Venezuela: Le Gouvernement envisage de se retirer de l’OPEP
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine-Bolivar Infos
Le Venezuela se demande s'il ne devrait pas quitter l'OPEP, ce qui pourrait porter un nouveau coup au cartel pétrolier qu'il a contribué à créer il y a plus de 60 ans. L’idée d’un départ a été abordée avece des fonctionnaires des Etats-Unis et aucune décision définitive n’a été prise selon. les sources que cite l’agence Bloomberg. La décision de se retirer de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole mettrait en évidence le profond réalignement politique de Caracas depuis que le président Donald Trump a renversé Nicolás Maduro et aa pris le controle des ventes de pétrole du pays.
L’influence croissante de Washington se reflète aussi dans les conversations des Etats-Unis avec des dirigeants vénézuéliens pour acquérir une participation importante dans les champs de pétrole du pays, quelque chose qui aurait été impensable il y a à peine 2 ans.
des négociateurs des deux pays discutent d cette proposition, selon des personnes familiarisées avec cette affaire qui ont demandé à rester anonymes parce que ces conversations sont privées. certaines de ces sources signalent que l’un des accords discutés comprend une location pour 100 ans de plusieurs champs de pétrole.
Un porte-parole de la Maison Blanche a fait immédiatement des commentaires sur l’éventuelle décision de quitter l’OPEP. La Maison Blanche a refusé de commenter ces négociations concernant les champs de pétrole, rapportées initialement par Axios. Le ministère de l’Information du Venezuela n’a pas répondu immédiatement à la demande d’information.
Acquérir une participation dans les réserves pétrolières du Venezuela impliquerait une intervention presque sans précédent des Etats-Unis dans l’économie d’un autre pays mais est également conforme à ce qu’on appelle la Doctrine Donroe de Trump destinée à étendre l’influence étasunienne sur l’hémisphère occidental. Trump a décrit le Venezuela comme le 51ème état des Etats-Unis et a dit que les Etats-Unis contrôlait son pétrole.
Cette initiative coïncide aussi avec le point d vue de plus en plus interventionniste de Trump envers les entreprises puisque son gouvernement a acquis des participations dans des compagnies comme Intel, reproducteur de terres rares MP Materials et la compagnie minière de Lithium Lithium Americas. Trump a aussi cherché des ressources naturelles à l’étranger. L’année dernière, son Gouvernement a créé un fonds conjoint d’investissement avec l’Ukraine qui soutien des projets miniers, de pétrole et de gaz de ce pays avec des investissements.
La possibilité que le Gouvernement des Etats-Unis joue un role direct dans des projets pétroliers vénézuéliens met en évidence la façon dont l’industrie est en train de se transformer pendant une période de transition politique. Les gros producteurs de pétrole internationaux adoptent pour la plupart une attitude prudente envers le Venezuela alors que les foreurs indépendants et les investisseurs plus prêts à prendre des risques accourent vers ce que beaucoup considèrent comme la plus grande opportunité » pétrolière depuis la chute de l’Union soviétique.
Gloire perdue
Le Venezuela, qui fut autrefois un membre important de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole a perdu de l’importance à mesure que les sanctions des Etats-Unis et l’agitation intérieure ont dévasté son industrie pétrolière. Le pays a produit 1 160 000 barils de pétrole par jour en juillet, selon une enquête de Bloomberg, moins de la moitié de ce qu’il produisait il y a 10 ans. Mais sa production a augmenté cette année.
Etant donné que sa production est moins importante, il est peu probable qu’un éventuel départ du Venezuela ait un effet immédiat significatif sur les marchés mondiaux du pétrole, actuellement dominés par les répercussions de la guerre des Etats-Unis contre l’Iran. Mais l’idée gagne de la force au milieu de la frustration publique exprimée par l’Irak et d’autres pays concernant es obligations qu’implique le fait d’appartenir à ce groupe. Il y a à peine 4 mois, les Emirats Arabes Unis ont annoncé qu’ils quittaient le cartel, menaçant ainsi l’unité du groupe et son influence sur le prix du brut.
Un départ du Venezuela renforcerait les doutes quant à la capacité de l'OPEP — dirigée par l'Arabie saoudite — à rester unie et à continuer d'influencer les prix du brut. Une aggravation de la situation pourrait conduire ses membres à se livrer à une concurrence acharnée pour s'accaparer des parts de marché, reproduisant ainsi la brève guerre des prix de 2020.
Certains fonctionnaires étasuniens imaginent une puissance pétrolière construite à partir d’una alliance entre les Etats-Unis et le Venezuela qui réduirait considérablement l’influence de l’OPEP. Caracas, actuellement, n’est plus l’objet d’aucune limitation de sa production étant donné l’ampleur de son déclin pendant ces dernières années et libérer le pays de tout quota éventuel aiderait à optimiser la production à plus long terme et, par conséquent, à faire baisser les prix. Washington pourrait faire avancer ses plans pour le secteur pétrolier du pays sans les restrictions qui découlent des obligations envers le cartel du pétrole, selon les sources que cite Bloomberg.
Le bon moment?
Le départ éventuel du Venezuela serait une victoire pour Trump, qui critique depuis longtemps l'OPEP et sa capacité à faire monter les prix du pétrole et augmenter le prix des combustibles pour les consommateurs étasuniens. Depuis que les forces étasuniennes ont capturé Maduro le 3 janvier et que la présidente par intérim Delcy Rodríguez est arrivée au pouvoir, les relations entre Washington et Caracas sont passées de l’isolement et de l’hostilité à une association de plus en plus étroite à mesure que Trump exerce une influence de plus en plus importante sur le pays et ses vastes réserves naturelle.
Le Gouvernement de Trump a rétabli les relations diplomatiques, rouvert l’ambassade des Etats-Unis à Caracas et a des conversations directes avec Rodríguez et ses principaux ministres en utilisant une combinaison d’allègement des sanctions, d’accès au financement mondial et de controle sur les revenus du pétrole pour orienter la politique. Chevron, le second plus gros producteur de pétrole des Etats-Unis, a effectué en avril un échange d’actifs avec le Venezuela qui élargira de façon significative les opérations de la compagnie dans le pays.
Le Venezuela a été l’un des 5 pays producteurs de pétrole qui ont fondé l'OPEP en 1960 et est largement con sidéré comme le pays ayant été le plus influent lors de la création du groupe à cause des efforts persistants de son ministre du pétrole de l’époque, Juan Pablo Pérez Alfonzo.
Le cartel et ses partenaires ont joué depuis lors un rôle important sur les marchés mondiaux du pétrole depuis l’embargo pétrolier arabe des années 70 jusqu’aux énormes coupes dans la production qui ont stabilisé les prix et ont aidé une grande partie de l’industrie pétrolière mondiale pendant la pandémie de coronavirus.
Le Venezuela a également été essentiel lors de la naissance de l’OPEP+, l’alliance formée en 2016 entre les principaux membres du cartel et des pays extérieurs au groupe dont la Russie, qui a revitalisé l’organisation qui perdait alors de l’importance.
Pendant ces dernières années, l’influence de la coalition semble avoir à nouveau diminué. Les producteurs de pétrole de schiste étasuniens et d’autres concurrents du onde entier ont érodé sa capacité à influer sur les prix. Et les énormes découvertes en Guyana et au Brésil ont réduit sa prépondérance sur la production.
source en espagnol:
https://www.resumenlatinoamericano.org/2026/08/29/venezuela-el-gobierno-estudia-abandonar-la-opep-en-un-gesto-hacia-estados-unidos/
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