Venezuela: Manifeste pour la libération du président Nicolas Maduro et de la députée Cilia Flores
Nicolás Maduro et Cilia Flores sont innocents. Ils n’ont commis aucun délit, ni au Venezuela ni sur aucun autre territoire. Ils ont été enlevés illégalement par une force militaire étrangère, sans qu’aucune déclaration de guerre n’ait été faite. Par conséquent, les auteurs de cet enlèvement devraient être arrêtés et jugés. C’est une évidence éclatante, et le président Trump a été clair : l’objectif de cet enlèvement a toujours été de mettre le gouvernement bolivarien à genoux, de prendre son président en otage et de le détenir en échange du pétrole vénézuélien. Les accusations des États-Unis sont tout simplement dénuées de fondement. En vertu de la présomption d’innocence — reconnue tant par la Constitution des États-Unis que par l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques — la charge de la preuve incombe à l’accusateur. Ce ne sont pas Maduro et Flores qui doivent démontrer leur innocence : c’est à Washington de prouver leur culpabilité, ce qu’il n’a pas fait à ce jour et ne pourra faire sans recourir à la fabrication de fausses preuves totalement dénuées de véracité. Les organisations, mouvements, partis, syndicats, intellectuels et citoyens signataires de ce manifeste s’adressent aux peuples du monde pour exiger leur libération, face à une détention et un tribunal totalement illégaux.
Ni preuves ni compétence juridictionnelle
Il convient de rappeler que, le 3 janvier 2026, des forces américaines sont entrées illégalement au Venezuela et ont enlevé le président Nicolás Maduro ainsi que la « première combattante » Cilia Flores pour les transférer aux États-Unis, où ils sont actuellement détenus. Il n’y a eu ni demande d’extradition, ni procédure légale convenue, ni autorisation du Conseil de sécurité : il s’agissait d’une opération militaire contre un pays souverain visant à capturer son président en exercice et la Première dame. L’article 2.4 de la Charte des Nations unies interdit le recours à la force contre l’intégrité territoriale et l’indépendance politique d’un État ; or, l’arrestation d’une personne accusée de trafic de drogue pour la traduire devant les tribunaux d’un autre pays ne figure pas parmi les exceptions prévues. De même, un État ne peut pas lever l’immunité du chef d’État d’un autre pays en lui refusant la reconnaissance diplomatique. L’accusation ne résiste pas non plus à l’examen. Elle repose sur le récit du soi-disant « Cartel des Soleils » (*Cartel de los Soles*), dont le gouvernement américain lui-même a reconnu l’inexistence une fois l’enlèvement consommé. Ce nom a toutefois servi, durant des années, d’appellation générique pour des accusations éparses liées au trafic de drogue, sans qu’aucune appartenance avérée, structure de commandement ou chaîne d’autorité n’ait jamais été démontrée ; on assiste ainsi à la résurgence du discours de la « guerre contre la drogue » des années 1970, qui ne servait alors que de paravent à l’interventionnisme dans les pays de la région.
Dans le cas de la députée Cilia Flores, ces accusations sont encore plus intenables. La violence extrême dont elle a fait l’objet témoigne d’une violence de genre à motivation politique qu’il convient de souligner. Le caractère sélectif de cette prétendue guerre contre le trafic de drogue et les « narco-États » a déjà été mis en évidence lorsque l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández — allié de Washington — a été gracié par Donald Trump en décembre 2025, alors même qu’il avait été extradé, jugé sur la base de preuves et de contre-interrogatoires, puis condamné par un tribunal fédéral de New York. Les implications de cette affaire dépassent largement le cadre du Venezuela.
Permettre à un État étranger de supplanter la juridiction légale d’un autre pays et de mener un procès sans fondement en droit international revient à consacrer le système judiciaire américain comme une juridiction mondiale et illimitée. Par conséquent, nous déclarons et exigeons : Nicolás Maduro et Cilia Flores ont été enlevés lors d’un acte illégal de force militaire ; ils ont été traduits devant les tribunaux de l’État même qui a cherché à les renverser pendant des années et ont été inculpés sur la base d’un récit politique alléguant des crimes qui n’ont pas encore résisté à l’épreuve de la véracité.
En conséquence, nous exigeons :
1. La libération immédiate du président Nicolás Maduro et de la députée Cilia Flores, ainsi que leur retour en toute sécurité au Venezuela.
2. L’arrêt de la procédure judiciaire découlant d’une arrestation qui viole la Charte des Nations Unies et l’immunité d’un chef d’État en exercice.
3. Le respect total de la souveraineté du Venezuela et la fin des agressions militaires, des sanctions unilatérales coercitives et des opérations visant à changer le régime.
4. Le rejet explicite, par les États et les organismes multilatéraux, de la doctrine de juridiction extraterritoriale illimitée que cette affaire cherche à instaurer.
5. La fin de l’utilisation de la « guerre contre le narcotrafic » comme prétexte à des attaques dans divers pays de la région, impliquant des assassinats sans aucun procès préalable.
Nous appelons les mouvements populaires, les syndicats, les partis, les juristes, les intellectuels et les peuples du monde à diffuser ce manifeste, à le porter devant leurs parlements, universités et organisations, et à exiger de leurs gouvernements qu’ils rompent le silence.
À l’initiative de : ALBA Movimientos et Assemblée internationale des peuples (AIP)
Signataires :
Roger Waters, musicien, Angleterre
Ignacio Ramonet, journaliste, Espagne
João Pedro Stédile, MST, Brésil
Bureau d’information Alba Granada North AFrica Ajoutez votre signature et celle de votre organisation via ce lien + Liste des signataires : https://ipa-aip.org/…/manifiesto-por-la-liberacion-del…/