques et rechercher des sources d’approvisionnement énergétique alternatives à Moscou. Et ceci se reproduit maintenant, sous Donald Trump,  bien que cette mesure ne puisse pas s’appeler « allègement » mais vol à main armée. Et, dans ce cas, le pistolet n’est pas une métaphore littéraire: c’est exact toment l’apposition dans laquelle se trouve le Venezuela depuis ce funeste 3 janvier. Pendant que le sol s’ouvre, les mensonges continuent à tomber. Comme les bombes sont tombées.

Et comme cela ne suffisait pas, un  autre mensonge qui tue est celui qui prétend par-dessus tout criminaliser les politiques publiques du logement au Venezuela. A La Guaira, des édifices de différentes sortes se sont effondrés: des logements publics ou privés, des commerces, de vieilles structures, des constructions bâties sur des sols vulnérables et des quartiers entiers qui avaient pour dénominateur commun le fait d’être situés sur l’épicentre du séisme. Le tremblement de terre ne fait pas non plus de distinction action entre le public et le privé. Mais les médias, oui, dans d’autres buts. Ce n’est pas par hasard que ceci ait été le sujet de  gros titres dans les journaux à scandale comme The Sun qui parlait d’immeubles soi-disant soutenu  par  ‘Styrofoam’ (polystyrène expansé), un mis mis en couverture pour que le lecteur imagine des logements faits de liège blanc, des bâtiments de pacotille remis aux pauvres par un Gouvernement irresponsable. Ce n’est pas non plus un hasard si le journal conservateur espagnol ABC titre: « Les logements sociaux d’Hugo Chávez s’effondrent comme des châteaux de cartes. »

Une politiquería qui a changé la vie

La Grande mission Logement Venezuela a été l’une des politiques sociales les plus importantes du processus bolivarien. Née en 2011 pour répondre à une crise du logement sans précédent : la surpopulation, les logements insalubres, les cabanes construites sur des versants instables, les habitations ne répondant pas aux conditions minimales de dignité et une anarchie urbanistique absolue héritée du boom pétrolier, des migrations internes et de décennies d’abandon des classes populaires par les institutions. Le Gouvernement vénézuélien a mis en place une politique publique qui a permis de livrer plus de 5 000 000 de logements et qui a changé à jamais la vie de nombreuses familles.

Ces médias accomplissent une double tâche au milieu de la tragédie: continuer à agresser le Venezuela et, en même temps, criminaliser le droit au logement et la responsabilité publique de garantir ce droit, justement dans un monde qui souffre de graves problèmes d’accès à un logement digne.

Mais cette double tâche, même au milieu d’une  tragédie, n’est ni le fruit du hasard ni un fait isolé. C’est la forme actuelle d’une machinerie médiatique contrôlée par le grand pouvoir économique, traversée par les intérêts des capitaux transnationaux, qui s’appuie trop souvent sur des journalistes en situation de précarité, mal payés, pressés comme de vieux citron s, obligés de produire une marchandise idéologique à la vitesse que lui impose le patron. Ils ont ainsi vidé le journalisme de son sens le plus beau. Parce que le journalisme, quand il est digne de ce nom, peut être une profession belle et révolutionnaire: il sert à chercher la vérité, à gêner le pouvoir, à donner la parole aux peuples qui ne reçoivent que le silence.

Mais quan Đ il s’agenouille devant les maîtres de l’argent, quand il transforme la douleur en négoce et le mensonge en arme de guerre, il cesse d’informer et commence à participer au crime. Le Venezuela e sait depuis presque 30 ans. D’abord, ils ont menti pour préparer le coup d’Etat, ensuite pour justifier les sanctions, ensuite pour blanchir les pillages, les enlèvements, les bombes et le blocus. Maintenant, ils mentent aussi sur les décombres. Les mensonges tuent. Et ceux qui vivent, commandent et s’enrichissent en mentant agissent, très souvent, comme des tueurs en série.

Source en espagnol:
https://www.resumenlatinoamericano.org/2026/06/30/venezuela-las-mentiras-tambien-matan-ante-el-terremoto-y-la-guerra-mediatica/
URL de cet article:

https://bolivarinfos.over-blog.com/2026/07/venezuela-les-mensonges-tuent-aussi.html