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Cuba-Etats-Unis: Aucun analyste sérieux aux Etats-Unis ne soutient les programmes de "promotion de la démocratie" à Cuba.

Publié le par Bolivar Infos

Par: Rosa Miriam Elizalde (Cubadebate)

traduction Françoise Lopez

Nous connaissions déjà la subtile adéquation du langage aux buts politiques. Le concept de "promotion de la démocratie" que le gouvernement des Etats-Unis a utilisé envers Cuba remplace simplement un autre terme péjoratif comme une formule magique pour qui souhaite exorciser la réalité. "Promotion de la démocratie" sonne moins mal que "subversion" ou "intervention dans les affaires intérieures d'un autre pays" mais n'importe comment qu'on l'appelle, les buts sont clairs.

Le gouvernement de Cuba alerte depuis des décennies sur ce phénomène et malgré les multiples preuves qui ont été mises sur la table, semble avoir prêché dans le désert. La paradoxe est que ni Reagan, ni Bush père ne se sont engagés dans ce jeu sale. Les administrations de George W. et d'Obama non seulement ont fait la politique de changement de régime au nom de l'exportation de la démocratie mais ils l'ont soutenue de façon imprudente en violant les propres termes de la loi états-unienne.

Nous avons parlé de cela à Washington avec deux experts états-uniens dont on ne peut remettre en question l'indépendance d'opinion vis à vis à ce que dit ou fait le gouvernement de l'Ile et qui connaissent admirablement la réalité cubaine, optimistes en ce qui concerne les rapprochements récents dans les relations Cuba-Etats-Unis mais sans triomphalisme. Il s'agit de Fulton Armstrong qui fut le très puissant coordinateur du Renseignement National pour l'Amérique Latine - l'analyste de plus haut rang de la Communauté du Renseignement des Etats-Unis - et Geoff Thale, directeur des programmes au Bureau de Washington pour l'Amérique Latine (WOLA) qui ont accepté l'invitation de Cubadebate à discuter franchement des sujets qui sotn dans l'ordre du jour des deux pays.

Pendant presque 3 heures, nous parlons de la prochaine visite du Président Barack Obama à La Havane, des murs qui s'élèvent encore et limitent les avancées du processus de normalisation des relations entre les deux pays et bien sûr, des programmes de "promotion de la démocratie". Bien que les sujets aient été convenus, il n'y a ni direction ni question prévues à l'avance. Je n'ai pas non plus enregistré le débat pour que la conversation se déroule avec une totale spontanéité.

Par conséquent, ce que vous allez lire est constitué par mes notes sur un résumé des idées qui ont été exprimées. Je me limite à citer mes invités quand la phrase le mérite et à rapprocher les dates et les données qui ont émergé de cette intense conversation.

"Promotion de la démocratie": Itinéraire de la Loi

La voix de Fulton Armstrong a peut-être été la première qui s'est élevée contre ce qu'il a appelé "dissidents patronaux avides d'argent liquide". Je lui rappelle cette phrase qui est empruntée à un de ses articles dans Foreign Policy et il y souscrit à nouveau. Il peut certifier les millions que le gouvernement de George W. Bush d'abord et de Barack Obama ensuite, ont destiné (à ce programme) appliquant avec inertie la politique de ses prédécesseurs.

"Ce n'est pas seulement mon avis, que le gouvernement des Etats-Unis a crée ces dissidents patronaux. C'est l'avis de tous les analystes sérieux aux Etats-Unis qui suivent la politique envers Cuba", assure Armstrong. Souvenons-nous, à ce sujet, du câble de 2009 au Département d'Etat divulgué par Wikileaks dans lequel Jonathan Farrar, chef de la Section des Intérêts Nord-américains à La Havane qualifiait les "dissidents" d'individus avec de gros égos, sans enracinement social et excessivement préoccupés par l'argent.

Mais avant d'approfondir ce point, je recommande de faire un peu d'histoire. La politique “people to people” fut mise au point sous l'ère Clinton. Les bushistes l'ont transformée en un programme pour la “democracy promotion” (promotion de la démocratie), ce qui exprimait, de l'avis de Fulton Armstrong, un manque de confiance dans le peuple états-unien. "Cela a été l'un des programmes les plus polémiques la politique des Etats-Unis envers Cuba et l'un des plus contre-productifs", déclarent les deux experts.

Le concept "d'exception" de même que celui de "promotion de la démocratie" est enraciné dans la culture politique des Etats-Unis et il est peu probable qu'il s'efface en tant que but établi. Bien qu'il n'y ait jamais eu de consensus sur les critères qui définissent la "démocratie", le désir de la promouvoir reflète l'idée généralisée qu'elle est meilleure pour gouverner les pays, pour la stabilité régionale et pour les intérêts des Etats-Unis.

Le Congrès des Etats-Unis a créé la Fondation Nationale pour la Démocratie (NED) et ses quatre unités constitutives en 1983 et lui a accordé un budget généreux pour la "promotion de la démocratie". Ces organisations et ses programmes sont tellement blindés que la NED se présentait comme une organisation "à l'avant-garde des luttes démocratiques du monde entier" et en général, était peu contrôlée par le Congrès ou par les médias.

Sous ce parapluie, la "promotion de la démocratie" est devenu un élément central de la politique des Etats-Unis envers Cuba depuis les années 90 du siècle dernier. Fulton rappelle qu'auparavant, la Section des Intérêts des Etats-Unis à La Havane distribuait des milliers de livres sur une large gamme de sujets, y compris des sujets politiques, sur l'économie, la finance, la gestion, le marketing, l'histoire. La Section des Intérêts faisait aussi circuler sans obstacles dans les médias et parmi les chercheurs des articles fréquemment critiques des journaux les plus importants des Etats-Unis. elle soutenait des réunions d'universitaires avec leurs homologues cubains, des réceptions organisées et des discussions informelles auxquelles assistaient des dizaines de Cubains. "Tout cela s'est fait avec de l'argent propre, accepté par le gouvernement cubain", rappelle-t-il.

Mais avec la Loi Helms Burton approuvée par l’administration Clinton en 1996, on a inauguré l'ère de la "promotion de la démocratie" de façon très agressive. La Section 109 de la Loi autorise le Président à "prêter assistance à d'autres sortes de soutien aux individus et aux organisations non gouvernementales indépendantes en faveur des efforts de démocratisation de Cuba".

La Section 109 de la Loi Helms Burton.

Clinton, cependant, a utilisé seulement quelques 5 millions de ce fonds qui a investi dans des études sur Cuba aux Etats-Unis. mais les bushistes ont utilisé cette même Loi pour des opérations clandestines et secrètes sans aucun contrôle. tout le projet, avec ses 20 millions de dollars par an, a été destiné à cette sorte d'opérations, violant la loi qui exige l'autorisation explicite du Président.

"Il n'y a pas de responsabilité, il n'y a pas de comptabilité. Personne n'a à rendre de comptes. Et l'USAID, ce qu'elle a fait de ces fonds ça a été de créer une industrie pour des entreprises privées dont les archives ne sont pas ouvertes - soi-disant sous la protection de la Loi Helms Burton - et dans ce qui, à la fin de l'opération, qui en elle-même est conçue par l'entrepreneur qui souvent n'est pas averti que ce qu'il va faire à Cuba est illégal", ajoute Armstrong. "Mon impression est qu'il y a eu improvisation, sans plan, sans discipline", note Geoff Thale.

Programmes clandestins et secrets

Alors que Clinton a dépensé des quantités d'argent symboliques dans les initiatives en relation avec la future "transition à Cuba”, l'Administration Bush a augmenté de façon spectaculaire son engagement. Les fonctionnaires ont ouvert le robinet. Depuis, ces programmes ont coûté aux contribuables états-uniens plus de 250 millions de dollars. Ils ont coupé le flux d'informations pour les personnes liées au gouvernement cubain et se sont concentrés sur les opposants ou sur les personnes considérées comme des opposants éventuels, des religieux, des fanatiques de musique et des jeunes mécontents, des activistes de la diversité sexuelle, des blogueurs et même des enfants.

Le Département d'Etat et l'Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID) ont systématiquement refusé de discuter des opérations qu'ils ont patronnées. Ils ont rejeté les demandes d'information, même celles du Congrès. La plupart des programmes ont été clandestins (ils utilisent des méthodes secrètes) et secrets (ils cachent les objectifs et la politique de financement des Etats-Unis). L'arrestation, la condamnation et l'emprisonnement du sous-traitant de l'USAID Alan Gross a mis en lumière ces opérations. L'opération de Gross a été clandestine et secrète, confirme Armstrong.

Comme l'ont découvert les journalistes de l'AP pendant l'enquête sur ZunZuneo, aussi bien l’administration de Bush que celle d'Obama ont maintenu un blocus presque total de l'information sur les opérations politiques contre le gouvernement cubain. Cuba n'est pas, évidemment, le seul pays dans lequel l'USAID et le Département d'Etat emploient des opérations clandestines et secrètes - rappelle Armstrong - mais une analyse comparative montre que c'est le seul dans lequel de tels programmes sont menés à bien à un tel niveau, avec une telle audace et autant d'argent.

L'investissement a produit certaines réussites - ils ont réussi à faire fonctionner le réseau Zunzuneo pendant 2 ans - mais la contribution vers l'objectif déclaré de promouvoir la démocratie a été insignifiante et, dans certains aspects importants, contre-productive. Une partie de ces fonds ont même été utilisés pour attaquer le cardinal catholique Jaime Ortega, Archevêque de La Havane. "Quelque chose d'inouï", rappelle Armstrong.

Les conséquences de ces programmes

Les contribuables états-uniens ont gaspillé des millions de dollars. Il sont payé pour des "bibliothèques indépendantes" qui n'existent pas. Les relations authentiques "de peuple à peuple" et les échanges légaux entre Etats-uniens et Cubains sans subventions du gouvernement ont aussi été contaminés de sorte que les Cubains de la rue refusent les échanges avec des organisations, soupçonnant que ceux-ci pourraient les impliquer dans les efforts de Washington pour le changement de régime.

La crédibilité de la promotion de la démocratie elle-même a souffert quand les programmes destinés à enseigner aux personnes à exiger la transparence et la responsabilité à Cuba manquaient de transparence, de contrôle et ne rendaient pas de comptes à Washington. Malgré ces déficiences, les programmes pour la "promotion de la démocratie" et la bureaucratie qui les entourait semblent invulnérables. "A Washington, les programmes bien financés sont plus difficiles à changer que les politiques étant donné que les gens qui reçoivent les fonds vocifèrent en leur faveur et ne sont pas obligés de montrer des résultats", confirme Armstrong.

Au nom d'Obama, le Département d'Etat et l'USAID se sont engagés à continuer les programmes pour la "promotion de la démocratie" destinés à Cuba et sont revenus demander des millions de dollars pour cette année fiscale, ce qui semble contradictoire avec la nouvelle politique destinée à avancer vers la normalisation.

Que pourrait faire Obama?

Cette sorte de programmes dépend de deux actions: l'autorisation - qui est du pouvoir de l'Exécutif - et l’assignation, à la charge du Congrès. Ce sont 2 choses différentes qui interviennent. Dans cette sorte de programmes, de Bush jusqu'à aujourd'hui, l'assignation a eu le plus d'importance (ceux qui font fonctionner le programme et les budgets) que l'autorisation d'utiliser ces budgets.

Mais le Bureau d'Administration et du Budget (Office of Management and Budget ou OMB) du Président est l'organe qui décide quel cours suit le budget pour un programme. C'est le bureau le plus important du Bureau Exécutif du Président des Etats-Unis (EOP). En d'autres termes, avant que le programme arrive au Congrès, ce bureau peut couper les flux ou décider comment dépenser l'argent qu'accorde la Loi Helms Burton.

Les programmes pour le changement de régime à Cuba - conçus pour identifier, organiser, former et mobiliser les Cubains pour qu'ils exigent des changements politiques - ont des caractéristiques particulièrement problématiques: malversations, mauvaise gestion et politisation systémique. La preuve, l'affaire Caleb McCarry, qui en 2005 fut désigné par Bush "coordinateur pour la transition à Cuba" et dans cette fonction, approuva l'octroi de 6,5 millions de dollars de l'USAID à une firme sous-traitante, Creative Associates International. En 2008, 2 mois après qu'il ait abandonné son poste de fonctionnaire, McCarry fut à son tour "engagé" par cette firme comme "Directeur de la Communication".

"Je crois qu'il faut vider (de leur substance) les programmes pour la "promotion de la démocratie", conclut Armstrong. Aucun gouvernement qui se respecte ne souhaiterait le bienvenue à des programmes destinés à le renverser. Pour des raisons politiques, l'administration de George W. Bush a cité la Section 109 de la Loi Helms-Burton comme autorité légale pour le financement de ses programmes agressifs. Mais les Etats-Unis mènent à bien des programmes pour soutenir le bon gouvernement dans de nombreux pays, y compris des alliés comme le Mexique et la Colombie sous l'autorité d'autres lois et plus sur le ton d'un associé. Un critère clef pour les opérations d'aide à Cuba devrait etre identique à celui qui est utilisé pour les autres pays avec lesquels les Etats-Unis ont des relations diplomatiques et avec lesquels ils essaient d'améliorer les relations.

Obama devrait rétablir et élargir ce qui a fonctionné dans le passé. Dépolluer les programmes pour la démocratie. Des organisations légitimes de la société civile des Etats-Unis pourraient forger des liens avec leurs homologues cubaines. Celles-ci, généralement, savent mieux que le gouvernement ce dont les Cubains ont besoin pour construire un avenir meilleur. Par exemple, les bibliothécaires états-uniens peuvent demander à leurs homologues cubains des listes de livres dont ils ont besoin et les acheter avec une subvention des Etats-Unis, de sorte que les jeunes Cubains puissent avoir l'information dont ils ont besoin. Il pourrait, aussi, admettre que Cuba est en train de changer. Le processus de décentralisation et d'autosuffisance des institutions cubaines est bien meilleur et ils ont plus d'espaces pour la collaboration.

Fulton considère qu'il faudrait exiger que ces programmes soient transparents. La Loi d'Autorisation du Renseignement de 1991 a modifié la Loi sur la Sécurité Nationale pour exiger que le Président signe un “finding” (“décision”) - un processus pour l'approbation classifiée - de toute "activité ou activités du Gouvernement des Etats-Unis qui influe sur les conditions politiques, économiques ou militaires à l'étranger où on prétend que le rôle du Gouvernement des Etats-Unis ne sera pas apparent ou reconnu publiquement" et cela est valable non seulement pour les agences de renseignement mais pour tous les "départements, agences ou entités du gouvernement des Etats-Unis".

Si l’administration opte pour maintenir les opérations de promotion de la démocratie clandestines et secrètes, on doit respecter cette loi qui demande la signature du président Obama. Au moins, le Conseil National de Sécurité doit coordonner un processus pour l'approbation des opérations et s'assurer qu'elles n'entrent pas en conflit avec le travail d'autres départements et d'autres organismes qui s'occupent de Cuba.

si le Département d'Etat va encourager les petits chefs d'entreprises à mener à bien une action politique, par exemple, les fonctionnaires du Département du Commerce qui essaient d'aider les patrons états-uniens à faire du commerce avec les Cubains doivent en être informés et leur demander s'ils sont ou non d'accord avec cette procédure. "Il faudrait aligner le programme de promotion de la démocratie sur les priorités du Président" explique Armstrong.

Enfin, s'il y a un domaine dans lequel la politique de Washington doit faire ce qu'elle prêche, c'est sur la promotion de la démocratie. Utiliser des étrangers pour mener à bien des opérations secrètes, distribuer du matériel satellitaire, remettre de l'argent liquide pour l'action politique et la formation des personnes pour les organiser politiquement ne serait pas acceptable aux Etats-Unis et ça ne l'est pas non plus à Cuba.

Le retard d'Obama

La conversation s'oriente sur le 17 décembre 2014 où les présidents Raúl Castro et Barack Obama ont annoncé en même temps leur décision de rétablir les relations diplomatiques rompues par les Etats-Unis plus d'un demi-siècle auparavant.

Les experts considèrent qu'Obama a commencé sa présidence avec le rétablissement des relations sur son agenda mais lors de son premier mandat, le coup d'Etat au Honduras a arrêté net sa politique envers l'Ile. A cette époque, la bureaucratie était très résistante au changement.

Les conseillers ont recommandé de ne pas avancer dans ces conditions. Hillary non plus ne voulait pas s'y impliquer. Ensuite, pendant le Sommet des Amériques à Cartagène en avril 2012 (pendant sa 4° année de mandat), Obama s'est rendu compte que la politique envers l'Ile et celle de la lutte contre le trafic de drogues avaient isolé les Etats-Unis dans la région. Le président fut surpris par les critiques du bloc des Présidents latino-américains et caribéens. Il n'était pas informé de la réalité, il n'avait pas de plan d'action. Hillary a commencé à se comporter d'une façon très prudente et Arturo Valenzuela -es sous-secrétaire d'Etat pour l'Hémisphère Occiental - recommanda de reveir à lapolitique de "peuple à peuple".

Alors arriva à la Maison Blanche Ricardo Zúñiga, un homme qui connaît parfaitement Cuba. Il a travaillé à la Section des Intérêts Nord-américains à La Havane en tant que diplomate. Pour Armstrong, Ben Rhodes est le génie politique de cette stratégie mais l'intellectuel génial a été Ricardo Zúñiga. Au Congrès, il y avait un petit groupe favorablement disposé envers le changement de politique dont le soutien fut important à ce moment-là. Mais le revirement définitif s'est fait quand Hillary Clinton qui se préprait déjà pour la campagne électorale, a publié son livre "Hard Choices" dans lequel elle s'est prononcée en faveur du changement et de la levée du blocus. Un mois plus tard, le dialogue avec les obamistes avait changé. La position d' Hillary dont la portée future ne pouvait être remise en question donna le "feu vert" à la nouvelle politique envers Cuba.

Les sanctions

Mais le blocus est là et les sanctions persistent. Nous parlons d'un exemple concret: la persécution internationale pour l'usage du dollar dans les transactions cubaines. "C'est une interprétation extrémiste des règlements", affirme Thale. Le Département du Trésor peut ordonner que cela change et il y a des précédents. Cela a été fait avec l'Iran qui peut utiliser le dollar dans certaines transactions, sans encourir d'amendes.

Obama pourrait autoriser l'usage du dollar dans les transactions internationales de Cuba et consentir à ce que celles-ci soient réalisées à travers le système bancaire nord-américain et rendre possible que des entités cubaines (des banques, des entreprises, etc...) ouvrent des comptes dans cette monnaie dans des banques de pays tiers. De plus, assurer les banques étrangères qu'elles ne seraient pas poursuivies pour travailler avec Cuba. Cependant, les Départements du Commerce et du Trésor états-uniens ne s'expriment pas.

Le Président Obama pourrait créer une licence générale qui autorise l'usage du dollar dans les transactions avec Cuba pour toutes les institutions financières états-uniennes. Sans un changement de cette envergure, beaucoup des nouvelles dynamiques sont insuffisantes et sous l'épée de Damoclès d'une sanction imprévue.

Les changements légaux - dit Thale - demandent un adoubement politique qui modifie l'inertie des fonctionnaires, des chefs d'entreprises et des conseillers juridiques professionnels encore paralysés par le présupposé du refus du commerce en tant que pierre angulaire de la politique envers Cuba avant le 17 décembre. C'est là que la visite du Président Obama peut faire une différence substantielle, reconnaît-il.

" Obama a beaucoup d'espace légal pour changer les règlements. Il n'y a aucun doute. Il a une autorité légale suffisante et même la possibilité d'empêcher que les banques continuent à se voir imposer des amendes", assure Armstrong. L'interprétation des règlements a été dommageable pour Cuba et pour nous (les Etats-Unis), ajoute-t-il. Il faut les changer pour faciliter les échanges entre les entreprises privées et les entreprises d'Etat mais même aller plus loin. Il est ridicule de le limiter au secteur privé aux Etats-Unis.

"C'est une insulte de ne pas permettre les importations. Il faut avoir une ouverture pour le commerce bilatéral, dans les deux sens", dit Fulton Arsmtrong. Ce serait bien si le gouvernement annonçait avant le 21 mars que certaines importations cubaines sont permises. S'il y avait une sorte d'annonce concrète, ce serait historique. Par exemple, ouvrir la porte aux importations depuis Cuba. Ca oui, ce serait historique", conclut-il.

Thale croit que des accords peuvent se concrétiser dans le domaine de la santé globale, dans le milieu des recherches sur la santé, plus d'avances en matière de sécurité - ils viennent de se réunir pour parler de cybersécurité, de trafic de drogues, de trafic d'êtres humains. Il y a des intérêts concrets pour les deux pays. Il parle de la nécessité d'avancer dans l'ouverture qui permette des accords commerciaux entre des entreprises privés des Etats-Unis et des entreprises cubaines et pour cela, il faut des changmeents dans les règles spécifiques.

Le voyage à Cuba n'est pas du cinéma

Normalement, les Présidents ne font jamais un voyage dans une autre nation pour faire du cinéma. Il faut faire d'autres pas, d'intenses négociations. Et dans ce cas, l'héritage des deux présidents est en jeu, disent-ils tous deux.

"Nous ne sommes pas frères mais nous sommes cousins: nous avons beaucoup d'histoire ensemble, une culture - la musique, la littérature, les arts - avec des racines communes. Je crois que (les deux présidents) essaieront de construire un pont qui ne puisse pas être rompu ou soit très difficile à rompre. Ce n'est pas seulement un moment pour la photo de ces deux hommes à La Havane. Les relations commerciales vont durer et un engagement concernant la base navale de Guantánamo puisse-t-il être pris! Ce serait un signal formidable. Et puisse-t-il aussi se maintenir le mécanisme de dialogue privé. Puisse-t-il le gouvernement (des Etats-Unis) se rendre compte que la rhétorique de la "promotion de la démocratie" n'est pas la bonne voie et que se renforce le discours sur les faits concrets que les Etats-Unis peuvent reconnaître à Cuba: par exemple, la réussite des négociations avec les FARC qui est indiscutablement une réussite de Cuba", suggère Arsmtrong.

J'en profite pour demander à e Arsmtrong comment il a forgé son opinion sur Cuba: "J'aime être le témoin de l'Histoire. Mon rêve est de pouvoir écrire un livre sur l'Ile, raconter que le pays s'est réarmé, qu'ila vance vers le XIX° siècle - ça suffit, de regarder la campagne présidentielle actuelle. Le Cubain médite sur son avenir".

Il admet que le fait que le rétablissement des relations entre les Etats-Unis et Cuba se produise avec les leaders historiques de la Révolution ne le surprend pas: "Oui, avec Fidel et avec Raúl. Qui connaît l’histoire de ces 50 dernières années reconnaîtra qu'ils ont été capables de conduire de grands changements et de grandes transformations à cuba. Ils l'ont fait plus d'une fois et ils ont toujours été ouverts à un dialogue et à une relation avec les Etats-Unis. Bien sûr, jusqu'à présent, la tendance qui considérait que ces leaders étaient des acteurs non raisonnables prévalait. Mais c’était une manipulation. Je crois qu'ils sont engagés dans l'idée socialiste qu'ils ont construite et prets à empêcher que cette époque finisse sans aucune réussite".

Les deux experts espèrent que la visite de Barack Obama à La Havane les 21 et 22 mars conduira à un accord d'avenir. Jusqu'à présnet, les Etats-Unis se sont concentrés sur le fait de surmonter l'héritage de la Guerre Froide. "Mais il est temps d'avancer vers le XXI° siècle", conclut Armstrong.

source en espagnol:

http://www.cubadebate.cu/especiales/2016/03/07/ningun-analista-serio-en-eeuu-apoya-los-programas-de-promocion-de-la-democracia-para-cuba/#.Vt0uVYRQkRE

URL de cet article:

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